Les sages-femmes villageoises en route pour éliminer des coutumes désuètes

Dans de nombreux villages reculés, autrefois liés à des coutumes ancestrales telles que les accouchements à domicile, les rituels spirituels et les pratiques post-partum restrictives, des changements positifs apparaissent grâce au dévouement des sages-femmes villageoises qui offrent des accouchements et des soins maternels plus sûrs aux femmes des hautes terres.

Une sage-femme prend un bébé dans ses bras sous le regard attentif de sa mère. Photo: VNA
Une sage-femme prend un bébé dans ses bras sous le regard attentif de sa mère. Photo: VNA

Hanoi (VNA) – Dans de nombreux villages reculés, autrefois liés à des coutumes ancestrales telles que les accouchements à domicile, les rituels spirituels et les pratiques post-partum restrictives, des changements positifs apparaissent grâce au dévouement des sages-femmes villageoises qui offrent des accouchements et des soins maternels plus sûrs aux femmes des hautes terres.

Dans le village de Po Si Ngai, commune de Ban Xeo, province de Lào Cai, Thao Thi Pa, une femme de l’ethnie H’mông, exerce comme sage-femme villageoise depuis 2011. Au début, le mauvais état des routes rendait l’accès aux structures médicales extrêmement difficile. La plupart des femmes accouchaient encore à domicile, selon les coutumes traditionnelles. Neuf accouchements sur dix ont eu lieu dans des maisons ou des huttes de fortune, ce qui présentait de graves risques pour les mères et les bébés. De nombreuses familles privilégiaient les rituels aux examens prénatals réguliers.

Ne se laissant pas décourager, Thao Thi Pa a fait du porte-à-porte pour expliquer les bienfaits des soins prénatals et encourager les femmes à accoucher dans les centres de santé. Sa persévérance a porté ses fruits : aujourd’hui, 80 % des femmes enceintes du village se soumettent à des examens réguliers, 70 % des accouchements sont assistés par du personnel médical et 90 % des mères et des nouveau-nés bénéficient de soins postnatals.

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Thao Thi Pa (centre), une femme de l’ethnie H’mông, partage ses expériences de sage-femme. Photo: VNA

Dans le village de Na Vai, commune de Ban Lau, Luc Thi Ly, de l’ethnie Nung, travaille comme sage-femme depuis 2019. À cette époque, la moitié des femmes du village accouchaient encore à domicile. Nombre d’entre elles pensaient que seul le culte des ancêtres garantissait la sécurité ou que « nos mères et nos grands-mères accouchaient à la maison et se portaient bien ». Patiemment, elle visitait chaque foyer, expliquant la sécurité d’un accouchement dans un centre de santé doté de soins et d’équipements professionnels.

Sa détermination était inébranlable. Luc Thi Ly parcourait souvent de longues distances à pied, la nuit, par temps glacial, pour convaincre les familles. Grâce à des réunions régulières et à des rassemblements de femmes, elle sensibilisait les mères à la nutrition prénatale, à la vaccination et aux premiers signes de complications. Chaque mère qu’elle accompagne bénéficie d’au moins trois examens postnatals. Ly enseigne également une nutrition adaptée à la convalescence, l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois et les soins aux nourrissons.

Ses efforts ont permis des progrès remarquables : 98 % des femmes enceintes bénéficient désormais de soins prénatals, et des professionnels de santé assistent à tous les accouchements et aux soins postnatals. Malgré des allocations modestes, Ly dépense souvent son propre argent en carburant, imperméables et petits cadeaux pour les jeunes mères et les nouveau-nés. Elle espère que le secteur de la santé offrira davantage de formations, de soutien et d’incitations financières pour aider les sages-femmes de village à poursuivre leur travail essentiel.

Au cours des 30 dernières années, des générations de ces sages-femmes dévouées ont contribué à éliminer les pratiques obsolètes, à promouvoir la santé reproductive et à garantir une maternité plus sûre dans les zones où vivent des minorités ethniques. Ils sont considérés comme le « bras étendu » du système de santé de base du Vietnam en matière de soins maternels et infantiles.

Efforts conjoints pour une maternité sans risque

Selon le ministère de la Santé, les indicateurs de santé maternelle et infantile du Vietnam se sont considérablement améliorés et sont reconnus internationalement. Le taux de mortalité maternelle a été divisé par plus de cinq, passant de 233 décès pour 100.000 naissances vivantes en 1990 à environ 44 en 2024, se classant ainsi au quatrième rang des taux les plus bas d’Asie du Sud-Est. La mortalité infantile de moins d’un an a été divisée par plus de quatre, et celle des moins de cinq ans par près de quatre, par rapport aux décennies précédentes.

Cependant, d’importantes disparités régionales persistent. Le taux de mortalité maternelle des femmes H’mông est plus de sept fois supérieur à celui des ethnies Kinh et Tay. Plusieurs provinces montagneuses, dont Lao Cai, enregistrent encore des taux de mortalité maternelle et infantile deux à trois fois supérieurs à la moyenne nationale, en grande partie en raison de l’accès difficile aux services de santé, de leur qualité inégale et de la persistance de barrières culturelles.

Pour y remédier, le gouvernement et le secteur de la santé ont élargi leurs interventions pour améliorer les soins maternels et renforcer les réseaux médicaux de proximité. Cette année, le ministère de la Santé a célébré la Semaine de la maternité sans risque du 1er au 7 octobre, sous le thème « Soins postnatals complets : la santé des mères, l’avenir des enfants ».

La campagne visait à sensibiliser, mobiliser les autorités locales et les communautés, et promouvoir la responsabilité partagée en matière de santé maternelle et infantile. Elle soutenait également le Programme national de réduction de la mortalité infantile (PNLR) en cours d’exécution jusqu’en 2030, réaffirmant ainsi l’engagement du Vietnam à garantir qu’aucune mère ni aucun enfant ne soit laissé pour compte. – VNA

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