Hanoï (VNA) - Ha Long n’abrite pasqu’une célébrissime baie, merveille de la nature dument célébrée... On ytrouve aussi un salon de coiffure pas comme les autres puisqu’il esttenu par des sourds-muets. C’est un certain Van Khac Huân, lui aussisourd-muet, qui en est le fondateur...
Ce fameux salon de coiffure vousaccueille avec de la musique douce, prélude à un traitement qui ne l’estpas moins... Inutile de vouloir converser avec les coiffeurs, à moins,bien évidemment, de maîtriser la langue des signes. Pour se fairecomprendre, on peut en faire des gestes, mimer, écrire...
Nguyên Thi Hung, elle, est une clienterégulière. Elle ne vient pas là uniquement pour l’originalité de laformule, mais avant tout parce que ces coiffeurs sourds-muets sont descoiffeurs de premier ordre...
“La première fois que je suis venue ici,je suis ressortie vraiment très satisfaite. Et quand j’y suisretournée, c’était encore mieux que la première fois!... Quand ontravaille, comme moi, dans des endroits bruyants, on est toujourscontent de trouver un endroit calme et relaxant”, nous confie-t-elle.
Si effectivement, Hung est satisfaite deses permanentes et de ses mise-en-plis, elle l’est tout autant del’attitude du personnel...
“Les employés d’ici sont trèsprévenants. S’il y a la moindre éclaboussure, ils se précipitentaussitôt pour essuyer, et ça, ça me plaît beaucoup”, précise-t-elle.
Hung n’est pas la seule à être ainsisatisfaite du zèle des employés, des employés qui, d’entrée de jeu,annoncent la couleur: "Je suis sourd, s'il vous plaît, tapotez-moi surl'épaule ou écrivez sur le téléphone lorsque vous en avez besoin",peut-on lire à l’entrée du salon.
“C’est un salon de coiffure trèsparticulier, ici. Tous les employés sont sourds et muets... Le patron,lui, est un excellent coiffeur: c’est toujours lui qui me coupe lescheveux”, a partagé une cliente.
“Le patron est vraiment un coiffeurhors-pair, qui mérite tous les éloges. Et puis la clientèle est vraimenttrès bien traitée, ici. De tous les salons de coiffure que j’aiessayés, et j’en ai essayés beaucoup, c’est certainement l’un desmeilleurs, sinon le meilleur”, a témoigné une autre.
Au risque d’une rime facile, laréussite, ça se mérite... Très tôt orphelin de mère, Huân a vécu avecson père et son frère jusqu’en 2007. Il a été ensuite admis dans uncentre pour enfants en situation particulière. Il avait alors 14 ans.
Ce n’est qu’en 2012 qu’il a ouvert sonpropre salon de coiffure en embauchant d’autres sourds-muets. Et sonsalon est aujourd’hui le lieu de rendez-vous de nombreux autressourds-muets, qui viennent parfois de loin...
Hoàng Thi Nha Phuong est assistantesociale dans la province de Quang Ninh. Elle est particulièrementadmirative du travail fait par Van Khac Huân...
“Les personnes qui travaillent dans cesalon de coiffure ne sont pas toutes originaires de la ville d'Ha Long.Ils viennent d’autres villes telles que Hai Hà, Dâm Hà, Tiên Yên, BaChẽ, Móng Cái... Peu importe d’où ils viennent, d’ailleurs. Ilstravaillent tous avec ardeur”, note-t-elle.
Van Khac Huân a toujours voulu venir enaide aux personnes qui sont dans la même situation que lui. Il reçoitchaque année des dizaines d’apprentis-coiffeurs qui sont sourds-muetscomme lui et qui, une fois formés, peuvent suivre ses pas et ouvrir àleur tour leurs propres salons. Pour Hoàng Thi Nha Phuong, c’est là l’undes aspects les plus remarquables du travail de Van Khac Huân.
“Il a pris plusieurs sourds-muets sousson aile pour les accompagner dans leur parcours professionnel. Il aréussi, comme ça, à former pleins de jeunes coiffeurs qui maintenant,ont acquis de l’autonomie, et qui sans aucun doute, lui doiventbeaucoup!”, nous explique-t-elle.
Si Van Khac Huân rend effectivement sesclients plus beaux - c’est après tout l’essence-même de son métier -,ils leur apporte aussi une sorte d’énergie positive qui émane de sapersonne...
Sa persévérance et son dévouement luiont valu, outre l’estime et l’admiation de sa clientèle, des certificatsde mérite du Département de la protection sociale, relevant duministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales,qui a ainsi voulu saluer un jeune handicapé ayant su s’intégrer à lasociété... - VOV/VNA
