Nguyên Vinh Bao, un amour centenaire pour la musique

Nguyên Vinh Bao, musicien de première génération de cai luong (théâtre rénové), qui a consacré près de 100 ans à la musique traditionnelle du Sud. Il est décédé le 7 janvier 2021 à l'âge de 103 ans.
Nguyên Vinh Bao, un amour centenaire pour la musique ảnh 1Le musicien Nguyên Vinh Bao. Photo : LHP/CVN

Dông Thap (VNA) - Nguyên Vinh Bao, musicien de première génération de cai luong (théâtre rénové), qui a consacré près de 100 ans à la musique traditionnelle du Sud. Il est décédé le 7 janvier 2021 à l'âge de 103 ans à Cao Lanh, province de Dông Thap (Sud).

Le musicien Nguyên Vinh Bao est né le 19 août 1918 dans le village de My Trà, district de Cao Lanh, province de Sa Dec (aujourd’hui province de Dông Thap), dans une famille de propriétaires terriens. Son père, Nguyên Hàm Ninh, était un passionné de musique vietnamienne traditionnelle, invitant souvent des musiciens célèbres à venir chez lui pour chanter, ainsi Nguyên Vinh Bao a eu l'occasion d'interagir très tôt avec la musique.

Il a commencé à jouer des instruments à cordes comme le đàn cò, le đàn nguyêt dès l'âge de 5 ans. À l'âge de 12 ans, Nguyên Vinh Bao pouvait déjà jouer de nombreux types d'instruments de musique traditionnelle du Sud.

Actuellement, le vong cô de 32 mesures (air traditionnel mélancolique) règne sur la scène du cai luong et du đon ca tài tu (chant des amateurs du Sud). Les chansons de vong cô de 32 mesures d’aujourd’hui découlent directement du chef-d’œuvre Da cô hoài lang, une chanson célèbre de 1919 de l’auteur Cao Van Lâu (province de Bac Liêu, Sud), puis elles ont été respectivement développé à partir d'une double mesure en 4, 8, 16 et 32 mesures aujourd'hui très en vogue.

Ainsi, Nguyên Vinh Bao est un musicien qui a pleinement assisté au développement du vong cô. Il était le seul témoin du vong cô encore vivant au début du XXIe siècle. De même, le cai luong est né en 1918. Ainsi Nguyên Vinh Bao a également été témoin du développement de cet art.

Nguyên Vinh Bao, un amour centenaire pour la musique ảnh 2Le musicien Vinh Bao (gauche) et le compositeur Van Hai. Photo : LHP/CVN

Un talent unique

Nguyên Vinh Bao a été un célèbre luthier pendant plus de 60 ans. À partir de 1955, il a entrepris des recherches sur les techniques de cordes et s’est perfectionné sur le đàn tranh à 16 cordes (un instrument de musique à cordes pincées vietnamien de la famille des cithares sur table). Après de nombreux échecs, Nguyên Vinh Bao a finalement réussi à améliorer et créer les đàn tranh à 17, 19 et 21 cordes. Actuellement, ces instruments sont largement utilisés pour différents styles de musique car ils sont plus pratiques que la cithare traditionnelle à 16 cordes. Nguyên Vinh Bao a créé son propre modèle et le Professeur Tô Vu l'a appelé directement "la cithare de Vinh Bao".

Nguyên Vinh Bao était également enseignant. Dans les années 40, il a aussi été professeur de français de lycée à Saigon à Hô Chi Minh-Ville. Ce dernier fait partie de la génération fondatrice du Conservatoire de musique de Hô Chi Minh-Ville et il y a enseigné pendant plus de 10 ans la musique traditionnelle. À l'heure actuelle, il y a encore certains de ses anciens étudiants présents lors de la création du Conservatoire de musique, qui continuent à enseigner sur le đàn tranh comme par exemple le compositeur Nguyên Van Doi ou l'"Enseignante Émérite" Pham Thuy Hoàn (mère de la cithariste Hai Phuong).

En plus d'enseigner au Conservatoire de musique, Nguyên Vinh Bao a eu également de nombreux disciples. Ainsi l'influence de Nguyên Vinh Bao sur la musique traditionnelle dans la société a été énorme. En 1971, Nguyên Vinh Bao a été invité aux États-Unis pour enseigner la musique vietnamienne à la Southern Illinois University avec le Professeur Trân Van Khê et le musicien Pham Duy. En 1972, Nguyên Vinh Bao s’est rendu à Paris (France). Avec son meilleur ami, le Professeur Trân Van Khê, où ils ont enregistré de la musique traditionnelle du Sud-Vietnam pour Radio France et l'UNESCO. Ces bandes peuvent être considérées comme le premier disque de musique traditionnelle enregistré par l'UNESCO à Paris.

Nguyên Vinh Bao, un amour centenaire pour la musique ảnh 3

La Maison d'exposition du musicien Nguyên Vinh Bao a été inaugurée le 18 août 2018 à Cao Lanh, sa ville natale, (province de Dông Thap, Sud). Photo : ST/CVN 

Homme de records

En entrant dans le XXIe siècle, alors à un âge avancé, Nguyên Vinh Bao a continué d'enseigner la musique traditionnelle du Sud, directement à la maison ou via Internet. Ses étudiants se trouvaient autant au Vietnam que dans de nombreux pays du monde. Il a enseigné la musique dans de nombreuses langues, dont les plus exigeantes sont le français et l'anglais. À l'âge de 92 ans, il a reçu le record du Vietnam comme le plus ancien professeur de musique sur Internet. En 2008, il a reçu l'Ordre des arts et des lettres (grade : Officier) par le gouvernement français. En 2006, Nguyên Vinh Bao figurait dans la liste des six  musiciens de différents pays honorés lors de la Conférence internationale sur l'acoustique à Honolulu (Hawaï - États-Unis). Il a été surnommé "l’ancêtre" de đon ca tài tu, le "cithariste le plus célèbre".

Nguyên Vinh Bao n'était pas seulement un musicien, mais aussi un véritable chercheur avec une connaissance très savante de la musique traditionnelle du Sud, en particulier sur les techniques de fabrication des instruments à cordes. Il a joué du đàn cò, đàn nguyêt pendant près de 100 ans et a joué jusqu'à son dernier souffle. Même sur son lit d'hôpital, il n'aimait parler que de la musique populaire du Sud. Il a été le plus ancien musicien classique de đon ca tài tu dans le Sud. Il a été à la fois musicien, cithariste, luthier, conférencier en musique, chercheur en musique et professeur de musique ou encore poète dans de nombreuses langues. On peut dire que Nguyên Vinh Bao est le maître exceptionnel du đon ca tài tu.

Le musicien Nguyên Vinh Bao est parti, mais sa voix sera là pour toujours. Plusieurs générations de ses étudiants, qui vivent de la musique ou travaillent dans d’autres domaines, suivront sans aucun doute ses traces sur la voie de la préservation et de la promotion de la musique traditionnelle vietnamienne. –CVN/VNA

Voir plus

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.

Parmi les nombreux symboles qui incarnent le Nouvel An lunaire au Vietnam, le "bánh chưng" – gâteau traditionnel de riz gluant du Têt – s’impose comme une empreinte mémorielle profondément ancrée dans la conscience collective. Photo : VNA

Le "bánh chưng" – L'âme intégrale du Têt vietnamien

Au cœur du panthéon symbolique du Têt, le banh chung transcende sa nature de mets traditionnel pour s’ériger en véritable socle de l'identité vietnamienne, une empreinte indélébile gravée dans la mémoire collective de tout un peuple.

À l'approche du Nouvel An lunaire, les vidéos expliquant comment préparer les festins traditionnels du Têt reçoivent de plus en plus de « j'aime » et de commentaires. Photo : tienphong.vn

Le Têt et la vague du « retour au village natal »

Des millions de vues pour les vidéos de confiseries traditionnelles, des dizaines de milliers de partages pour les vlogs sur le Têt au village : autant de contenus qui ont inspiré de nombreux jeunes à prolonger leur séjour à la maison, à apprendre à cuisiner les plats de leur grand-mère ou de leur mère, à consigner les souvenirs familiaux et à les partager en ligne. De là est née une vague discrète mais profonde : le phénomène du « retour au village natal ».

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

Avec l'évolution de la société, de nombreuses coutumes liées au Têt se sont peu à peu estompées. Cependant, la préparation du "bánh chưng" (gâteau de riz gluant) demeure une tradition culturelle emblématique du peuple vietnamien, perpétuée chaque année par de nombreuses familles. À l’approche du Têt, les générations de descendants se rassemblent pour préparer le "bánh chưng", choisissant soigneusement les plus beaux gâteaux à déposer sur l’autel des ancêtres en hommage et en respect des traditions.

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Le Têt permet de se retrouver en famille. Plus les plateaux sont riches, plus cela exprime le respect envers les ancêtres. Les plateaux traditionnels du Nouvel An lunaire se composent de nombreux mets et symbolisent tous divers souhaits et vœux de chaque famille pour la nouvelle année. Les plateaux du Têt sont également très colorés : le vert du banh chung mélangé au rouge du riz gluant en passant par le jaune des pousses de bambou...

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

A la Foire du Printemps 2026, le pavillon de Huê s’est imposé comme l’un des espaces les plus attractifs, captivant un très nombreux public grâce à une scénographie profondément imprégnée de l’âme et de l’identité culturelle de l’ancienne capitale impériale. Les produits emblématiques de Huê y sont présentés avec soin : áo dài aux lignes gracieuses, chapeaux coniques en herbe cỏ bàng, bâtons d’encens au bois d’agar aux parfums envoûtants, fleurs en papier de Thanh Tiên… Sans oublier les objets artisanaux typiques et les spécialités culinaires qui font la renommée de la région.
L’ensemble crée une expérience immersive et authentique : les visiteurs déambulent dans un univers où se mêlent élégance royale, savoir-faire ancestral et douceur du quotidien huéen, redécouvrant ainsi, le temps d’une visite, la quintessence raffinée de l’ancienne capitale impériale.

Phung Thi Hông Tham remporte la médaille d'or dans la catégorie amateur féminine des 63 kg aux Championnats du monde de Kun Khmer 2026. Photo : nld.com.vn

Le Vietnam brille aux Championnats du monde de Kun Khmer

Ces résultats placent provisoirement le Vietnam en tête du classement des médailles avec quatre médailles d’or et une d’argent. Ce classement pourrait toutefois évoluer, car une vingtaine de finales supplémentaires, dans les catégories seniors, juniors et jeunes talents, sont prévues le 12 février.

Cérémonie d'ouverture de la 46e édition du Festival floral du Printemps à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

De multiples activités festives pour célébrer le Têt traditionnel 2026

À Hô Chi Minh-Ville, le Comité populaire municipal a inauguré dans la soirée, au parc Tao Dan, la 46e édition du Festival floral du Printemps. Organisé sur une superficie de près de 9,6 hectares, l’événement se tient jusqu’au 22 février (6e jour du Têt), perpétuant une tradition culturelle emblématique de la métropole méridionale depuis près d’un demi-siècle.