Phnom Penh (VNA) - Le gouvernement cambodgien a enregistré des progrès importants dans sa campagne nationale contre les réseaux d’escroquerie en ligne. De juillet 2025 à juin 2026, les autorités ont inspecté près de 30 000 sites suspects et fermé définitivement 737 centres d’escroquerie illégaux.
Quelque 268 affaires impliquant 2 773 suspects ont été transmises aux tribunaux, dont plus de 2 200 personnes placées en détention provisoire. Par ailleurs, 21 100 ressortissants étrangers sans papiers valides, issus de 38 nationalités et liés à ces réseaux, ont été expulsés du Cambodge.
Selon le porte-parole adjoint du ministère de l’Intérieur, Touch Sokhak, ces résultats témoignent de la détermination du gouvernement à lutter contre la cybercriminalité et à empêcher le Cambodge de devenir un refuge pour les criminels ou une plateforme de blanchiment d’argent.
Les enquêtes menées par le Département de lutte contre la cybercriminalité de la Police nationale montrent que les centres d’escroquerie fonctionnent comme des réseaux criminels organisés. Ils disposent de responsables et de chefs d’équipe chargés de fixer les objectifs, de superviser les employés et de collecter systématiquement les données des victimes. Les réseaux recourent notamment à Internet haut débit, à la technologie VoIP et à des applications de messagerie cryptées pour dissimuler leur identité et leur localisation.
Les principales méthodes utilisées comprennent les escroqueries aux investissements en cryptomonnaies, les arnaques sentimentales et les prêts en ligne illégaux.
La campagne vise désormais à démanteler l’ensemble de la chaîne criminelle et à poursuivre ses dirigeants, plutôt que de se limiter aux exécutants. Plusieurs suspects de haut rang ont ainsi été arrêtés et extradés vers la Chine, dont Chen Zhi, fondateur de Prince Holding Group.
Le Cambodge a également renforcé son cadre juridique. Une loi sur la lutte contre les escroqueries utilisant la technologie, adoptée en avril 2026, prévoit notamment la réclusion à perpétuité et des amendes pouvant atteindre un milliard de riels (environ 250.000 dollars) pour les organisateurs de réseaux criminels. Elle protège également les personnes contraintes ou victimes de traite dans ces centres, en les considérant comme des victimes et non comme des criminels.
Le Cambodge renforce également sa coopération internationale dans la lutte contre les escroqueries en ligne transnationales, notamment par le partage d’informations, l’échange d’expertise technique et le renforcement des capacités des forces chargées de l’application de la loi. -VNA