L’archéologie du delta du Mékong : La civilisation matérielle d’Óc Eo

Une soixantaine d’années après la publication par l’École française d’Extrême-Orient en 1959 de sa version originale, la série "L’archéologie du delta du Mékong" en vietnamien, comprenant quatre volumes
Hanoi (VNA) – Une soixantaine d’années après la publication par l’École française d’Extrême-Orient en 1959 de sa version originale, la série "L’archéologie du delta du Mékong" en vietnamien, comprenant quatre volumes, est présentée pour la première fois aux lecteurs du pays.
L’archéologie du delta du Mékong : La civilisation matérielle d’Óc Eo ảnh 1Le deuxième tome de L’archéologie du delta du Mékong, de Louis Malleret. Photo : CTV/CVN

L’auteur de l’ouvrage est Louis Malleret (1901-1970), un célèbre archéologue, ancien directeur de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO). Ce Français a mené de nombreuses fouilles dans le delta du Mékong dans les années 1937-1944, et était le premier à avoir étudié systématiquement et pleinement les traces culturelles d’Óc Eo.

Grâce à de nombreux documents fournis par le Comité de gestion du site culturel d’Óc Eo (province méridionale d’An Giang) et en coopération avec l’EFEO, la Maison d’édition Tông hop de Hô Chi Minh-Ville a publié en 2021 le deuxième tome de la série, intitulée "La civilisation matérielle d’Óc Eo", traduites par de grands noms du milieu : Nguyên Huu Giêng, Nguyên Thi Hiêp et Olivier Tessier.

Pourquoi le second et pas le premier ni les autres ? Parce qu’il permet aux lecteurs de découvrir de façon détaillée la culture d’Óc Eo par le biais des recherches archéologiques significatives de Louis Malleret.

Vu Thi Yên, représentante de la Maison d’édition Tông hop de Hô Chi Minh-Ville, explique que ce deuxième tome est réparti en deux livres : le principal et l’annexe. Alors que le premier porte sur le processus des travaux archéologiques (examen, fouilles, description des objets découverts et recherches) la deuxième, lui, donne à voir des images des objets et outils retrouvés lors des fouilles.

Documents détaillés sur la culture d’Óc Eo

Le principal comprend trois parties. La première porte sur la présentation des outils de travail et des objets de la vie quotidienne utilisés à l’époque, fabriqués à partir de pierre et de dents d’animaux. La deuxième montre en détail des objets en terre cuite dont les outils utilisés dans la production de la céramique, la joaillerie ainsi que des objets en argile cuite. La dernière évoque des recherches sur les techniques de fonte du bronze et du fer, à quoi s’ajoutent des objets en métal comme des statues de bouddhas et de dieux, instruments de musique, bijoux et des objets étrangers découverts dans le site archéologique d’Óc Eo - Ba Thê.

Les découvertes archéologiques dans le delta du Mékong font preuve de la qualité du travail et des études menées par l’ancien directeur de l’École française d’Extrême-Orient, Louis Malleret, évaluant de manière détaillée et avec soin différents aspects culturels de cette région, permettant d’identifier d’anciens objets, des procédés de production, des processus techniques ainsi que les types d’échanges qu’effectuaient les habitants d’Óc Eo avec ceux d’autres cités voisines.

Les résultats de recherche de Louis Malleret font encore autorité aujourd’hui et la traduction de cet ouvrage permettra aux étudiants et chercheurs de découvrir la culture et la vie d’Óc Eo à l’époque où elle était une ville importante.

L’archéologie du delta du Mékong est riche non pas seulement de ses résultats mais aussi de sa méthodologie. C’est pour cela que la traduction en vietnamien pourra aussi servir de très bon manuel aux futurs étudiants en archéologie.

Profil de Louis Malleret dans le Wikipédia

- Né en 1901 à Clermont-Ferrand et mort en 1970 à Louveciennes. Il est Professeur de lettres anciennes de Normale Sup, Docteur ès lettres, archéologue, directeur de l’École française d’Extrême-Orient de 1949 à 1956.

- Après une formation à l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Louis Malleret exerce en tant que Professeur de lettres à partir de 1922 en France.

- Il demande d’être détaché en Indochine et obtient un poste à Saïgon (actuellement Hô Chi Minh-Ville) en 1929.

- Il occupe le poste de professeur dans divers établissements d’enseignement de Saigon jusqu’en 1943 tout en assumant parallèlement les postes suivants : bibliothécaire (1930 à 1942) et secrétaire général (1942 à 1948) à la Société des études indochinoises, conservateur du musée Blanchard de La Brosse (musée d’Histoire du Vietnam) en 1935 et correspondant de l’École française d’Extrême-Orient en 1936, dont il devient membre permanent en 1943 avant de la diriger de 1949 à 1956. – CVN/VNA


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