Les puits antiques de Gio An, vestiges de la culture du Champa

Dans la commune de Gio An, district de Gio Linh, province de Quang Tri (Centre), il existe un réseau de puits antiques introuvable ailleurs.

Quang Tri (VNA) - Dans la commune de Gio An, district de Gio Linh, province de Quang Tri (Centre), il existe un réseau de puits antiques introuvable ailleurs. Construits avec de gros rochers, ces ouvrages témoignent de la civilisation rizicole de l’ancien Champa.

Les puits antiques de Gio An, vestiges de la culture du Champa ảnh 1Le puits Dào a redonné de l’eau en septembre 2015, grâce à un projet de restauration financé par la province. Photo : CTV/CVN

Une trentaine de puits sont éparpillés sur le territoire de la commune de Gio An, le long de la route N°75. «Six des huit villages de Gio An ont des puits millénaires. Nombre d’entre eux sont à l’abandon mais d’autres sont toujours utilisés pour la production agricole», révèle un vieillard local. Et d’affirmer qu’il s’agit là de vestiges de la civilisation rizicole du Champa, aux XVe - XVIIIe siècles. En 2011, un groupe de quatorze puits parmi les plus typiques de Gio An a été reconnu «vestige culturel national» par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme.

Des puits à multiples fonctions

À la différence des vieux puits de la plaine caractérisés par un trou vertical creusé dans le sol, souvent maçonné, pour atteindre la nappe, les puits de Gio An sont superficiels et formés de gros blocs de pierre bien disposés. Alimentés par des sources intarissables, ils avaient pour fonction de fournir de l’eau potable aux habitants, de servir leurs activités quotidiennes (se laver, faire la lessive...), d’abreuver le bétail et d’irriguer les champs. La dernière fonction se réalisait grâce à un réseau de canaux érigé lui aussi avec des blocs de pierre. Selon les autochtones, malgré leur construction rudimentaire, ces puits donnent toute l’année une eau limpide, fraîche en été et tiède en hiver.      

Les vieux puits de Gio An sont différents en forme et en envergure. Trois types peuvent être distingués : le giêng mang (puits - rigole), le giêng ao (puits - mare) et le giêng bi (puits - bille). Le premier comprend en amont un petit bassin (sorte de purgeoir) d’où les eaux sont conduites à travers deux rigoles en pierre pour être déversées dans un réservoir circulaire d’environ 20-40 m² et d’un mètre de profondeur. C’est dans ce réservoir qu’on puise l’eau. Les eaux sont ensuite acheminées vers un petit réservoir qui sert d’abreuvoir aux animaux, avant de couler à travers le réseau de canaux pour l’irrigation des cultures.

Les puits antiques de Gio An, vestiges de la culture du Champa ảnh 2Un giêng ao. Photo : CTV/CVN

Le giêng ao, un peu plus profond, atteint la nappe. En forme d’anneau, il est bordé de blocs de pierre. Pas de purgeoir, ni de rigole, les eaux se jettent directement dans un réservoir, avant de s’écouler vers les canaux d’irrigation. 

Le giêng bi, quant à lui, se caractérise par une paroi en pierre en forme de «caisse de tambour». Taillée à partir d’un grand rocher basaltique, cette «caisse» mesure 0,5 m de diamètre et un mètre de hauteur, avec la moitié enfouie dans le sol.    

Les puits millénaires de Gio An ont chacun un nom : Mang, Pheo, Ông, Bà, Gai, Dia, Dào, Trang, Bung, Phuong, Côi, Duoi, Nây, Tep… Des noms évocateurs qui tirent leur origine d’histoires racontées de génération en génération. Par exemple, le groupe des puits Ông (Messieurs), Bà (Mesdames) et Gai (Filles), situé près du village de Hao Son. «La tradition veut que le puits Ông servait de bains publics pour les hommes, le Bà pour les femmes et le Gai pour les jeunes filles», explique un vieillard local.

Jusqu’à la fin du XXe siècle, beaucoup de ces puits étaient l’unique source d’eau potable des habitants locaux. Jusqu’en 2003 où un projet suédois d’adduction et de distribution d’eau potable a rendu leur usage dispensable. Néanmoins, certains sont encore exploités et entretenus pour irriguer les champs.

Malheureusement, la plupart des puits antiques de Gio An sont dans un piteux état. Certains sont en ruine, d’autres ne se présentent plus que comme un amas désordonné de roches… «Depuis des millénaires, ces puits font partie de la vie des habitants de Gio An. C’est triste de les voir se dégrader ainsi. Leur disparition signifierait la perte d’un trait culturel original de cette localité», déplore Quach Dinh Dung, un historien originaire de Gio An.

Les puits antiques de Gio An, vestiges de la culture du Champa ảnh 3Dans la commune de Gio An, district de Gio Linh, province de Quang Tri (Centre), il existe un réseau de puits antiques introuvable ailleurs. Photo : Net/CVN

Renaissance d’un giêng mang

Heureusement, un plan de restauration du site a été lancé. En août 2015, le Centre de conservation des vestiges et sites célèbres (CCV-SC) de la province de Quang Tri a accordé 200 millions de dôngs pour faire revivre le puits Dao, un exemple typique de giêng mang, dans le village d’An Nha. «Il était asséché depuis longtemps. Il était urgent d’agir», explique Nguyên Quang Chuc, directeur adjoint dudit centre. Trois ans avant la mise en œuvre de ce projet, le CCV-SC a mobilisé la participation des carrières de Gio An, selon Chuc. «Les travaux ne furent pas simples. Faute de machines spécifiques, les ouvriers durent acheminer, parfois à la force de leurs bras, des rochers pesant des centaines de kilos», se rappelle-t-il. Mi-septembre 2015, devant les villageois rayonnants de joie, le puits Dào a redonné de l’eau, limpide et fraîche comme ses homologues.

Le CCV-SC de Quang Tri a débuté l’établissement d’un dossier pour la reconnaissance de ce réseau de puits millénaires de Gio An en tant que «Vestige spécial d’échelon national». Et d’espérer que dans l’avenir, ce patrimoine sera classé dans la liste du patrimoine culturel mondial. Pourquoi pas?  -CVN/VNA

Voir plus

Santuaire de My Son. Photo: VNA

My Son conjugue préservation du patrimoine et innovation numérique

Face à une concurrence croissante entre les destinations touristiques, le sanctuaire de My Son multiplie les initiatives pour préserver l’authenticité de son patrimoine tout en développant des outils numériques destinés à enrichir l’expérience des visiteurs.

La beauté originelle des récifs rocheux de Bàn Than est disposée par la nature telle une œuvre d'art au milieu de la mer. (Photo : VNA)

Au large de Dà Nang, un joyau géologique façonné il y a des centaines de millions d’années

La commune insulaire de Tam Hai (Dà Nang) est célèbre pour son site classé au patrimoine national, regroupant Ban Than, Hon Mang et Hon Dua. Cet ensemble exceptionnel abrite une formation géologique datant d’environ 400 millions d’années, dont les spectaculaires couches rocheuses d’un noir de jais témoignent de l’histoire ancienne de la Terre et de l’action millénaire des éléments marins.

Des représentants de clubs de course à pied de tout le pays participant à la conférence de presse sur la course à pied « My Vietnam 2026 ». Photo: VNA

La course à pied «Mon Vietnam 2026» devrait attirer 15.000 participants

La compétition devrait accueillir environ 15.000 participants répartis sur quatre distances : 42 km, 21 km, 9,2 km et 2,9 km. Cet événement figure parmi les principales manifestations sportives du pays, organisées dans le cadre des célébrations du 81e anniversaire de la Fête nationale du Vietnam (2 septembre 1945 – 2026).

Nguyen Phi Dung a aménagé une pièce de 50 m² au sein du siège de son entreprise familiale, équipée de climatiseurs et de déshumidificateurs, pour assurer la conservation rigoureuse de ses archives. (Photo : VNA)

Le plus grand collectionneur de journaux papier du Vietnam

Nguyen Phi Dung, résidant dans la province de Ninh Bình, est le détenteur de la plus vaste collection de presse écrite au Vietnam. Son fonds documentaire comprend plus de 400 000 exemplaires issus de plus de 1 000 titres, dont une centaine publiés avant 1954. En 2024, l’Organisation des records du Vietnam l’a officiellement reconnu comme le plus grand collectionneur de journaux parus au Vietnam, de la fin du XIXᵉ siècle à nos jours.

Un coin de Hidden Spa-Water Hope à Cam Ranh, dans la province de Khanh Hoa. Photo : T.C

L’architecture vietnamienne distinguée aux Architizer A+Awards 2026

Le projet Hidden Spa-Water Hope, conçu par l’agence vietnamienne IDEE Architects à Cam Ranh, dans la province de Khanh Hoa, a remporté le prix du jury dans la catégorie « Spa & Wellness » des Architizer A+Awards 2026, l’un des concours internationaux d’architecture les plus prestigieux.

La citadelle impériale de Hue se distingue au cœur de la ville historique. Photo: nhandan.vn

Le patrimoine, richesse vivante et moteur de croissance à Hue

La force de Hue ne réside pas seulement dans ses monuments, mais aussi dans la richesse de son univers culturel, qui permet aux visiteurs de découvrir l’histoire à travers tous les sens : contempler l’architecture, écouter la musique, savourer la gastronomie et partager le quotidien des habitants.

Le chant quan họ est considéré par les enseignants comme un outil efficace pour l’enseignement du vietnamien aux publics internationaux. Photo : VNA

Le vietnamien au cœur du lien entre la diaspora et la Patrie

À l’occasion du 5e anniversaire du Réseau mondial d’enseignement du vietnamien et de la culture vietnamienne, enseignants et représentants de la diaspora ont réaffirmé le rôle central de la langue vietnamienne dans la préservation de l’identité culturelle et le rapprochement des communautés vietnamiennes à travers le monde.

L'Italie confirme son rang de champion avec une prestation magistrale qui captive le public du DIFF. Photo : Sun Group

La magie des feux d’artifice allemands et macanais va enchanter Dà Nang

La soirée programmée samedi 20 juin sur le thème «Créativité» mettra en scène deux compagnies pyrotechniques de renom, l’une allemande et l’autre macanaise (Chine), représentant des styles artistiques contrastés d’Europe et d’Asie. Elle promet des expériences artistiques inédites, où feux d’artifice tissent des liens entre culture, technologie et imagination.