VIH/sida : le Vietnam bientôt à court de munitions ?

Le Vietnam espère maîtriser l’épidémie du VIH/sida en 2030. Problème, le pays rencontre des difficultés financières en raison de la diminution des aides internationales. Le ministère de la Santé a mis sur la table diverses solutions pour ne pas entraver cette lutte qui n’autorise aucun répit.
Le Vietnam espèremaîtriser l’épidémie du VIH/sida en 2030. Problème, le pays rencontredes difficultés financières en raison de la diminution des aidesinternationales. Le ministère de la Santé a mis sur la table diversessolutions pour ne pas entraver cette lutte qui n’autorise aucun répit.

Cesdernières années, le Vietnam a enregistré des progrès dans le combatmené contre le virus du sida. Cependant, les risques de voir uneexplosion de l’épidémie sont réels, puisqu’en raison de la diminutiondrastique des aides internationales, les malades devront prochainementeux-mêmes financer leur (coûteux) traitement. Aujourd’hui, il est àrappeler que ces derniers ont accès gratuitement aux médicamentsantirétroviraux (ARV), fournis par des organisations internationales.

Àl’Hôpital central des maladies tropicales de Hanoi, N.D.C, 38 ans,domicilié à Yên Phu (Hanoi), fait savoir qu’il a été contaminé par levirus il y a deux ans. Chaque mois, il se voit fournir à titre gracieuxdes médicaments antirétroviraux d’une valeur de 2 millions de dôngsainsi que d’autres comprimés et gélules pour la prévention des maladesopportunistes. Son système immunitaire étant déjà largement déficient,il est régulièrement hospitalisé.

N. M. T, 42 ans, estelle séropositive depuis plusieurs années. Elle est suivie par l’hôpitalDông Da, à Hanoi. «Grâce aux traitements antirétroviraux gratuits, jesuis en bonne santé. Mais je m’inquiète à l’idée que soient coupées lesaides internationales qui permettent d’appliquer le programme detraitements gratuits pour les porteurs du virus comme moi»,confie-t-elle.

Un souci que plus de 200.000 porteurs du VIHdevant être traités à vie ont en commun. Selon les chiffres du secteurde santé, 12.000 nouveaux cas sont dépistés au Vietnam chaque année et2.000 personnes en succombent sur ce laps de temps.

Un trou de 17.000 milliards de dôngs


Uneétude du Département de prévention et de lutte contre le VIH/sida,relevant du ministère de la Santé, montre que les frais de traitementmoyens d’un séropositif varient entre 4 à 5 millions de dôngs par an, etpeuvent même atteindre 30 millions (1.500 dollars).

LeProfesseur Nguyên Van Kinh, directeur de l’Hôpital central des maladiestropicales, affirme que cet établissement fournit des ARV à 1.800malades par an et s’occupe du suivi médical de 700 autres. Lesmédicaments ARV du programme de prévention et de lutte contre le sida del’hôpital sont pris en charge par les organisations étrangères. Lesfrais pour les examens sont payés par les malades et l’Assurance santé.

Dang Thuân Phong, directeur adjoint de la Commission desaffaires sociales de l’Assemblée nationale, informe que le créditfinancé par les organisations étrangères réservé aux activités deprévention et de lutte contre le VIH/sida diminue continuellement, leVietnam faisant désormais partie du groupe des pays à revenu moyen. Deplus, le programme de prévention et de lutte contre le sida et laprostitution ne fera bientôt plus partie du programme dit de l’objectifnational. En d’autres termes, d’importantes coupes budgétaires sont àprévoir.

Pour la période 2008-2012, le budget consacré àcette maladie a été de 7.170 milliards de dôngs (358 millions dedollars) dont 3.484 milliards de dôngs financés par des aidesinternationales, 853 milliards par le budget étatique, 1.081 par leslocalités, etc. Mais aujourd’hui, plusieurs programmes d’assistance misen place par des organisations internationales sont arrivés à terme,comme le programme de prévention et de lutte financé par la Banquemondiale ou celui financé par les gouvernements australien etnéerlandais.

Pour la période 2013-2020, il faudra 26.882milliards de dôngs pour mener à bien ce combat, qui n’autorise aucunrelâchement. Problème, seuls 9.952 milliards de dôngs - aidesinternationales, crédits du programme de l’objectif national deprévention et de lutte contre le VIH/sida, budget local, assurance santéet maladie - sont mobilisables, soit 37% du budget requis...

PrasadaRao, envoyé spécial du secrétaire général de l’Organisation des Nationsunies sur la prévention et la lutte contre le VIH/sida enAsie-Pacifique, souligne que le Vietnam est le troisième des dix pays del’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) les plus touchéspar cette maladie. Plus inquiétant encore, le nombre de nouveaux casdépistés augmente chaque année (12.000 en 2013) tandis que 80% de lamanne financière constituée par les aides internationales seront coupésdans les années à venir. Un défi énorme.

Quelles solutions ?

Faceà ce constat, le vice-ministre de la Santé, Nguyên Thanh Long, affirmeque son ministère a demandé au gouvernement de prélever des fonds sur lebudget étatique et l’assurance santé pour la lutte contre le VIH/sidapour combler le déficit lié à la suspension de la majeure partie desfinancements internationaux.

Parallèlement à cela, lesecteur de la santé envisage de consolider, perfectionner le réseau deprévention et de lutte contre ce fléau, d’élargir les activitéspréventives comme l’octroi gratuit de seringues jetables, depréservatifs au groupe de personnes à haut risque. Il faut renforcer lesinvestissements ciblés dans les régions les plus touchées.

Ilapparaît également primordial de mobiliser les organisations,individus, entreprises dans et hors du pays, dans cette guerresournoise. Les localités doivent élaborer leur plan financier.

Outreles parrains disponibles, il faut également démarcher les organisationsde l’ASEAN et du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC)pour obtenir nos nouvelles sources de financement. En effet, desserrer -ne serait-ce qu’un peu - l’étreinte sur ce virus et il en serait finides espoirs de mettre définitivement au tapis en 2030 l’épidémie quisévit dans notre pays. -CVN/VNA

Voir plus

L'équipe médicale de de la province de Khanh Hoa assure des consultations médicales au profit des personnes âgées. Photo: VNA

Premier semestre 2026 : plus de 94 millions d’actes médicaux couverts par l’assurance maladie

Le Vietnam a enregistré près de 94,4 millions de consultations et d’hospitalisations prises en charge par l’assurance maladie au cours des six premiers mois de 2026, pour des dépenses avoisinant 84.766 milliards de dôngs. Face à la hausse continue des coûts médicaux, les autorités entendent renforcer le contrôle des dépenses tout en garantissant les droits des assurés.

La première greffe de pénis provenant d’un donneur en état de mort cérébrale au Vietnam. Photo: VNA

Le Vietnam réussit sa première greffe de pénis à partir d’un donneur en mort cérébrale

L’Hôpital d'amitié Viêt Duc à Hanoi a réalisé avec succès la première greffe de pénis provenant d’un donneur en état de mort cérébrale au Vietnam. Cette intervention constitue une étape importante dans le développement des greffes de tissus composites complexes et témoigne de la maîtrise croissante des techniques chirurgicales de pointe par les équipes médicales vietnamiennes.

Le Docteur Nguyên Thanh Xuân réalise une opération chirurgicale crânienne. Photo: VNA

Le Vietnam veut développer un écosystème national de santé spécialisé

La transformation fondamentale en matière de santé spécialisée dans la période à venir consiste à passer d’une approche d’investissement dans certains établissements de santé spécialisés dans chaque localité à l’organisation d’un réseau de santé spécialisé multiniveau dont les acteurs assument des rôles bien définis, sont étroitement interconnectés et se soutient mutuellement.

Le prélèvement multi-organes réussi à l’Hôpital de Bai Chay permet de sauver cinq patients. Photo: VNA

Cinq patients sauvés après un prélèvement multi-organes réussi à l’Hôpital de Bai Chay

L’Hôpital de Bai Chay s’est coordonné avec le Centre national de coordination des greffes d’organes et des spécialistes afin d’assurer une prise en charge optimale du donneur, d’évaluer la qualité des organes et de préparer les interventions chirurgicales. Les équipes médicales ont prélevé avec succès le cœur, un foie et deux reins, tandis que les poumons ne répondaient pas aux critères nécessaires pour une transplantation.

Séance de travail entre des responsables de l'Université de médecine de Hanoï et l'Université de médecine de Sofia. Photo: VNA

Le Vietnam et la Bulgarie elargissent leur cooperation dans la formation, la recherche medicale et la pharmacie

L'Université de médecine de Hanoï et l'Université de médecine de Sofia ont signé un protocole d'accord de coopération. L'accord a été paraphé par le Professeur-Docteur Nguyen Huu Tu et le Professeur Boycho Landjov, recteur de l'Université de Médecine de Sofia, établissant un cadre de coopération à long terme dans la formation, la recherche scientifique et les échanges académiques.

Des habitants patientent pour le bilan de santé dans le quartier de Tan Binh. Photo : Journal "Tin tức và Dân tộc" (Informations et Minorité ethnique)

Hô Chi Minh-Ville veut achever le bilan de santé universel d’ici le 15 décembre

Hô Chi Minh-Ville accélère sa campagne de 150 jours pour offrir un bilan de santé à l’ensemble de la population. Plus de 732.000 habitants ont déjà été examinés et disposent d’un dossier médical électronique. Les autorités mobilisent 480 établissements de santé afin d’atteindre une couverture de 100 % avant le 15 décembre.

Des grappes de graines de ginseng Ngoc Linh à maturité. Photo : Do Truong/VNA

Da Nang : le berceau du meilleur ginseng au monde

Situé entre 1.500 et 2.000 mètres d'altitude, sous la canopée de la forêt primaire du mont Ngoc Linh, dans la commune de Tra Linh (ville de Da Nang), s'étend le terroir naturel du ginseng Ngoc Linh. Réputé pour sa richesse exceptionnelle en 52 composés de saponines, ce ginseng endémique à forte valeur économique est appelé à devenir une culture médicinale stratégique. La ville de Da Nang entend développer cette filière en misant sur une culture planifiée et une industrie de transformation à forte valeur ajoutée.

Le nombre de touristes étrangers visitant Hô Chi Minh-Ville pour des séjours touristiques combinés à des soins médicaux est en hausse. Photo : VNA

Le Vietnam fait du tourisme médical le nouveau fer de lance de sa stratégie nationale

Le Vietnam dispose de tous les leviers nécessaires pour devenir un segment à haute valeur ajoutée de l'industrie touristique mondiale. La stabilité politique du pays, combinée à un environnement sécurisé et à un réseau aérien en pleine expansion et de diverses attractions touristiques attrayantes, offre un socle idéal pour le déploiement de soins de santé de classe mondiale.