Au milieu du bourdonnement des ventilateurs, des bips réguliers des moniteurs et de la lumière blanche crue de l’unité de soins intensifs, de minuscules cœurs ont franchi la fragile frontière entre la vie et la mort.
Un nouveau-né a subi une intervention chirurgicale majeure quelques jours seulement après sa naissance afin de corriger une malformation cardiaque congénitale critique, une affection qui aurait été mortelle sans une prise en charge immédiate. Un autre jeune patient a nécessité une reconstruction quasi totale du système circulatoire de son cœur afin de rétablir une fonction physiologique proche de la normale.
Ces cas complexes mettent en évidence les avancées remarquables du Vietnam dans le domaine de la cardiologie pédiatrique.
Le père du patient :
« Je tremble encore. Entendre les médecins dire que l’état de mon enfant s’améliore nous a apporté un certain soulagement. Pour une famille ayant un enfant malade comme le nôtre, les nuits sans sommeil semblent interminables. »
Dang Van Thuc, chef adjoint du service de chirurgie cardiovasculaire, Centre cardiovasculaire, Hôpital national pédiatrique :
« Le syndrome du cœur gauche hypoplasique figure parmi les malformations cardiaques congénitales les plus complexes. Sans intervention chirurgicale, la mortalité au cours de la période néonatale est presque certaine. Il s’agit d’une intervention de haute précision, d’une difficulté exceptionnelle. Le succès dépend non seulement du chirurgien, mais aussi de l’ensemble de l’équipe. »
Derrière chaque opération réussie se cache une collaboration sans faille. Le traitement des malformations congénitales complexes exige une coordination étroite entre chirurgiens, cardiologues, anesthésistes et spécialistes des soins intensifs.
Selon les experts, les cardiopathies congénitales touchent environ 0,8 % à 1 % des naissances vivantes. Si certaines anomalies mineures ne nécessitent qu’une surveillance, les cas graves représentent une menace immédiate pour la vie de l’enfant s’ils ne sont pas diagnostiqués et pris en charge à temps.
Au cours de la dernière décennie, le Centre cardiovasculaire de l’Hôpital national pédiatrique a réalisé plus de 10 000 opérations à cœur ouvert, 5 000 interventions à cœur fermé et près de 9 000 actes cardiovasculaires et traitements des troubles du rythme. Avec environ 300 chirurgies cardiaques néonatales par an, le centre est désormais la plus grande unité de ce type en Asie du Sud-Est.
Le professeur associé Nguyên Ly Thinh Truong, directeur du Centre cardiovasculaire de l’Hôpital national pédiatrique :
« Une caractéristique déterminante de la cardiologie pédiatrique vietnamienne aujourd’hui est que nos techniques se rapprochent des normes internationales, tout en maintenant des coûts de traitement nettement inférieurs à ceux de nombreux pays développés. »
Selon les spécialistes, le traitement d’affections complexes telles que la transposition corrigée des grandes artères peut coûter entre 300 000 et 500 000 dollars aux États-Unis. Au Vietnam, le coût se situe généralement entre 5 000 et 7 000 dollars.
Malgré cet écart de prix considérable, les résultats cliniques sont jugés équivalents pour de nombreux groupes de pathologies.