Les estampes populaires de Hang Trong

C’est là qu'autrefois, à l’occasion du Nouvel An lunaire, les artisans de la rue Hang Trong qui produisaient des estampes vendaient leurs œuvres.

Hanoi  (V​NA) - Hang Trong est une rue de l’ancien quartier de Hanoï qui abrite une maison communale pas comme les autres. C’est là qu'autrefois, à l’occasion du Nouvel An lunaire, les artisans qui produisaient des estampes vendaient leurs œuvres.

Au début, c’est-à-dire il y a 400 ans, les estampes de Hang Trong étaient exclusivement destinées au culte ou à la décoration. Vers le début du 20ème siècle, elles se sont diversifiées pour aborder des thèmes de la vie quotidienne ou des contes populaires.

Les estampes populaires de Hang Trong ảnh 1Crédit photo: hatvan.vn

A leur apogée, les estampes de Hang Trong étaient indispensables aux Hanoiens, en tout cas à l’occasion du Nouvel An lunaire, lorsque toutes les familles les arboraient avec fierté dans leurs maisons, sur l’autel des ancêtres. Le Thi Mai habite rue Hang Non, dans l’ancien quartier de Hanoï :

« Ma mère adorait les estampes qu’il y avait des deux côtés de l’autel des ancêtres. L’une montrait un paon symbolisant la femme, la noblesse et le bonheur de la famille ; l’autre une carpe représentant l’homme et le succès, comme dans cette célèbre légende de la carpe qui se transforme en dragon. »

Le Dinh Nghien, un grand artisan chevronné des estampes de Hang Trong :

« Nous sommes fabricants d’estampes depuis des générations, dans ma famille. A l’époque de mes grand-parents, il y en avait beaucoup dans la rue Hang Trong et aux alentours. A cause de la guerre et de la modernisation, la plupart des artisans ont abandonné leur métier, mais nous, nous tenons absolument à le préserver. »

Les estampes populaires de Hang Trong ảnh 2L'artisan Le Dinh Nghien Photo: ​VOV

La guerre et les affres du temps ont emporté beaucoup de planches de Hang Trong, sinon la plupart. Il n’en reste plus qu’une trentaine, la plus grande de format 120 cm x 80 cm, et la plus petite, 45 cm x 30 cm. C'est sur ces planches que sont imprimées les estampes avec de l’encre de Chine. Vient ensuite le contrecollage du papier. Certaines estampes nécessitent une seule couche de papier, d’autres deux ou trois. Il faut attendre que la colle sèche pour ajouter des couleurs supplémentaires. La fabrication d’une estampe prend alors facilement trois ou quatre jour. Le Dinh Nghien:

« Dans l’art des estampes orientales, le contrecollage est une étape extrêmement importante, je dirais même décisive pour la beauté de l’œuvre. Le papier do étant très mince et fragile, deux ou trois couches sont nécessaires pour qu’on puisse dessiner dessus. Quelques dizaines d’années plus tard, lorsque le tableau sera moisi ou troué à cause du climat, son propriétaire pourra me le rapporter, je le contrecollerai de nouveau et en ferai une ancienne estampe flambant neuve. »

Les estampes populaires de Hang Trong ảnh 3Photo: VOV

Le Bich, grand amateur d'estampes populaires, admire beaucoup le savoir-faire de Le Dinh Nghien :

« Pour moi, les estampes de Hang Trong sont la quintessence de l’art des citadins hanoiens. Les techniques sont très sophistiquées, ce qui explique sans doute pourquoi peu de gens peuvent encore pratiquer ce métier. La façon de colorer les dessins paraît simple, mais il faut des dizaines d’années d’expériences pour atteindre le niveau de raffinement de M.Nghien. Bref, j’adore les estampes de Hang Trong qui sont destinées à la population urbaine et dont les techniques sont bien plus sophistiquées que celles des autres types d’estampes. »

Les estampes populaires de Hang Trong ảnh 4Crédit photo: tuoitrethudo

En effet, à la différence des estampes de Dong Ho qui sont obtenues grâce à l’impression de plusieurs couches de couleurs avant l’impression des traits, celles de Hang Trong utilisent à la fois des techniques d’impression et de dessin. Au début, on applique le papier sur une planche gravée pour imprimer les traits du dessin, que l’artisan va colorer et ombrer par un pinceau. Voilà le grand secret des estampes de Hang Trong. -VOV/VNA

Voir plus

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.