Hanoï (VNA) – L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a hautement apprécié la Résolution n°80-NQ/TW du Bureau politique du Parti communiste du Vietnam sur le développement de la culture dans la nouvelle ère, la qualifiant de tournant majeur dans la pensée et la vision stratégiques du pays. Selon l’Organisation, ce texte consacre la culture comme fondement spirituel, ressource endogène et pilier essentiel d’un développement rapide et durable.
D’après le Représentant en chef de l’UNESCO au Vietnam, Jonathan Wallace Baker, cette Résolution traduit une approche globale et moderne en plaçant l’être humain, les valeurs et l’identité culturelle au cœur de la stratégie nationale de développement. Une orientation jugée particulièrement pertinente dans un contexte international marqué par l’instabilité géopolitique, les conflits de valeurs et une concurrence culturelle croissante.
L’UNESCO estime que la culture joue un rôle déterminant dans le renforcement de la cohésion sociale et de la résilience des sociétés. Elle permet aux communautés de s’adapter aux mutations profondes, tout en préservant leur cap et leurs valeurs fondamentales. À ce titre, la Résolution 80-NQ/TW s’inscrit pleinement dans la tendance mondiale consistant à reconnaître la culture comme un pilier autonome du développement durable de l’agenda post-2030.
Sur le plan des politiques publiques, l’Organisation considère que la Résolution a posé les bases d’une réforme structurelle du secteur culturel. Elle propose une feuille de route claire pour mobiliser les ressources sociales, encourager la créativité, promouvoir les industries culturelles et protéger la diversité culturelle. Autant de leviers jugés indispensables pour permettre au Vietnam de relever efficacement les défis de l’ère numérique et d’un monde en constante mutation.
Concernant l’objectif de porter la contribution des industries culturelles à 7 % du PIB d’ici 2030 et à 9 % à l’horizon 2045, l’UNESCO estime que le Vietnam dispose d’atouts solides.
Le Vietnam dispose de nombreux atouts pour développer ses industries culturelles. Il s’agit d’abord d’un engagement politique clair, les industries culturelles étant désormais intégrées aux orientations stratégiques de haut niveau. S’y ajoute un système de reconnaissances de l’UNESCO comprenant neuf biens du patrimoine mondial, 17 éléments du patrimoine culturel immatériel et quatre villes membres du Réseau des villes créatives, contribuant à renforcer la visibilité internationale du pays tout en soutenant les collectivités locales dans la protection du patrimoine associée au développement durable. Le pays bénéficie également d’un écosystème patrimonial vivant et diversifié, où patrimoines matériel et immatériel, métiers traditionnels et pratiques culturelles restent ancrés dans la vie quotidienne. Par ailleurs, une communauté créative de plus en plus dynamique et confiante, notamment parmi les jeunes actifs dans le design, la musique, le cinéma, l’artisanat et les contenus numériques, constitue un moteur essentiel. Enfin, le rôle et le prestige internationaux croissants du Vietnam se traduisent par sa participation active aux mécanismes de gouvernance de l’UNESCO et sa contribution aux agendas culturels mondiaux, y compris la promotion proactive de l’initiative de la Décennie de la culture pour le développement durable.
Toutefois, l’UNESCO souligne que la réussite de ces ambitions suppose une approche cohérente et intégrée. Elle recommande notamment de privilégier le développement d’écosystèmes créatifs complets, plutôt que des projets isolés. L’investissement dans le capital humain, à travers l’éducation, la formation et la création d’espaces favorables à l’innovation culturelle, est également considéré comme un facteur clé.
Par ailleurs, l’Organisation encourage le Vietnam à promouvoir un tourisme durable étroitement lié à la préservation du patrimoine. Selon l’UNESCO, le tourisme ne doit pas être perçu uniquement comme un levier économique, mais aussi comme un outil de valorisation culturelle, contribuant à la transmission des valeurs et à la sensibilisation des communautés et des visiteurs.
La Résolution 80-NQ/TW met également l’accent sur la coopération entre les secteurs public et privé, ainsi qu’avec les communautés locales. À cet égard, l’UNESCO recommande de renforcer les mécanismes de gouvernance, en veillant à la transparence, à la participation et au partage équitable des bénéfices issus des activités culturelles et créatives.
En outre, le texte fixe des objectifs ambitieux en matière de rayonnement international, notamment l’intégration du Vietnam dans le Top 30 mondial de l’Indice de puissance douce et l’obtention de cinq à dix nouvelles inscriptions sur les listes de l’UNESCO d’ici 2045. Selon l’Organisation, ces objectifs sont atteignables si les politiques culturelles sont mises en œuvre de manière cohérente, sur le long terme, et en étroite articulation avec les stratégies de développement économique et social.
Réaffirmant son engagement, l’UNESCO a assuré qu’elle continuerait d’accompagner le Vietnam dans la mise en œuvre de la Résolution. La coopération se concentrera sur trois axes prioritaires : le renforcement de la protection et de la gestion du patrimoine conformément aux normes internationales ; la promotion d’un tourisme durable et responsable ; et le partage, à l’échelle mondiale, des bonnes pratiques et des expériences réussies du Vietnam dans le domaine culturel.
À travers cette collaboration, l’UNESCO entend contribuer à valoriser l’image et la marque nationale du Vietnam, tout en soutenant ses efforts pour faire de la culture un moteur de développement durable, d’innovation et de rayonnement international dans la nouvelle ère.- VNA