Le développement des villes à croissance verte en marche au Vietnam

Le 19 janvier 2018, le Premier ministre vietnamien a publié la Décision n°84/QĐ-TTg, approuvant le Plan de développement des villes à croissance verte au Vietnam à l’horizon 2030. Ce texte est considéré comme une boussole pour l’établissement et le développement de ces villes dans les années à venir.

Avec sa forte densité d'arbres, en 2016, Huê a été la première ville du pays à être honorée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) en tant que "Ville verte nationale". Photo: VNP
Avec sa forte densité d'arbres, en 2016, Huê a été la première ville du pays à être honorée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) en tant que "Ville verte nationale". Photo: VNP

Hanoi (VNA) – À l’ère de la technologie 4.0, alors que les standards de qualité de vie ne cessent de s’élever, le développement des villes vertes s’impose comme une tendance incontournable.

Cependant, concevoir et maintenir de véritables villes vertes et durables n’est pas chose aisée. Cela nécessite des fondements scientifiques solides, des normes claires et des solutions de mise en œuvre cohérentes.

Finaliser les normes

Le 19 janvier 2018, le Premier ministre vietnamien a publié la Décision n°84/QĐ-TTg, approuvant le Plan de développement des villes à croissance verte au Vietnam à l’horizon 2030. Ce texte est considéré comme une boussole pour l’établissement et le développement de ces villes dans les années à venir.

Sur le plan de la continuité, cette décision repose sur deux documents majeurs : la Stratégie nationale de croissance verte (Décision n°1393/QĐ-TTg du 25/09/2012) et le Plan d’action national pour la croissance verte 2014-2020 (Décision n°403/QĐ-TTg du 20/03/2014).

Le concept de « ville à croissance verte » a un sens large, englobant la planification urbaine globale d’une localité, dont les écoquartiers et bâtiments écologiques développés par certaines entreprises ne représentent qu’un aspect.

La Décision n°84 définit une feuille de route précise jusqu’en 2020, 2025 et 2030. Depuis, des dizaines de textes juridiques relatifs à ce domaine ont été publiés par le gouvernement et les ministères concernés.

Tous visent les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’adaptation au changement climatique, de verdissement des secteurs économiques et des modes de vie, ainsi que de promotion de la consommation durable.

Le ministère de la Construction a réparti les 14 missions du plan en trois groupes thématiques, dont le développement d’écoquartiers, fortement soutenu par les collectivités locales.

À Hanoi, Ho Chi Minh-Ville, Da Nang… des centaines de quartiers écologiques et communautaires ont vu le jour. De nombreux éléments « verts », adaptation au climat, réduction des émissions, traitement des déchets…,sont intégrés dans la modernisation et la construction des infrastructures techniques.

L’application des technologies comme le BIM (modélisation des données du bâtiment) ou le GIS (système d’information géographique) améliore la gestion, permet des économies d’énergie et assure le suivi environnemental.

Le secteur des matériaux de construction écologiques bénéficie également d’investissements, avec des centaines de sites de production respectueux de l’environnement, plus de 2 000 usines de briques sans cuisson, et 15 cimenteries certifiées « vertes ».

Cependant, le Vietnam ne dispose pas encore de normes officielles pour les villes et constructions écologiques, selon le ministère de la Construction.

La loi sur la construction, révisée en 2020, encourage les investissements et certifications de bâtiments économes en énergie et en ressources, respectueux de l’environnement et s’inscrivant dans une perspective de développement durable, intelligent et résilient au climat.

Le décret n°15/2021/ND-CP définit un bâtiment vert comme une construction répondant à des critères d’efficacité énergétique, d’économie de ressources, de confort de vie et de protection de l’environnement intérieur comme extérieur.

Les résolutions n°06-NQ/TW (2022) et 26/2022/UBTVQH15 soulignent également l’importance du développement des bâtiments verts dans l’urbanisme.

Soutenir et promouvoir la construction verte

Concernant l’absence de critères nationaux pour les constructions écologiques, Nguyen Cong Thinh, sous-directeur du Département des sciences, technologies, environnement et matériaux de construction (ministère de la Construction), explique que les projets existants s’appuient principalement sur des référentiels internationaux comme LOTUS, LEED, EDGE ou Green Mark.

Ces systèmes de certification sont reconnus mondialement, et leur adoption s’inscrit naturellement dans la dynamique d’intégration internationale. Il est donc plus pertinent aujourd’hui de mobiliser les ressources disponibles pour soutenir le développement des constructions vertes plutôt que d’élaborer un nouveau référentiel national.

Cependant, le fait de se reposer sur des standards étrangers revient à « jouer sur son propre terrain avec des règles définies par d’autres ».

Dans les faits, en moins de cinq ans, le nombre de projets certifiés écologiques au Vietnam selon les normes internationales a été multiplié par six, dépassant largement les objectifs initiaux.

Toutefois, ce succès s’accompagne aussi de dérives : spéculation, abus des politiques incitatives (prêts, fiscalité), et inflation artificielle des prix des biens immobiliers dits « verts », rendant difficile l’accès à un logement durable pour une large partie de la population.

Malgré les résultats encourageants, la mise en œuvre de ce modèle de ville verte reste encore hésitante dans de nombreuses localités. Cela s’explique par la nouveauté du concept, une compréhension encore limitée, des mécanismes insuffisamment coordonnés, ainsi qu’un manque d’outils de surveillance et de données fiables.

La plupart des projets écologiques actuels sont portés par des entreprises de grande envergure, de manière relativement isolée.

Selon le vice-ministre de la Construction Nguyen Tuong Van, pour construire un modèle urbain écologique durable, le Vietnam a besoin d’un ensemble de critères adaptés à ses spécificités culturelles et socio-économiques. Ce référentiel national doit s’inscrire dans les tendances mondiales tout en portant l’empreinte de l’identité vietnamienne à l’ère moderne. – NDEL/VNA

source

Voir plus

Le Premier ministre Le Minh Hung. Photo : VNA

Énergie en Asie : le PM vietnamien propose trois axes de coopération

Le 15 avril, sur invitation de son homologue japonaise Takaichi Sanae, le Premier ministre Le Minh Hung a pris part au Sommet virtuel élargi de la Communauté asiatique à zéro émission nette (AZEC) sur l'autonomie énergétique, placé sous l'égide de la cheffe du gouvernement nippon."

Le Comité populaire municipal révise actuellement le schéma directeur de drainage en fonction des scénarios de changement climatique. Photo: hdnd.hochiminhcity.gov.vn

Hô Chi Minh-Ville se protège contre les inondations avant la saison des pluies

Hô Chi Minh-Ville se concentrera en 2026 sur le traitement de 29 points d’inondation majeurs. En parallèle, 24 projets seront déployés pour un investissement total de près de 38.000 milliards de dôngs. Ces chantiers revêtent une importance capitale pour augmenter la capacité d’évacuation des eaux et soulager les zones vulnérables.

Les Co Tu entretiennent un lien étroit avec la forêt, qu’ils considèrent comme la source de leur culture. Photo : vietnamnet.vn

Tout là-haut dans les montagnes de Dà Nang, le «royaume d’arbres de pơ mu»

Le « royaume d’arbres de pơ mu » est le nom donné par les habitants locaux à une forêt d’environ 450 hectares située au sommet du Zi’liêng, considéré comme une montagne sacrée par les Co Tu. À plus de 1.200 mètres d’altitude, la zone est enveloppée de brume toute l’année, avec un climat froid et humide, des conditions idéales pour le développement de cette espèce en une formation exceptionnelle.

Des habitants achètent de l’essence dans une station-service de la province de Ninh Binh. Photo : VNA.

Sécurité énergétique, clé de l’autonomie dans la transition verte

Dans un contexte marqué par l’évolution complexe de la situation géopolitique au Moyen-Orient, la sécurité énergétique s’impose comme une préoccupation majeure pour les économies d’Asie du Sud-Est, dont le Vietnam, engagé dans une transition vers un modèle énergétique plus vert et durable.

Quang Ngai : la mangrove de Bau Ca Cai, « poumon vert » sauvage et attrayant

Quang Ngai : la mangrove de Bau Ca Cai, « poumon vert » sauvage et attrayant

La mangrove de Bau Ca Cai, située dans le hameau de Thuan Phuoc, s’étend sur plus de 100 hectares de paysages naturels préservés. Véritable havre de biodiversité, elle offre un écosystème riche où se mêlent végétation luxuriante et faune typique des zones humides. En venant ici, les visiteurs peuvent embarquer pour une promenade en bateau à travers une forêt dense de palétuviers blancs, dont les racines entrelacées dessinent un décor à la fois mystérieux et captivant.  Un espace propice à l’évasion et à la reconnexion avec la nature.

Lancement d'une application d'alerte météo

Lancement d'une application d'alerte météo

Le Vietnam a lancé l'application mobile « Thoi tiet Viet Nam KTTV » (Météo Vietnam KTTV), offrant aux utilisateurs un accès en temps réel aux données météorologiques et aux alertes en cas de phénomènes météorologiques dangereux et extrêmes, alors que les risques climatiques s'intensifient.

Les météorogues avertissent que la vague de chaleur s’intensifiera jusqu’à la mi-avril. Photo: VNA

Le Centre se prépare à affronter une nouvelle canicule

Une vague de chaleur extrême prolongée s’abat sur une grande partie du Vietnam. Les météorogues avertissent que la vague de chaleur s’intensifiera jusqu’à la mi-avril, mettant en garde contre des risques accrus pour la santé publique, la demande énergétique et les feux de forêt.

Les vagues de chaleur devraient s’intensifier à l’échelle nationale en avril, avec des températures prévues supérieures aux moyennes de long terme. Photo: VnExpress

Les températures devraient grimper jusqu’à 38°C dans le Sud du Vietnam

La chaleur s’installe déjà dans toute la région sous l’influence d’un anticyclone subtropical stable qui s’étend sur le Sud et le Centre-Sud du Vietnam. Des vents faibles soufflant sur la mer au sud contribuent également à un ciel plus dégagé et à un rayonnement solaire plus intense, accentuant ainsi la chaleur.