Hanoi (VNA) - Placée sous le thème « Observer aujourd’hui, protéger demain », la Journée météorologique mondiale 2026 se veut un appel à l’action adressé à la communauté internationale en faveur du renforcement des systèmes d’observation et de prévision, considérés comme des leviers essentiels pour la résilience climatique et le développement durable.
À cette occasion, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exhorté les gouvernements, les banques de développement et le secteur privé à accroître les investissements dans les systèmes d’observation mondiaux, allant des stations terrestres aux infrastructures satellitaires, tout en garantissant un partage des données ouvert, équitable et accessible. Il a également appelé à accélérer la mise en œuvre de l’initiative « Alertes précoces pour tous », visant à ce que, d’ici 2027, chaque habitant de la planète soit protégé par des dispositifs d’alerte en cas de catastrophe.
Dans un contexte de crise climatique mondiale marquée par la multiplication et l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, António Guterres a souligné le rôle crucial des sciences de la prévision et des systèmes d’observation pour protéger les populations face à des aléas de plus en plus imprévisibles.
Au Vietnam, en réponse à ce thème, le secteur hydrométéorologique affirme que « le temps et le climat ne connaissent pas de frontières ». Le développement et la modernisation du réseau national de stations d’observation constituent ainsi non seulement une infrastructure stratégique de données, mais également un maillon clé du système mondial, contribuant à améliorer les capacités de prévision, la gestion des catastrophes et la protection du développement durable.
Selon Nguyên Thuong Hiên, directeur de l’Administration de météorologie et d’hydrologie relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, ce secteur vietnamien entre dans une phase de modernisation accélérée, étroitement liée à l’innovation technologique et à l’intégration internationale. Plusieurs programmes d’investissement ont été déployés afin de moderniser les équipements, d’étendre le réseau de stations et de renforcer l’application des technologies de l’information dans la collecte, la transmission et le traitement des données.
Le pays a notamment intensifié l’automatisation de ses stations à travers le déploiement de dispositifs météorologiques, pluviométriques et hydrologiques automatiques, le développement de systèmes radar et l’exploitation accrue des données satellitaires. Ces avancées permettent d’améliorer la surveillance des phénomènes dangereux tels que les typhons, les fortes pluies ou les orages violents, tout en facilitant la transmission en temps réel des données vers les centres de prévision.
À ce jour, le réseau national compte 2.871 stations couvrant un large éventail d’observations, notamment météorologiques de surface et en altitude, hydrologiques, maritimes, radar, pluviométriques ou encore de détection de la foudre et de suivi du changement climatique. Ce maillage s’étend progressivement aux zones clés, telles que les grands bassins fluviaux, les régions côtières, les zones insulaires et les territoires exposés aux catastrophes naturelles.
Parallèlement à son expansion, le réseau connaît une transformation structurelle avec le passage progressif d’un modèle manuel à un système automatisé et numérisé. L’objectif est d’atteindre, dans un avenir proche, un taux d’automatisation supérieur à 95 % pour plusieurs types de stations, se rapprochant ainsi des standards des pays les plus avancés de la région.
Toutefois, le secteur reste confronté à de nombreux défis, notamment l’intensification du changement climatique, la complexification des phénomènes météorologiques, ainsi que les contraintes liées à l’urbanisation rapide et au développement des infrastructures. Le financement et la disponibilité de ressources humaines hautement qualifiées demeurent également des enjeux majeurs.
Dans cette perspective, les orientations stratégiques pour le développement du réseau national à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2050, ont été définies dans plusieurs politiques publiques, incluant les programmes de modernisation, d’adaptation au changement climatique et de transformation numérique. - VNA