Hanoi (VNA) – Le Premier ministre a récemment promulgué la Directive n°04/CT-TTg visant à accélérer la mise en œuvre du projet de développement des zones urbaines du Vietnam résilientes au changement climatique pour la période 2021-2030.
Cette nouvelle directive intervient alors que le pays cherche à consolider les acquis du précédent décret (n°438/QĐ-TTg de 2021). À ce jour, la totalité des provinces et villes sous l'autorité centrale ont déjà instauré des plans d'action sectoriels. Les autorités locales ont achevé la révision des plans d'urbanisme pour y intégrer les enjeux climatiques, tout en amorçant le zonage des risques naturels et la sensibilisation des populations.
Cependant, le chef du gouvernement pointe plusieurs lacunes persistantes : les difficultés liées à la constitution de bases de données pour l'Atlas urbain et climatique, un manque d'orientations techniques sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre en milieu urbain, ainsi que des ressources financières encore limitées.
Face à l'urgence climatique, la directive enjoint le ministère de la Construction à piloter, en coordination avec les instances concernées, la finalisation des politiques de développement urbain durable. L'accent est mis sur la transparence et la cohérence des cadres réglementaires pour répondre aux exigences de la pratique et de l'intégration internationale.
Le ministère est chargé d’élaborer le Plan directeur national du système urbain et rural à l'horizon 2035, avec une vision vers 2050 ; définir, d'ici 2026, des normes techniques obligatoires pour les « bâtiments verts » et l'efficacité énergétique, notamment pour les projets financés par les fonds publics ; promouvoir les réseaux de villes intelligentes et la réduction des émissions de carbone via le Forum urbain du Vietnam.
Sur le volet économique, le ministère des Finances est instruit de concevoir des mécanismes de « finance verte » pour soutenir les zones urbaines les plus vulnérables. Il devra veiller à l’articulation étroite entre les plans d'investissement public à moyen terme et les impératifs de résilience climatique.
Parallèlement, le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement est appelé à actualiser les scénarios climatiques nationaux et les données hydrométéorologiques. Il devra fournir aux localités des cartographies précises des risques d’inondation et de montée du niveau de la mer pour orienter l'aménagement du territoire.
À l'échelle locale, les Comités populaires provinciaux sont sommés de durcir le contrôle de l'occupation des sols. Une mesure phare de la directive concerne la protection des zones côtières : le Premier ministre demande de limiter strictement l'octroi de terrains ou la location de plages à des projets privés ne servant pas directement la collectivité. L'objectif est de garantir l'accès public au littoral et de préserver les paysages naturels face à l'érosion et à la montée des eaux.
Les autorités locales doivent impérativement établir des cartes de prévision des crues, des glissements de terrain et des inondations urbaines ; investir de manière synchrone dans les infrastructures sociales et les systèmes de drainage pour éliminer les points noirs d'inondation récurrents ; développer des « espaces bleus » (lacs de régulation, zones de stockage temporaire des eaux) et restaurer les réseaux de canaux urbains.
Enfin, la directive souligne l'importance de la responsabilité institutionnelle. Les collectivités doivent clairement définir les attributions des maîtres d'ouvrage et des gestionnaires d'infrastructures dans la prévention des catastrophes, tout en renforçant les compétences des communautés locales pour faire face aux événements climatiques extrêmes. -VNA