Des marionnettistes traditionnels japonais entrent en scène à Hanoi

Le Bunraku, l’un des trois principaux arts du spectacle traditionnel du Japon, aux côtés du Nô et du Kabuki, est réputé pour sa fusion exquise de marionnettes sophistiquées, de narration riche en émotions et de musique traditionnelle.

Considéré au Japon comme un genre dramatique traditionnel majeur, à l’instar du Nô et du Kabuki, le théâtre de marionnettes Ningyo Johruri Bunraku est un mélange de récit chanté, d’accompagnement instrumental et de théâtre de marionnettes. Photo: UNESCO
Considéré au Japon comme un genre dramatique traditionnel majeur, à l’instar du Nô et du Kabuki, le théâtre de marionnettes Ningyo Johruri Bunraku est un mélange de récit chanté, d’accompagnement instrumental et de théâtre de marionnettes. Photo: UNESCO

Hanoi, 3 juillet (VNA) – Des artistes japonais se produiront les 5 et 6 juillet au Théâtre Công Nhân, à Hanoi, pour présenter le théâtre Bunraku, une forme de théâtre traditionnel japonais du répertoire dramatique qui allie marionnettes, récits chantés et accompagnement instrumental.

Le Bunraku, l’un des trois principaux arts du spectacle traditionnel du Japon, aux côtés du Nô et du Kabuki, est réputé pour sa fusion exquise de marionnettes sophistiquées, de narration riche en émotions et de musique traditionnelle.

Née au début du 17e siècle et très appréciée au Japon depuis l’époque Edo, cette forme de représentation épique est devenue un pilier du patrimoine culturel japonais et a été reconnu par l’UNESCO en 2003 comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

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Les intrigues racontées dans cette nouvelle forme de théâtre de marionnettes sont issues de deux sources principales : des drames historiques dont l’intrigue se déroule au Moyen Âge (Jidaimono) et des pièces contemporaines explorant le conflit entre affaires de cœurs et obligations sociales (Sewamono). Photo: UNESCO

Le spectacle sera présenté en japonais avec des sous-titres vietnamiens et présentera des extraits de la pièce emblématique de Bunraku, Yoshitsune et les Mille Cerisiers. La pièce raconte l’histoire de courageux soldats du clan Heike, vaincus, que l’on croyait morts au combat, mais qui ont survécu et cherchent à se venger.

Les dramaturges d’Edo ont créé un drame humain puissant inspiré des guerres de Genpei du 12e siècle. Yoshitsune, le chef du clan Genji, est tour à tour attaqué par le guerrier Heike Tomomori, déguisé en propriétaire d’un hangar à bateaux, et par Noritsune, déguisé en prêtre de montagne.

La pièce met également en scène Shizuka Gozen, l’amante de Yoshitsune, et un renard qui regrette ses parents, dans une interprétation imaginative et dramatique, à mi-chemin entre fiction et non-fiction.

L’extrait «Le voyage au mont Yoshino» met en scène le général Yoshitsune et ses compagnons alors qu’ils mettent le cap sur Kyushu. Cependant, en route, une violente tempête les force à chercher refuge au Mont Yoshino.

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Depuis une plate-forme surélevée (yuka), le narrateur (tayu) raconte l’histoire tandis qu’un musicien joue du shamisen, un luth à trois cordes. Le tayu interprète tous les personnages, hommes et femmes, adaptant sa voix et ses intonations aux rôles et aux situations. Si le tayu « lit » un texte écrit, il jouit d’une grande liberté d’improvisation. Photo: UNESCO

Shizuka, l’amante de Yoshitsune, se lance seule dans un voyage vers la région de Yamato (aujourd’hui Nara) à sa recherche. En chemin, elle joue du tambour Hatsune – un précieux cadeau de Yoshitsune – pour apaiser sa mélancolie.

Alors que le son clair du tambour résonne dans l’air, un autre personnage, Sato Tadanobu, perdu, apparaît en tenue de voyage. Vêtu d’une armure offerte par Yoshitsune, il raconte l’histoire de son frère aîné, honoré pour sa loyauté indéfectible envers le Seigneur Yoshitsune.

S’encourageant mutuellement tout au long du chemin, Shizuka et Tadanobu poursuivent leur voyage ensemble, toujours nostalgiques de Yoshitsune, jusqu’à ce que les montagnes de Yoshino apparaissent enfin.

Dans ce spectacle, chaque marionnette est animée par un trio de maîtres marionnettistes, dont Yoshida Minoshirou et Yoshida Minotarou, travaillant en parfaite harmonie pour exprimer les gestes et les émotions du personnage.

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Une affiche du programme. Photo: Centre d’échanges culturels de la Fondation japonaise au Vietnam

Pendant ce temps, le narrateur Toyotake Watarudayu donne la parole à tous les personnages avec une ampleur et une intensité remarquables, accompagné par les timbres évocateurs des musiciens de shamisen Tsurusawa Seiin, Tsurusawa Seikou et Tsurusawa Seishirou, mêlant musique et narration pour une expérience théâtrale fluide et immersive.

« Grâce à cet événement, nous espérons partager la profondeur émotionnelle et le génie artistique du bunraku avec le public vietnamien, tout en suscitant un intérêt plus profond pour le patrimoine culturel immatériel, essence même d’une expression artistique séculaire», a déclaré Norihiko Yoshioka, directeur du Centre d’échanges culturels de la Fondation japonaise au Vietnam.

« Dans le contexte actuel de développement des échanges culturels entre le Vietnam et le Japon, le bunraku est un témoignage vivant de la puissance durable des arts traditionnels et une invitation à préserver et célébrer l’héritage unique qui définit nos cultures», a-t-il indiqué.

En 2003, l’UNESCO proclama le Bunraku un «chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité». En 2008, le Bunraku fut inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. – VNA

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