Le Programme cible national de santé 2026-2035 mise sur la protection des vulnérables

Le 11 décembre 2025, lors de sa 10e session, l’Assemblée nationale du Vietnam a officiellement adopté une résolution relative au Programme cible national pour la santé, la population et le développement pour la période 2026-2035.

Photo: Vietnam+
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Le 11 décembre 2025, lors de sa 10e session, l’Assemblée nationale du Vietnam a officiellement adopté une résolution relative au Programme cible national pour la santé, la population et le développement pour la période 2026-2035. Ce plan décennal témoigne d’un engagement d’investissement à long terme visant à répondre efficacement aux exigences contemporaines en matière de soins de santé, de population et de développement.

Pour éclairer les points forts de ce Programme, la professeure associée Phan Le Thu Hang, secrétaire du comité de pilotage et chef adjointe permanente du comité de rédaction du Programme, directrice adjoint du Département de la planification financière (ministère de la Santé), a répondu à une interview du journal VietnamPlus de l’Agence vietnamienne d’information (VNA).

- Mme la Professeure associée, pourriez-vous analyser les points notables du Programme cible national pour la santé, la population et le développement pour la période 2026-2035 par rapport au Programme de la période 2016-2020 ?

Professeure associée Phan Le Thu Hang : Afin de répondre de manière proactive aux mutations rapides et complexes concernant la santé publique, la population et le développement, le Programme 2026-2035 introduit des changements majeurs par rapport à la période précédente.

Contrairement aux priorités passées qui se concentraient sur la prévention et la lutte contre les maladies infectieuses ou non transmissibles par des interventions médicales (consultation, traitement et prévention), le nouveau programme adopte une approche intégrée englobant la prévention, le traitement, la gestion et l’amélioration de la santé, l'assistance sociale et le soutien communautaire... L'objectif est désormais d'améliorer globalement la condition physique, la santé mentale, la stature, l'espérance de vie et la qualité de vie des citoyens.

Une attention particulière est portée à la qualité de la population, l’adaptation au défi du vieillissement et, pour la première fois, l'amélioration des soins sociaux pour les personnes vulnérables est considérée comme une priorité au sein d'un programme cible national de santé.

Ce Programme marque également un changement fort en passant d'une logique curative à une logique de prévention active et de soins complets tout au long du cycle de vie. Au lieu d'interventions verticales par pathologie, le Programme privilégie désormais le renforcement des piliers du système de santé, notamment la médecine préventive et les soins de santé primaires.

Sur le plan financier, le budget est multiplié par 4,5 pour un montant de 88.635 milliards de dôngs (environ 3,4 milliards de dollars) sur les cinq premières années. En outre, le Programme prévoit une période de mise en œuvre plus longue - 10 ans -, reflétant un engagement à long terme pour répondre efficacement aux besoins en matière de soins de santé, de population et de développement dans le nouveau contexte.

Enfin, la gouvernance évolue vers une décentralisation accrue, accordant plus d'autonomie et de flexibilité aux autorités locales dans l'allocation des ressources.

- Récemment, le Bureau politique a publié la Résolution n° 72 NQ/TW sur certaines solutions exceptionnelles pour renforcer la protection, les soins et l'amélioration de la santé de la population. Comment le Programme cible national pour la période 2026-2035 reflète-t-il ces orientations ?

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La professeure associée Phan Le Thu Hang, secrétaire du comité de pilotage et chef adjointe permanente du comité de rédaction du Programme, directrice adjoint du Département de la planification financière. Photo: Vietnam+

Professeure associée Phan Le Thu Hang : le Programme est étroitement aligné sur les orientations prioritaires stratégiques de la Résolution n° 72 NQ/TW pour la protection, les soins et l’amélioration de la santé publique dans le nouveau contexte. La priorité absolue est donnée à l'amélioration de la santé physique et mentale, de la stature, de la longévité ainsi que de la qualité de vie des citoyens grâce à des interventions intégrées incluant la prévention, les soins curatifs, la gestion sanitaire et le soutien communautaire... Le Programme reflète clairement la vision de la Résolution sur le rôle de la santé et la place de l’homme dans la mise en œuvre des politiques publiques dans ce domaine.

En se concentrant sur la modernisation des deux composantes vitales que sont la médecine préventive et les soins de santé de proximité, le Programme suit étroitement le principe directeur de la Résolution No 72 NQ/TW.

Le Programme détermine la position et le rôle de la médecine préventive, des soins de proximité et de la médecine traditionnelle, tout en visant à renforcer les capacités d'intervention en cas d’urgences de santé publique.

Les solutions préconisées par la Résolution No 72 NQ/TW, telles que le développement de ressources humaines de haute qualité, le rôle prépondérant du budget de l'État dans l'investissement des infrastructures et équipements médicaux, l'accélération de la transformation numérique, sont toutes intégrées de manière transversale dans ce nouveau cadre national.

- Certains estiment que, dans le capital total alloué au Programme, la part des fonds mobilisés reste assez modeste. Quel est votre point de vue sur cette question ?

Professeure associée Phan Le Thu Hang : Il est vrai que la part des capitaux mobilisés peut paraître limitée par rapport à d'autres secteurs, mais cela s'explique par la nature même du Programme. Assurer l'accès aux soins essentiels, en particulier pour les populations les plus vulnérables, dans les zones les plus défavorisées, relève du pouvoir et de la responsabilité régalienne de l'État qui doit s'exprimer par les dépenses publiques.

D'un point de vue commercial, les soins de santé primaires sont souvent peu rentables, ce qui limite naturellement l'attrait pour l'investissement privé. Néanmoins, le ministère de la Santé collabore activement avec des partenaires de développement et des organisations non gouvernementales pour mobiliser des ressources complémentaires.

Grâce à la détermination du Parti, du gouvernement, de l’Assemblée nationale, du ministère de la Santé, la coordination et le soutien actif des ministères, secteurs et localités, nous sommes convaincus que ce Programme pourra être mis en œuvre dès les premiers mois de l'année 2026 pour le bénéfice de tous./.-VietnamPlus

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