Hanoï (VNA) – Après cinq ans de mise en œuvre, le projet « Protection et développement des forêts des zones littorales en vue de faire face au changement climatique et de promouvoir la croissance verte pour la période 2021-2030 » a enregistré des résultats notables. Ces avancées illustrent les efforts soutenus déployés pour restaurer et développer le « bouclier vert » que constituent les forêts côtières à l’échelle nationale.
Les zones côtières du Vietnam, en particulier le delta du Mékong qui concentre environ 75 % de la superficie nationale de forêts de mangroves, subissent de plein fouet les effets de l’élévation du niveau de la mer, de l’érosion du littoral et de la dégradation des forêts de protection et des forêts spéciales côtières – mangroves, forêts brise-vent et de fixation des dunes. Cette situation résulte principalement des impacts du changement climatique et des activités humaines, telles que l’aquaculture, la construction et la déforestation.
Approuvé par le Premier ministre le 4 octobre 2021, ce projet représente un effort majeur et une solution globale pour restaurer et développer les forêts côtières, véritables « boucliers verts » et « murs verts », afin de contrer les effets croissants du changement climatique et de favoriser un développement durable dans un Vietnam plus vert.
Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, pour la période 2021-2025, les provinces et villes côtières du pays ont assuré la protection de 281.000 hectares de forêts littorales, soit 102 % de l’objectif fixé par le projet (276.000 ha). Parallèlement, 11.627 hectares de forêts ont été plantés, dont 7.741 hectares de mangroves et 4.185 hectares de forêts de protection contre le vent et l’ensablement, atteignant 58 % de l’objectif du projet, fixé à 20.000 hectares.
Ces résultats en matière de plantation nouvelle, de reboisement complémentaire et de restauration – totalisant 11 627 hectares – ont accru la superficie et la qualité du couvert forestier, renforcé le rôle protecteur des forêts côtières et honoré les engagements du Vietnam envers la communauté internationale dans la lutte contre le changement climatique et l’élévation du niveau de la mer.
Malgré ces avancées, le développement des forêts littorales reste une tâche ardue, confrontée à de multiples difficultés. Les provinces côtières subissent chaque année une forte fréquence de tempêtes, de dépressions tropicales, de marées hautes et de vents saisonniers. Ces phénomènes, aggravés par le changement climatique et la montée des eaux, provoquent l’érosion du littoral et des embouchures fluviales, la perte de terres et de forêts, et entravent les efforts de reboisement, dégradant ainsi les écosystèmes côtiers.
Les réserves foncières pour les forêts littorales se raréfient et deviennent difficiles à mobiliser. De plus, la conversion des terres forestières ou des zones prévues pour le reboisement à d’autres usages – aquaculture, pêche, industries ou tourisme balnéaire – ainsi que les occupations illégales aggravent la situation.
La pollution des zones industrielles et aquacoles, conjuguée aux déchets côtiers, complique les activités de plantation, d’entretien et de protection, notent de nombreux experts en changement climatique et mangroves. Dans les zones les plus vulnérables, la restauration des mangroves exige de nouvelles approches conciliant efficacité économique et bénéfices environnementaux, souligne le Dr Nguyễn Thanh Phong, expert de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
La mission de restauration et de développement des forêts, conformément aux objectifs du projet « Protection et développement des forêts des zones littorales », demeure considérable pour la période 2026-2030. Elle prévoit notamment la plantation de 5.088 hectares de forêts, dont 3.236 hectares de mangroves et 1.852 hectares sur des sites terrestres et sableux, ainsi que le reboisement complémentaire, la restauration et l’enrichissement de 1.514 hectares, comprenant 683 hectares de mangroves et 831 hectares sur des terrains terrestres et sableux.
Selon Triêu Van Luc, vice-directeur du Département des forêts et de la protection forestière (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement), pour assurer la poursuite et la réussite de la mise en œuvre du projet, les localités côtières doivent se concentrer sur l’étude et l’évaluation approfondies des conditions écologiques des sites, le choix des essences forestières, le calendrier de plantation, ainsi que l’application de mesures sylvicoles appropriées, afin d’améliorer le taux de réussite du reboisement. Parallèlement, il est nécessaire de généraliser les modèles de protection et de développement des forêts littorales associés à des systèmes de production agro-sylvo-aquacole intégrés, contribuant ainsi au soutien des moyens de subsistance des communautés côtières.
La diversification des financements est indispensable : poursuivre les projets d’aide publique au développement (APD), mobiliser organisations, entreprises et particuliers. Leur participation aux côtés des autorités locales est cruciale pour renforcer la biodiversité, le stockage et la séquestration du carbone forestier.
Les organisations, entreprises et bailleurs de fonds nationaux et internationaux jouent d’ores et déjà un rôle actif à travers de nombreux projets de développement des forêts côtières. Ces initiatives ne se limitent pas à la restauration et à la plantation de nouvelles surfaces forestières, mais intègrent également des solutions globales visant à garantir des moyens de subsistance durables pour les populations locales, à promouvoir l’économie circulaire et à accélérer la transition verte dans les territoires concernés.
Le projet « Renforcer la résilience des zones côtières du delta du Mékong grâce à la restauration des mangroves et à des solutions fondées sur la nature », mis en œuvre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour la période 2023-2027, est déployé dans la province de Cà Mau et la ville de Can Tho.
Par ailleurs, le Fonds mondial pour la nature au Vietnam (WWF-Vietnam) met en œuvre deux projets : le projet « Renforcement de la résilience climatique des écosystèmes de mangroves, des écosystèmes agricoles et des communautés locales dans les zones côtières du delta du Mékong » (février 2022 – décembre 2025) ; et le projet « Restauration des mangroves et séquestration du carbone au Parc national de Mui Cà Mau » (2020 – 2025), visant la régénération de 150 hectares de mangroves, le renforcement de la sensibilisation locale et l’amélioration des moyens de subsistance des communautés.
La restauration et le développement du « bouclier vert » accordent également une attention particulière au rôle des populations des zones côtières. Selon Phan Minh Chi, vice-directeur du Département de l’Agriculture et de l’Environnement de la province de Cà Mau, le consensus et l’adhésion des habitants vivant à proximité des forêts constituent un facteur déterminant pour assurer la durabilité de la protection forestière dans la localité.
« La prise de conscience des populations quant au rôle des forêts dans la protection du littoral ne cesse de s’améliorer. Les habitants comprennent de mieux en mieux les bénéfices qu’apportent les forêts, notamment à travers le modèle durable forêt–crevette (crevette écologique). Cela les incite à participer activement à la protection, à la plantation et à la restauration des forêts, tout en adoptant progressivement des modes de production durables, associant les moyens de subsistance à la responsabilité de protection forestière », a souligné Phan Minh Chi.- VNA