Les troupes de cirque jouent sans filet

Ces dernières années, plusieurs cirques du pays ont dû fermer leurs portes, incapables de rivaliser face à la concurrence des théâtres, cinémas et autres complexes de divertissement dans les grandes villes
Hanoi (VNA) – Face à la pléthore de divertissements disponibles, les enfants sont plus tentés par le cinéma ou Internet que le cirque. C’est un fait, le public se fait rare sous les chapiteaux et les artistes essaient tant bien que mal de s’adapter.
Les troupes de cirque jouent sans filet ảnh 1Beaucoup d’artistes du cirque travaillent aussi dans les films en tant qu’assistants réalisateurs. Photo : XV/CVN
Ces dernières années, plusieurs cirques du pays ont dû fermer leurs portes, incapables de rivaliser face à la concurrence des théâtres, cinémas et autres complexes de divertissement qui se sont ouverts un peu partout dans les grandes villes.

Une soirée en famille dans le monde magique du cirque pourrait bientôt n’être plus qu’un souvenir, car les enfants sont plus attirés par les  jeux en ligne, le cinéma ou d’autres loisirs que par la piste aux étoiles.

Un métier exigeant mais mal rémunéré

À Hô Chi Minh-Ville, il n’y a plus que deux troupes professionnelles, Mat troi do (Soleil rouge) et Bâu troi xanh (Ciel bleu), qui ont toutes les peines du monde à survivre. Même trouver un lieu de représentation leur est devenu difficile. «Il est triste de voir que certains théâtres sont utilisés à d’autres fins alors que nos troupes n’ont pas de place fixe pour jouer», déplore Nguyên Duc Thê, directeur du cirque de Hô Chi Minh-Ville. «Nos artistes travaillent dans de mauvaises conditions et avec du matériel désuet». Les spectacles se déroulent les week-ends, mais à perte. «Ce que nous gagnons de la vente des billets n’arrive pas à couvrir les coûts opérationnels», souffle-t-il.

Anh Tuyêt,  dresseuse d’animaux dans la troupe Mat troi do, confie que malgré tout, ses collègues s’efforcent de créer des numéros de qualité, jusqu’à travailler 12 heures par jour. Quôc Dai, qui a débuté sa carrière à 17 ans et remporté plusieurs prix lors de festivals de cirque nationaux et internationaux,  informe qu’«un numéro de 20 minutes nécessite plus de deux ans de préparation». Après 20 ans de funambulisme, il se prépare à revenir sur le plancher des vaches, ce qui est le cas de tous les acrobates approchant de la quarantaine.

Devant les salaires modiques, beaucoup d’artistes de cirque pensent à quitter la piste. Mais peu franchissent le pas, de peur de ne pouvoir rebondir ailleurs.  «J’adore mon travail, mais parfois je me dis que j’aurais dû devenir  réalisatrice ou comédienne», confie Anh Tuyêt, qui ne gagne que trois millions de dôngs (132 dollars) par mois. Les cirques d’aujourd’hui souffrent d’une désaffection du public, d’un manque d’équipements et de moyens financiers, et de numéros peu créatifs. Un cercle vicieux.

Vers un renouveau du cirque vietnamien ?

Selon l’artiste Ta Duy Nhân, le cirque vietnamien a pris un sérieux «coup de vieux» par rapport aux cirques de l’étranger. L’argent est une des clés du problème, mais pas la seule. «Aujourd’hui, faute de moyens, peu de troupes ont des tigres ou des lions, qui font toujours forte impression sur le public. Ils sont remplacés par des singes ou des chiens», constate-t-il.

«Je ne pense pas que les jeunes, en particulier ceux de la campagne, rejettent le cirque, partage Trân Thu Huong, mère de deux filles, de Dà Nang (Centre). Le problème est que le monde se développe très rapidement alors que la plupart des spectacles de cirque n’ont guère évolué en dix ans».

«Le plus important, c’est d’insuffler un vent nouveau en créant de nouveaux numéros. Pour faire revenir les foules dans les chapiteaux, il faudra éradiquer la monotonie, l’impression de déjà-vu», estime Ta Duy Anh, directeur de la Fédération nationale du cirque. Pour y parvenir, la qualité de la formation devra être rehaussée. Ladite Fédération a d’ailleurs demandé au gouvernement plus de fonds en la matière.

Selon lui, c’est un fait, les artistes de cirque ne devraient plus travailler comme il y a 30 ou 40 ans, car les enfants ne sont tout simplement plus les mêmes. Il ne faut plus se contenter de ce qui fonctionnait il y a quelques décennies. À cette époque, trois chiens, un  poney, des acrobates et des clowns satisfaisaient tout le monde. Maintenant, il faut davantage miser sur les jeux de lumière, les musiques actuelles… Bref, il faut innover. Le spectateur d’aujourd’hui recherche quelque chose de plus original que l’émerveillement devant un trapéziste, qui génère un sentiment de déjà-vu.

Enfin, il est urgent de considérer le cirque comme un patrimoine à part entière et de lui donner les moyens de se développer à la hauteur de ses ambitions. – CVN/VNA

Voir plus

La présidente de l’organisation Miss Monde, Julia Morley (au centre), assiste à un événement au Vietnam. Photo : VietnamPlus

130 candidates seront en lice au Vietnam pour Miss Monde 2026

Le Vietnam a été officiellement désigné pays hôte de la 73e édition du concours Miss Monde lors de la demi-finale de Miss Monde Vietnam 2025, le 25 mars, organisée par Sen Vang Entertainment. C’est la première fois que le Vietnam accueille Miss Monde, l’un des concours de beauté les plus anciens et les plus prestigieux au monde.

Le programme s’ouvre par des performances artistiques, avant d’inviter les visiteurs à découvrir un espace d’exposition conçu comme un véritable « jardin de lumière », où cohabitent des centaines de créations aux dimensions et aux styles variés. Photos: baotintuc.vn

À Hanoi, le Temple de la Littérature convie les lumières en son jardin

Le programme « Jardin de lumière » a ouvert ses portes dans l’espace du Jardin Giam, au sein du site historique du Temple de la Littérature (Hanoï), offrant aux visiteurs une expérience immersive unique à travers des centaines de lanternes artisanales finement réalisées par des artisans et des villages de métiers traditionnels.

Développement de la « Silver Économie » au Vietnam : transformer le défi du vieillissement en levier de croissance

Faire du patrimoine le socle de l’identité de Hanoï

Hanoï, ville du patrimoine par excellence du Vietnam, abrite pas moins de  6.489 sites historiques et culturels, près de 1.793 éléments du patrimoine culturel immatériel, des milliers de villages d’artisanat et des centaines de trésors nationaux – un réservoir d’une valeur inestimable héritée du millénaire de Thang Long.

Le palais An Dinh, trésor architectural de la ville de Hue

Le palais An Dinh, trésor architectural de la ville de Hue

Construit en 1917, le palais An Dinh comptait à l’origine dix structures. Aujourd’hui, seules trois subsistent presque intactes : la porte principale, le pavillon Trung Lap et l'édifice Khai Tuong. Ce dernier se dresse avec élégance, tel un véritable château de style européen, au cœur de l’ancienne capitale impériale de Hue.

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République, To Lam, et le Premier ministre slovaque, Robert Fico, au concert de l'amitié Vietnam-Slovaquie. Photo: VNA

Un concert d’amitié Vietnam–Slovaquie à Hanoï

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président de la République To Lam et le Premier ministre slovaque Robert Fico,a assisté à un concert de l’amitié Vietnam–Slovaquie à Hanoï, un événement symbolique illustrant le dynamisme des échanges culturels et le renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays.

Espace de représentation du chant Xoan dans la maison commune de Hung Lo, province de Phu Tho. Photo: VNA

Mettre en valeur le patrimoine dans la vie contemporaine

La Résolution n°80 établit une approche globale du patrimoine, en le considérant à la fois comme un héritage historique et comme une ressource importante pour le développement. Elle souligne la nécessité d’assurer un équilibre entre préservation et valorisation, afin que les éléments culturels puissent continuer à exister tout en répondant aux besoins de la société contemporaine.

De nos jours, cette voie est empruntée par les habitants locaux pour accéder à leurs cultures et pour leurs besoins quotidiens. Photo : Quy Trung – VNA

La route Pavie : un patrimoine oublié en voie de valorisation touristique

L’ancienne route de pierre Pavie était autrefois une voie de communication vitale reliant l'ancien district de Phong Tho (province de Lai Chau) à celui de Bat Xat (province de Lao Cai). Elle a été conçue et construite au début du 20e siècle. Aujourd’hui, ce vestige centenaire, dont certains tronçons ont été remarquablement conservés, suscite un intérêt croissant pour le développement du tourisme expérientiel et de la randonnée. Les autorités locales et les acteurs du secteur touristique y voient un potentiel majeur pour la création d’itinéraires de trekking à travers les forêts primaires, les reliefs montagneux et les villages ethniques environnants.