Valeur du culte des Déesses-Mères dans la vie des Vietnamiens

La « Mère Nature », une ancienne vision du monde des Vietnamiens; l’orientation de l’homme vers une vie harmonique et sympathique ; le «Hâu Dông» sont des valeurs cumulées dans le culte des Déesses-Mères.
Valeur du culte des Déesses-Mères dans la vie des Vietnamiens ảnh 1 Le culte des Déesses-Mères est un exemple de syncrétisme religieux vietnamien et de croyance populaire à la vietnamienne.

Hanoï (VNA) - La « Mère Nature », une ancienne vision du monde des Vietnamiens; l’orientation de l’homme vers une vie harmonique et sympathique ; le « Hâu Dông », une forme de performance spirituelle ; l’édification d’une vie religieuse vietnamienne centrée sur les désirs humains comme la santé, la chance et la prospérité ; et une sorte de patriotisme spiritualisé sont des valeurs cumulées dans le culte des Déesses-Mères.

Depuis le XVIème siècle, la croyance en les Déesses-Mères est progressivement devenue une activité spirituelle et culturelle qui a profondément influencé la vie sociale et la conscience du peuple vietnamien. Il s’agit d’une croyance à la vietnamienne d’adoration des divinités et génies féminines, parmi lesquelles « Thanh Mâu » - une divinité suprême ayant le pouvoir de créer et de gérer le monde, ainsi que d’assister les activités quotidiennes et productives de l’homme.

Dans le culte des Déesses-Mères, la femme se place au cœur de l’univers, dans lequel elles règnent sur les quatre mondes, que sont (1) le ciel, (2) la terre, (3) l’eau, et (4) la montagne et la forêt. Ces Déesses-Mères sont adulées dans de vastes temples, des palais immenses et également dans les modestes autels de la maison privée. Les sympathisants du culte des Déesses Mères conçoivent que ces divinités puissent protéger leur vie, leur donner la force afin de surmonter la malchance, les maladies et les catastrophes naturelles, comme dispenser le bonheur, la santé et la prospérité aux membres de la famille. Les besoins spirituels des adeptes sont satisfaits quand ils vénèrent les Déesses-Mères. C’est pourquoi l’autel dédié aux Déesse-Mères est toujours propre et entretenu dans un merveilleux état, décoré de nombreuses offrandes, objets votifs et fleurs.

Valeur du culte des Déesses-Mères dans la vie des Vietnamiens ảnh 2 L’autel pour les Déesses Mères est préparé de plusieurs offrandes, objets votifs et fleurs multicolores.

Souvent les 1ers et 15es jours des mois lunaires ou lorsqu’il y a une affaire importante dans la vie, les sympathisants vont prier les Déesses-Mères pour la santé de toute leur famille et la chance dans les affaires

Le panthéon de « Tho Mâu Tu Phu » dispose de huit grades : (1) la Dame de la miséricorde (Guan Yin), (2) l’Empereur de jade, (3) la trinité des Déesses-Mères, (4) les cinq Grands Mandarins, (5) les douze palais des Dames d’honneur, (6) les dix palais des Princes, (7) les douze demoiselles royales et (8) les douze petits princes.

Plus précisément, l’installation de l’autel des Déesses-Mères doit respecter plusieurs règles : la statue de la Première Déesse-Mère (Déesse-Mère du Ciel) au centre, celle de la Deuxième Déesse-Mère (Déesse-Mère de la montagne et de la forêt) à gauche, celle de la Troisième Déesse-Mère (Déesse-Mère des eaux) à droite. Devant l’autel se déroule une natte, sur laquelle les médiums pratiquent le rituel « hâu dông », un rite religieux important du culte des Déesses-Mères. Les médiums sont consacrés de communiquer directement avec les esprits. En outre, une table-miroir, posée au milieu de l’autel et de la natte sert à recevoir de l’eau et de l’alcool offerts aux génies.

Valeur du culte des Déesses-Mères dans la vie des Vietnamiens ảnh 3 Un chaman interprète la scène de l’incarnation « Quan Dê ngu » (5e Grand Mandarin).

Certains médiums trouvent également un sentiment de sécurité et de croyance dans la vie spirituelle via le rituel « hâu dông ». Dans cette activité, les « ông dông » et « bà dông » (les médiums masculins et féminins) utilisent leurs corps vides pour l’incarnation des esprits et des dieux. Personne ne peut volontairement devenir un médium parce que le médium est choisi par les Déesses-Mères et les dieux à travers un attachement prédestiné. Pendant le rituel « hâu dông », les médiums reçoivent le soutien de quatre assistants (hâu dâng), qui les aident à brûler des encens et à changer de costumes. Notamment, les quatre « hâu dâng » couvrent la tête des médiums d’un voile rouge (khan phu diên), qui est un rite important répété plusieurs fois pendant le rituel « hâu dông » signalant le moment où un esprit entre ou sort du médium.

L’« entrée » d’un esprit dans le corps du médium est appelé une incarnation (gia). Le voyage de la divinité vers le monde via le corps du médium est exprimé par un nombre de procédures cérémonielles, telles que l'utilisation d'encens, la danse, la délivrance des bénédictions aux participants et la dégustation du rythme de « châu van ».Le chant du rite de l’incarnation joue un rôle important dans l’appel des génies et des dieux aux cérémonies, composé de plusieurs instruments musicaux, que sont la cithare à caisse de résonnance ronde, le tambourin, les morceaux de bambou, la cithare à deux cordes, les cymbales, la flûte, etc. Puis, l’esprit quitte le corps du médium et est remplacé par un autre. Le médium modifie alors les costumes pour s’adapter au nouvel esprit. Les costumes sont le signe distinctif de chaque incarnation correspondant à un génie.

Valeur du culte des Déesses-Mères dans la vie des Vietnamiens ảnh 4 Assis devant l’autel, la tête du médium se recouvre d’un grand voile rouge qui la sépare du monde des mortels.

Pour les croyants, les faveurs divines sont perçues sous différentes formes : santé, réussite, chance, richesse, prospérité, etc. Notamment, les faveurs matérielles sont distribuées aux adeptes assistant à la cérémonie.

En conséquence, la croyance en les Déesses-Mères est une particularité culturelle du peuple vietnamien, racontant les légendes des personnes méritantes. Un cœur pur est la valeur essentielle du culte des Déesses-Mères des quatre palais. Les Déesses Mères recommandent toujours à l’homme de vivre honnêtement et généreusement. Non seulement les médiums et les adeptes, mais les artisans d’objets votifs et de confection d’habillement destiné aux rites montrent également la pureté de leur cœur par des pratiques productives sérieuses et honnêtes. -NDEL/VNA

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