Hanoi, 24 décembre (VNA) –  Il y a 45 ans, fin décembre 1972, l’armée et la population du Nord Vietnam réussissaient à tenir en échec l’armée américaine lors de la plus grande offensive aérienne jamais lancée contre Hanoï, Hai Phong et certaines localités du Nord. 

 

Photo d'archives: VNA

Baptisée «Hanoï-Diên Biên Phu aérien», cette victoire revêt une signification historique, aussi bien sur le plan politique que sur les plans militaire et diplomatique. Mais elle aura surtout marqué un tournant stratégique dans la révolution vietnamienne, raccourcissant le chemin vers la libération totale du pays.
  
Décembre 1972. L’aviation américaine attaque le Nord Vietnam, dans l’espoir de le «ramener à l’âge de pierre». Son objectif? Détruire les forces économiques et défensives du Nord socialiste, de façon à obliger Hanoï à signer les accords de Paris avec des clauses favorables à Washington.

En l’espace de 12 jours et 12 nuits, du 18 au 30 décembre 1972, soldats et habitants ont abattu 81 avions américains, dont 34 B52. Les Hanoïens en ont abattu, à eux seuls, 23, ajoutant à l’histoire de la capitale une nouvelle page glorieuse intitulée «Diên Biên Phu aérien».

Une portée nationale…

Cette victoire témoigne de la justesse de la ligne politique et stratégique du Parti communiste vietnamien qui a toujours agi suivant la devise «Rien n’est plus précieux que l’indépendance et la liberté». C’est la victoire d’une nation courageuse et déterminée à vaincre tous les agresseurs, une nation qui a maîtrisé l’art de la guerre populaire, comme l’affirme le général de division Le Huy Vinh, commandant de l’armée de l’air et de la défense antiaérienne.
 
«Fortes d’une volonté de fer, l’armée et la population vietnamiennes, et notamment les forces aériennes et la défense antiaérienne, ont déjoué l’offensive stratégique d’une ampleur sans précédent des impérialistes américains», nous dit-il. «Pour la première fois dans l’histoire, les B52, ces fameuses forteresses volantes, ont été abattues. Jamais l’aviation américaine n’avait connu de telle défaite.»

«La victoire ‘Hanoï-Diên Biên Phu aérien’ de décembre 1972 a donné un coup de grâce à la volonté d’invasion des impérialistes américains, en les forçant à signer les accords de Paris qui mettraient fin à la guerre du Vietnam et ouvriraient une opportunité stratégique à la conduite de l’offensive générale du printemps 1975. Cette victoire compte certainement parmi les plus grandes victoires du peuple vietnamien au 20ème siècle», estime quant à lui le colonel Nguyen Van Luong, de l’Institut d’histoire militaire du Vietnam. 

«Hanoï-Diên Biên Phu aérien» a encore marqué une avancée spectaculaire de la défense antiaérienne, notamment sur le plan tactique, comme l’explique le général de division Nguyen Huy Vinh: «Si l’on se contente d’une comparaison simple, armes contre armes, économie contre économie, alors l’écart entre le Vietnam et les Etats-Unis était démesuré», nous dit-il.

«Mais finalement, c’est le Vietnam qui l’a emporté. Pourquoi? Parce que notre armée de l’air et notre défense antiaérienne ont toujours su faire preuve du sens de l’anticipation, de créativité, de vaillance et de détermination. Le président Ho Chi Minh l’a si bien dit, que ce soit en temps de guerre ou de paix, nous devons toujours nous tenir prêts à parer à toute éventualité. Ce n’est qu’à ce prix qu’on pourra réduire les pertes.»

… et internationale

Durant toute la résistance anti-américaine et notamment durant ces 12 jours et 12 nuits de décembre 1972, le Vietnam a reçu d’importants soutiens internationaux, aussi bien matériels que moraux. Le général de brigade Nguyen Van Ninh s’occupait à l’époque de la garde antiaérienne.
 
«Avant cette bataille, des experts soviétiques nous avaient aidés à rénover nos missiles, les équipant de dispositifs capables de débrouiller les récepteurs radars, ce qui était indispensable pour que nos radars puissent identifier les B52 et donc permettre aux missiles de les abattre», se souvient-il. «Ces experts nous avaient également aidés à réajuster tous les appareils de mesure de nos munitions et de nos missiles. Ça a pris plusieurs mois. Mais sans ce réajustement, nos missiles n’auraient pas pu toucher les B52.»

Cette victoire a eu des répercussions considérables sur le mouvement mondial de lutte pour la paix, l’indépendance nationale, la démocratie et le socialisme. Aujourd’hui, elle continue d’inspirer l’œuvre d’édification et de défense nationales. – VOV/VNA