Hanoï (VNA) – La période 2021-2025 marque un tournant majeur pour le secteur de l’agriculture et de l’environnement, la restructuration ne se limitant plus à des ajustements techniques de la production, mais s’inscrivant dans une refonte globale de la pensée du développement.
D’une agriculture axée principalement sur les volumes, le Vietnam évolue progressivement vers une économie agricole fondée sur la valeur ajoutée, la qualité, l’efficacité et la durabilité, posant ainsi les bases essentielles de nouveaux moteurs de croissance verte, conformément aux orientations définies par le 14e Congrès national du Parti.
Dans un contexte mondial marqué par de profondes turbulences – pandémie, changement climatique et instabilité des marchés internationaux –, l’agriculture a continué d’affirmer son rôle de pilier de l’économie. Grâce à l’engagement concerté de l’ensemble du système politique, le secteur de l’agriculture et de l’environnement a persévéré dans la promotion de la restructuration associée au développement vert, à l’amélioration de l’efficacité de la gestion des ressources, à la protection de l’environnement et à l’adaptation proactive au changement climatique. Cette approche a permis à l’agriculture vietnamienne non seulement de résister aux « chocs », mais aussi de maintenir une croissance stable, contribuant de manière significative à la stabilité macroéconomique, à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance de dizaines de millions de travailleurs ruraux.
L’une des réalisations les plus marquantes de la période 2021-2025 réside dans l’essor spectaculaire des exportations de produits agricoles, sylvicoles et aquatiques. Passées de 42,3 milliards de dollars en 2020, les exportations ont progressé de manière continue pour dépasser, pour la première fois, le seuil des 70 milliards de dollars en 2025. Selon le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement Phung Duc Tien, ces exportations ont connu une nette transition du quantitatif vers le qualitatif, évoluant d’une agriculture d’autosuffisance vers un secteur exportateur stratégique, profondément intégré aux chaînes de valeur mondiales. Ce résultat, au-delà de sa contribution financière à l’économie nationale, ouvre de nouvelles perspectives de croissance à mesure que l’agriculture s’insère davantage dans le commerce international, la logistique, la transformation et les services agricoles.
Dans chaque sous-secteur, la restructuration a contribué à faire émerger de nouveaux moteurs de croissance. En matière de cultures, malgré les impacts sévères du changement climatique, des catastrophes naturelles extrêmes et des fluctuations des coûts des intrants, le secteur a ajusté de manière proactive les calendriers culturaux, les variétés et l’orientation de la reconversion des cultures selon les zones écologiques. L’application de pratiques agricoles avancées, de la gestion intégrée des ravageurs et de modèles de réduction des émissions a non seulement amélioré l’efficacité de la production, mais aussi permis aux produits agricoles vietnamiens de mieux répondre aux normes des marchés haut de gamme.
Dans l’élevage, la restructuration est mise en œuvre conformément à la Stratégie de développement de l’élevage pour la période 2021-2030, avec une vision à l’horizon 2045. Elle se caractérise par une transition progressive des exploitations de petite taille vers des modèles de fermes structurées, associée à un contrôle accru de la qualité, à la biosécurité et à l’efficacité économique. Cette orientation constitue une base solide pour la réduction des coûts, la maîtrise des risques sanitaires et une intégration plus profonde dans les chaînes de valeur de transformation et d’exportation.
S’agissant des produits halieutiques, malgré la hausse des coûts de production et l’avertissement du « carton jaune » IUU de la Commission européenne, le secteur a maintenu sa capacité de production. La restructuration est poursuivie dans le sens de la réduction de la pêche côtière, du renforcement de l’aquaculture, d’un contrôle rigoureux de la qualité et de la traçabilité, en vue d’un développement durable des marchés d’exportation. Parallèlement, dans le domaine forestier, la protection et le développement des forêts sont menés de concert, avec une intensification des plantations de forêts à bois d’œuvre, ainsi que des actions renforcées de prévention et de lutte contre les incendies, contribuant à la fois à la préservation des ressources naturelles et au développement durable de l’économie forestière.
Le développement rapide de l’industrie de transformation des produits agricoles, sylvicoles et aquatiques constitue l’un des fondements majeurs ayant permis de franchir le cap des 70 milliards de dollars d’exportations. Entre 2021 et 2025, la valeur ajoutée du secteur de la transformation a progressé d’environ 7 à 8 % par an, tandis que la part des produits transformés en profondeur a dépassé 30 %. Parallèlement, la transformation numérique, l’agriculture verte et l’économie circulaire s’affirment comme de nouveaux moteurs de développement, illustrés notamment par le projet d’un million d’hectares de riz de haute qualité à faibles émissions dans le delta du Mékong.
Les acquis de la période 2021-2025 démontrent que la restructuration de l’agriculture s’est engagée dans la bonne direction, établissant une base solide pour le développement d’une économie agricole moderne. Fort de ces fondations, le secteur de l’agriculture et de l’environnement entre dans une nouvelle phase, visant non seulement à maintenir la croissance, mais aussi à créer des moteurs de croissance verte, durable et responsable, contribuant à la réalisation des aspirations nationales de développement dans une nouvelle ère.- VNA