Le sursaut des séries vietnamiennes

Depuis les années 90, les séries font parties intégrantes de la vie quotidienne. Au cours de ces dernières années, elles avaient eu cependant du mal à attirer plus de spectateurs au Vietnam.

Hanoi (VNA ) - Depuis les années 90, les séries font parties intégrantes de la vie quotidienne. Au cours de ces dernières années, elles avaient eu cependant du mal à attirer plus de spectateurs au Vietnam. Les producteurs tentent de nouvelles formules pour reconquérir le public, et les premiers résultats se montrent plus que prometteurs.

Le sursaut des séries vietnamiennes ảnh 1La capture d'écran de la série +Tuôi thanh xuân+, coopérée par les producteurs vietnamo-coréens. Photo: VNA

Selon les statistiques de la Société cinématographique de la Télévision vietnamienne (VFC), les séries vietnamiennes occupaient en 2014 35% de la grille des programmes des chaînes nationales de VTV en 2014. Le taux est resté stable l’année suivante, mais il a fortement dégringolé en 2016. Une observation partagée par la Société cinématographique de la Télévision de Hô Chi Minh-Ville (TFS), qui a constaté une chute annuelle de près de 50% du nombre de séries vietnamiennes à l’antenne.

Une première explication viendrait de la lassitude des téléspectateurs. Les thèmes, trop répétitifs et monotones, ne sont pas assez ancrés dans la réalité. Ensuite, l’évolution technologique permet au public, notamment aux plus jeunes, de regarder des séries étrangères de meilleure qualité. Les nouvelles grilles d’antennes font également une part belle aux jeux télévisés et téléréalités, notamment pendant les grandes heures d’écoute.

Une autre raison, sensible mais pas des moindres, reste que les sociétés télévisuelles au Vietnam, comme VFC et TFS, sont publiques et n’ont pas de budget conséquents. La production est des plus sélectives, de sorte que les chaînes hésitent à investir dans plusieurs projets à la fois. En revanche, les sociétés privées, plus riches et modernes, n’osent pas produire des séries dont elles ne peuvent pas assurer la diffusion, domaine pratiquement réservé au secteur public. Elles préfèrent donc s’intéresser aux productions cinématographiques, plus rentables.

Se moderniser et s’adapter aux téléspectateurs

"Les sociétés de production, qu’elles soient publiques ou privées, se tournent vers le cinéma, constate Vu Thi Bich Liên, directrice de la société Song Vàng. Pourtant, certaines grandes productions ont toujours voulu garder le format des séries, alors elles ont largement investi dans les sitcoms. Courtes, drôles, dynamiques, elles reflètent aisément les sujets du quotidien. Et leur succès est manifeste depuis ces dernières années", avoue-t-elle. 

Plus qualitatives, et plus ambitieuses, les séries font un retour plus que remarqué depuis notamment deux ans. En pleine métamorphose, elles s’adaptent aux goûts des téléspectateurs, en misant sur des histoires d’amour de jeunesse ou de famille, sans oublier des thèmes plus sérieux comme les problèmes sociaux comme la corruption et le trafic de drogues, ou encore prendre pour cadre les régions rurales. Le nombre d’épisodes a été revu à la baisse, passant de 80 à moins de 20 aujourd’hui. Les réalisateurs ne se chargent que de deux séries par an, afin d’arriver à égaler la concurrence étrangère.

Tuôi thanh xuân est une de ces nouvelles perles télévisuelles. C’est une histoire d’amour entre trois jeunes vietnamiens et coréens dynamiques et modernes, sur fond de drame. La co-production vietnamo-coréenne, fruit d’un programme d’échange culturel bilatéral, bat tous les records d’audience dans les deux pays. Un succès surprise qui devrait encourager les producteurs à explorer à l’avenir l’exportation des séries vietnamiennes. La petite lucarne vietnamienne n’a pas dit son dernier mot !

Un quota à respecter
Le quota d’émissions est décidé par le règlement 54/2010/NĐ-CP du gouvernement. Ce dernier stipule que «chaque chaîne de télévision doit assurer un quota minimum de 30% de séries vietnamiennes, en favorisant la tranche horaire entre 20 et 22 heures». -CVN/VNA

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