L’aventure d’une tablette signée du 8e roi Nguyên

Un tableau d’idéogrammes portant le sceau du 8e souverain Nguyên a vécu une histoire pour le moins singulière. Égarée de sa pagode d’origine, elle a atterri dans une autre du même nom à Huê.

Thua Thien - Hue (VNA) - Un tableau d’idéogrammes portant le sceau du 8e souverain Nguyên a vécu une histoire pour le moins singulière. Égarée de sa pagode d’origine, elle a atterri dans une autre du même nom à Huê.

L’aventure d’une tablette signée du 8e roi Nguyên ảnh 1Le hoành phi signé par le souverain Nguyên Phuc Khoat, actuellement suspendu à la pagode de Quang Duc du village de Duc Buu. Photo : TT/CVN

Sous le régime féodal, les Vietnamiens, notamment ceux des familles royales et aisées, avaient l’habitude de rendre plus solennel l’autel des ancêtres ou le lieu de culte des pagodes en y suspendant au-dessus un hoành phi (tableau d’écritures transversal). Il s’agit précisément d’un rectangle de bois portant de trois à quatre caractères en han (idéogrammes chinois) ou en nôm (idéogrammes vietnamisés) formant une devise.

C’est ainsi que la pagode Quang Duc, érigée dans la commune d’An Vân au XVIIIe siècle, à Huê, province de Thua Thiên-Huê (Centre), a été honorée par un hoành phi offert par le seigneur Nguyên Phuc Khoat (1738-1765), le 8e monarque de la dynastie des Nguyên (1802-1945). Une pièce signée de sa main et sur laquelle il a apposé son cachet royal.  

D’une pagode à l’autre

D’après le nonagénaire Tông Phuoc Nghe, en charge de la pagode Quang Duc, outre ce hoành phi, le seigneur Nguyên Phuc Khoat, au temps de son règne, a remis de nombreux cadeaux à cet édifice religieux : cloches de bronze, statues de Bouddha, livres d’enseignements bouddhiques... 

Cet ouvrage, bien évidemment l’un des plus précieux, a été égaré lors de la grande inondation de 1953 qui a manqué d’engloutir la ville de Huê. Mais où alors a-t-il voyagé ? D’après les patriarches du village d’An Vân, le hoành phi a eu la chance de résister à cette inondation historique. Emporté par les eaux, il a terminé sa course dans une pagode qui - coïncidence ou pas selon que l’on soit croyant ou non - porte le même nom du village voisin de Duc Buu. Les bonzes l’ont ramassé pour le suspendre dans le lieu de culte principal de l’édifice.

Nguyên Anh Huy, historien spécialiste de la cour de la cité royale de Huê, répète que les objets précieux portant le cachet des rois et seigneurs Nguyên sont des biens inestimables pour la ville de Huê et la nation en général. «Au-delà de savoir si ce +hoành phi+ devra être remis à sa pagode d’origine, je pense que la province de Thua Hiên-Huê doit dans l’immédiat définir un plan de conservation des antiquités portant le sceau royal», propose l’historien.  -CVN/VNA

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