Quand ​"négoce​" rime avec ​"réconfort​"

Chaque premier dimanche du mois, la rue To Ngoc Van devient le théâtre d’un rassemblement aussi hétéroclite qu’insolite: «le marché des ex»… Eh oui, «des ex», vous avez bien lu… Alors de quoi s’agit-il?

Hanoï (VNA) - Chaque premier dimanche du mois, la rue To Ngoc Van devient le théâtre d’un rassemblement aussi hétéroclite qu’insolite : «le marché des ex»… Eh oui, «des ex», vous avez bien lu… Alors de quoi s’agit-il ? D’un moment de rencontre, en fait, entre des personnes qui viennent de vivre une rupture et qui cherchent à se débarrasser de tous les objets qui leur rappelleraient un tant soit peu leur bonheur disparu…   

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Ça se passe donc rue To Ngoc Van, dans l’arrondissement de Tay Ho, à Hanoï. Ce «marché des ex» est ouvert à toutes celles ou tous ceux qui viennent de perdre leur moitié et qui cherchent du coup à «faire le grand ménage», ce qui consiste dans un premier temps à se débarrasser de tous ces petits objets qui ont le don de remuer le couteau dans la plaie, en les revendant si possible. On trouve de tout : des vêtements, des chaussures, des livres, des montres, des cartes postales, des agendas et même des lettres d'amour manuscrites !

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Mais ces amoureux éconduits ne sont pas là uniquement pour faire du négoce, même si celui-ci a valeur d’exorcisme. Ils sont là aussi pour s’offrir un moment de réconfort. Ils s'assoient par terre, jouent de la guitare, chantent des chansons… Et s’ils sont en veine de confidence, ils se racontent leurs histoires d’amour… Une rupture est toujours quelque chose de difficile à vivre, mais moins lorsque l’on prend conscience que ça arrive à d’autres et que, sommes toutes, ce n’est pas la fin du monde.    

Ha Yen est venue là en curieuse. Pour elle, ce marché est… bien plus qu’un marché. "C'est la première fois que je viens là", nous explique-t-elle. "C’est vraiment intéressant. Chaque objet vendu a une histoire bien particulière, et cette histoire, ici, on n’hésite pas à vous la confier. Au contraire, on sent que les gens qui sont venus vendre telle ou telle chose ont envie de se libérer d’un poids en s’en débarrassant. Moi, je trouve que c’est vraiment une idée sympa, et puis comme ça, ça permet de faire circuler tous ces petits objets qui finiront bien par trouver preneur…"  

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Ce marché mensuel, espace de négoce autant que de réconfort, a été fondé à l’initiative d’un certain Thang Dinh, pour qui, d’une certaine manière, la notion de récupération s’applique aussi bien aux objets qu’aux êtres vivants. "Si vous ne voulez plus utiliser une chose qui vous a été offerte par une ou un ex, ce qui peut très bien se comprendre, autant essayer de lui donner une nouvelle vie, une nouvelle signification", nous dit-il. "Moi, je pense que le fait de partager des petites anecdotes sur les objets qu’on vend, ça a un impact positif, ça soulage… Et puis il y a le côté récupération qui est évidemment quelque chose de positif. Ça donne une dimension communautaire et c’est ça que j’essaie de mettre en avant."    

Pham Thao Van en est à son quatrième «marché des ex», en tant que vendeuse. C’est une manière, pour elle, de mieux tourner la page.   

«Si j'ai décidé de revendre les cadeaux de mon ex-copain, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont plus du tout la même valeur, pour moi.  Avant, c’était des objets fétiches, que je chérissais… Maintenant… Ici, chacun a sa propre histoire. C’est parfois triste, évidemment, mais c’est toujours intéressant», nous confie-t-elle.  

Le Hong Ngoc est quant à lui un acheteur. C’est en tout cas ce qu’il croyait en venant ici, parce que rapidement il est passé d’acheteur à confident… «Il y en a qui revendent des objets parce que la rupture a été douloureuse et qu’ils ne supportent plus de les voir. Pour d’autres, c’est une façon comme une autre de se faire un peu d’argent. Moi, en venant ici, j’ai entendu des histoires émouvantes, parfois tristes… J’ai acheté quelques trucs, quand même, dont le journal intime de quelqu’un qui a vécu une relation à distance», raconte-t-il.

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«Ils fouillent mes tiroirs, se régalant d’avance de mes lettres d’amours enrubannées par deux», chantait Jacques Brel. Pas d’indiscrétion ou de curiosité malsaine ici, il ne s’agit au fond que de partager un fardeau, pour en alléger l’autre et lui permettre de poursuivre sa route, rasséréné… -VOV/VNA 

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