Hanoi (VNA) - Chaque année, entre janvier et avril, les Jarai vivant sur les Hauts plateaux du Centre organisent le Po Thi. Avec des chants, des danses et des sacrifices d’animaux, ils disent adieu à leurs morts.

 

Direction Ia Mnông, une commune de la province de Gia Lai. Aujourd’hui, Ro Cham Nâm et les villageois organisent le Po Thi pour dire adieu à son mari, décédé il y a cinq ans.

« Cinq ans après la mort de mon mari, nous lui organisons un Po Thi. Je suis un peu triste de ne plus pouvoir apporter chaque jour des repas à son tombeau, mais je suis heureuse que son âme puisse regagner le ciel », nous confie-t-elle.

Po Thi est la plus grande fête des Jarai. Un mois de préparation pour deux jours de fête… Tous les villageois tiennent à apporter quelque chose, comme nous l’indique Ro Châm Do, patriarche du village.

« C’est une fête très importante pour nous. Nous jouons du gong, sculptons des statues et dansons. Pas question pour les Jarai d’abandonner cette tradition », assure-t-il.

Durant deux jours, les villageois sacrifient des animaux, sculptent des statues dans et autour des maisons tombales, sirotent de l’alcool dans d’énormes jarres avec des chalumeaux, jouent du gong  et dansent la ronde dans le sens contraire à celui des aiguilles d’une montre. C’est une parfaite manifestation de ce qu’est l’espace culturel des gongs, affirme Nguyên Thi Kim Vân, ancienne directrice du musée de la province de Gia Lai.

« La préservation des fêtes traditionnelles nécessite l’implication de tous les services et organisations sociopolitiques, en particulier des responsables de la culture, des sports et du tourisme », estime-t-elle. « Nous devons sensibiliser la population de façon à ce qu’elle préserve ses belles traditions, sans y consacrer trop d’argent et de temps ».

En plus de marquer la séparation entre les vivants et les morts, Po Thi est une fête culturelle qui fédère tous les Jarai. Dès qu’ils apprennent la tenue de la fête quelque part, ils tiennent à être présents.-VOV/VNA