Le Vietnam propose l’inscription des archives sur l’Indochine à l’UNESCO

Le Vietnam finalise activement le dossier de candidature du « Fonds d’archives sur l’Indochine » en vue de le soumettre à l’UNESCO pour inscription au Registre de la Mémoire du monde.

Photo d'illustration
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Hanoi (VNA) – Le vice-Premier ministre Mai Van Chinh a approuvé la soumission du dossier scientifique relatif au fonds d’archives intitulé « Ensemble des documents d’archives sur l’Indochine conservés en France et au Vietnam (1862-1954) » en vue de son inscription au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO, selon le document officiel n°1444/VPCP-KGVX.

Le vice-Premier ministre a chargé le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme et le ministère des Affaires étrangère, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, d’accomplir les procédures nécessaires pour soumettre conjointement avec la partie française le dossier au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, conformément à la législation sur le patrimoine culturel et aux directives de l’organisation.

Les autorités compétentes devront veiller au strict respect des engagements internationaux auxquels le Vietnam est partie, ainsi que des dispositions prévues dans le protocole d’intention signé entre le ministère vietnamien de l’Intérieur et le ministère français de la Culture. Le contenu du dossier devra également être conforme aux réglementations nationales en matière de sécurité, de souveraineté, de protection des secrets d’État, d’accès à l’information et d’archivage.

Le ministère des Affaires étrangères et la Commission nationale vietnamienne pour l’UNESCO sont appelés à coordonner les efforts diplomatiques afin de mobiliser un large soutien international en faveur de l’inscription de ce fonds d’archives au patrimoine documentaire mondial, tout en valorisant le rôle et la position du Vietnam au sein des mécanismes de gouvernance de l’UNESCO.

Selon le Département de gestion des documents et des archives de l'État, le fonds relatif à la période coloniale française (1858-1954) est réparti entre le Vietnam et la France. Au Vietnam, ces archives sont conservées dans les Centres nationaux d’archives I, II et IV, représentant un volume total d’environ 9 000 mètres linéaires, regroupés en 84 fonds distincts.

La partie conservée en France est déposée aux Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence, conformément à l’accord signé en 1950 entre le Haut-Commissaire français Léon Pignon et l’empereur Bao Dai.

L’ensemble comprend des documents administratifs émanant des autorités de l’échelon indochinois, des entités régionales (Tonkin, Annam, Cochinchine) et des provinces. Il inclut également un important fonds technique relatif à la construction d’infrastructures, couvrant près de 150 ouvrages architecturaux – sièges administratifs, hôpitaux, établissements scolaires, ouvrages hydrauliques et infrastructures de transport – répartis sur l’ensemble du territoire vietnamien. Plus de 20 000 cartes établies par le Service géographique de l’Indochine, ainsi que des cartes administratives provinciales, complètent ce corpus.

Au-delà de leur valeur administrative, ces archives constituent une source précieuse pour l’étude de l’histoire politique, économique, sociale et urbaine du Vietnam et de la région indochinoise entre la seconde moitié du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. Leur inscription au Registre de la Mémoire du monde contribuerait à en assurer la préservation, la valorisation scientifique et l’accessibilité internationale.

À ce jour, le Vietnam compte trois patrimoines documentaires inscrits par l’UNESCO : les mộc bản (tablettes de bois) et les châu bản (documents administratifs) de la dynastie des Nguyên (1802-1945) et les stèles en pierre du temple de la Littérature.

La proposition d’inscription du fonds d’archives sur l’Indochine s’inscrit dans la stratégie du Vietnam visant à promouvoir la reconnaissance internationale de son patrimoine documentaire, tout en renforçant la coopération culturelle et archivistique bilatérale avec la France. -VNA

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