Des mesures urgentes sont nécessaires pour protéger les éléphants de l’extinction

Le Vietnam compte désormais moins de 200 éléphants sauvages répartis dans plusieurs provinces, la province méridionale de Dông Nai étant une zone clé. Ce chiffre constitue un avertissement crucial pour les efforts de conservation des éléphants.

Les experts soulignent que des données spécifiques sur les éléphants mâles, femelles et juvéniles peuvent les aider à évaluer avec précision le potentiel de maintien et de croissance de la population de l’espèce. Photo : gracieuseté de Humane World for Animals
Les experts soulignent que des données spécifiques sur les éléphants mâles, femelles et juvéniles peuvent les aider à évaluer avec précision le potentiel de maintien et de croissance de la population de l’espèce. Photo : gracieuseté de Humane World for Animals

Dông Nai (VNA) - Autrefois fiers symboles de la majesté sauvage du Vietnam, les éléphants du pays sont aujourd’hui menacés de disparition, leur nombre diminuant et leurs habitats forestiers se réduisant. Ces doux géants, ancrés depuis longtemps dans le tissu culturel des communautés locales, sont confrontés à un risque réel d’extinction si aucune mesure urgente n’est prise.

La province méridionale de Dông Nai, qui abrite la deuxième plus grande population d’éléphants sauvages du pays, comptait environ 25 à 27 individus en 2019. Les autorités gèrent plus de 370.000 hectares de forêts, couvrant environ 25% de la province.

Depuis 1997, la province a pris l’initiative de protéger ses forêts, en limitant l’accès pour créer une vaste réserve naturelle, désormais reconnue par l’UNESCO comme la réserve de biosphère de Dông Nai, a déclaré Nguyên Thi Hoàng, vice-présidente du Comité populaire de la province.

Cette réserve abrite une faune variée, notamment des espèces classées comme rares ou menacées dans le Livre rouge du Vietnam et sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les éléphants sauvages étant parmi les plus vulnérables.

Des études menées entre les années 1990 et 2008, impliquant les autorités locales, les ONG et les instituts de recherche, notamment dans le parc national de Cat Tiên et la zone forestière de La Ngà– Dông Nai, ont révélé que les conflits entre humains et éléphants étaient fréquents et dévastateurs avant 2009, affectant à la fois les communautés locales et les éléphants eux-mêmes.

Lors d’une récente réunion du Groupe de spécialistes de l’éléphant d’Asie (AsESG) de l’UICN à Dông Nai, le directeur adjoint de l’Administration forestière du Vietnam, Doàn Hoài Nam, a souligné que, malgré les mesures prises pour réduire les conflits et améliorer les moyens de subsistance des communautés, de sérieux défis persistent.

Les menaces actuelles comprennent le rétrécissement des zones forestières, la petite taille et la fragmentation des populations d’éléphants, ainsi que la pression croissante sur leurs habitats, plaçant ces animaux emblématiques à un carrefour critique entre survie et extinction.

Le Vietnam compte aujourd’hui moins de 200 éléphants sauvages répartis dans plusieurs provinces, dont Dông Nai, une zone clé. Ce chiffre constitue un avertissement crucial pour les efforts de conservation des éléphants.

Le pays met en œuvre un Plan d’action national pour la conservation des éléphants jusqu’en 2035, avec une vision pour 2050 visant à protéger cette espèce menacée et à promouvoir une coexistence harmonieuse entre les éléphants et les humains.

Les experts ont formulé plusieurs recommandations pour la conservation et le développement de la population d’éléphants du Vietnam, mettant l’accent sur des solutions telles que la protection des habitats naturels, la réduction des conflits entre humains et éléphants, l’élargissement des couloirs de migration, le renforcement de la coopération internationale et l’encouragement de la participation des communautés aux efforts de recherche et de conservation.

Selon Vivek Menon, conseiller de l’UICN et président de l’AsESG, les efforts de conservation doivent se concentrer sur la préservation de l’habitat naturel des éléphants, qui se réduit de plus en plus.

Par ailleurs, favoriser une coexistence harmonieuse entre les humains et les éléphants et minimiser les conflits liés à la production agricole sont des facteurs clés. Les communautés vivant aux côtés des éléphants devraient idéalement devenir leurs protecteurs.

Il est également crucial d’empêcher la chasse aux éléphants sauvages pour leur viande, un acte inhumain qui a entraîné la mort de nombreux animaux, a-t-il souligné.

Le Dr Prithiviraj Fernando, membre senior de l’AsESG, a salué les efforts collaboratifs de la province de Dông Nai dans les projets de conservation des éléphants. La collaboration du groupe avec les autorités locales a permis d’obtenir des résultats notables qui pourraient servir de modèle à d’autres régions du Vietnam.

L’intensification des efforts de conservation des éléphants en 2026 devrait servir de base aux futures décisions visant à augmenter progressivement le nombre d’éléphants sauvages dans le pays.

En cas de succès, ce sera non seulement une réussite pour le Vietnam, mais aussi un précieux enseignement en matière de conservation de la biodiversité pour le monde.
Selon le Dr Fernando, les données sont le facteur le plus important dans ce domaine, car des informations complètes et précises permettent des évaluations et des plans d’action appropriés.

Grâce à des données spécifiques sur la présence d’éléphants mâles, femelles et juvéniles, les défenseurs de l’environnement peuvent évaluer avec précision le potentiel de maintien et de croissance de la population, créant ainsi des opportunités de rétablissement et d’expansion dans la nature, a-t-il expliqué.

Vivek Menon a souligné que le Vietnam avait vu ses tigres et ses lions menacés d’extinction. Le pays a désormais la possibilité de sauver les éléphants sauvages tant que l’espèce existe encore.

Il a appelé les autorités et les parties prenantes à prendre des mesures urgentes pour garantir que les éléphants continuent de prospérer dans l’environnement naturel du Vietnam.

S’exprimant sur les relations entre humains et éléphants, Vivek Menon a expliqué que les éléphants sont de grands animaux et que le risque d’attaque est élevé lorsque des humains pénètrent dans leur habitat sans connaître leur comportement.

De plus, les éléphants sont des animaux sociaux qui vivent en troupeaux et entretiennent des liens familiaux forts, ce qui signifie que séparer les mères de leurs petits peut accroître l’agressivité.

Il est donc crucial de permettre aux éléphants de vivre au sein de leurs troupeaux naturels et de préserver leurs comportements naturels afin de minimiser les conflits avec les humains, a-t-il ajouté. — VNA

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