Lê Ba Chung, gardien du métier de doreur à Kiêu Ky

Après plus de 40 ans à exercer le métier de doreur, Lê Ba Chung est une des personnes qui ont contribué le plus à la restauration et au développement de ce métier dans le village de Kiêu Ky...
Lê Ba Chung, gardien du métier de doreur à Kiêu Ky ảnh 1L’artisan Lê Ba Chung au travail. Photo : Van Trà/CVN

Hanoï (VNA) - Après plus de 40 ans à exercer le métier de doreur, Lê Ba Chung est une des personnes qui ont contribué le plus à la restauration et au développement de ce métier dans le village de Kiêu Ky (district de Gia Lâm, en banlieue de Hanoï), apportant des emplois à de nombreux travailleurs ruraux.

À une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Hanoï se trouve Kiêu Ky, un ancien village du delta du fleuve Rouge renommé depuis des décennies pour la fabrication de feuilles d’or et d’argent. Il s’agit du seul village au Vietnam à encore perpétuer ce métier traditionnel.

"Le métier de doreur est propre au village de Kiêu Ky. Après la démobilisation, j’ai souhaité restaurer ce métier ancestral. Je suis de la 3e génération à le perpétuer. Je l'ai transmis à mes enfants en tant que 4e génération. J'aime ce métier depuis mon enfance", dit l’artisan Lê Ba Chung.

La fabrication de feuilles d’or et d’argent doit respecter de nombreuses étapes, toutes marquées par des opérations minutieuses. Au total, une quarantaine sont requises pour obtenir des feuilles bien plus minces que celles du riz. Et la plupart sont faites à la main.

"Dans la fabrication des feuilles d’or et d’argent, chaque étape est importante. Le martelage des bandes d’or ou d’argent d’une extrême minceur est l'étape à laquelle les travailleurs doivent prêter le plus d'attention. Sinon, le produit risque d’être endommagé. Parce que la valeur des feuilles d’or est élevée, les artisans consacrent beaucoup d’efforts et de temps afin d’obtenir des résultats optimaux, partage-t-il. La dernière étape qui consiste à dégager la feuille d’or ou d’argent de son support, est aussi importante. Ceux qui sont habiles et n'ont pas les mains moites peuvent devenir doreur".

Les précieuses lamelles servent ensuite à orner des sentences parallèles, des panneaux transversaux, des statues dans les pagodes, les mausolées, les temples, les palais… Les produits de Kiêu Ky étant étroitement liés à la vie spirituelle des Vietnamiens, et ce depuis des siècles. Ces feuilles d’or et d’argent renforcent la solennité des lieux de culte. Elles montrent également l’immense respect des Vietnamiens pour leurs divinités et leurs ancêtres.

Près de 40 ans dans le métier

Le bruit des marteaux est de nos jours omniprésent dans le village de Kiêu Ky. Mais peu de gens savent qu'il y a près de 15 ans, le village était silencieux. Le tournant ne date en effet que de 2003, lorsque Lê Bá Chung décida de relancer ce métier.

"Je produis des feuilles d’or et d’argent depuis des décennies. Les premières années, les produits de Kiêu Ky n’étaient vendus que dans quelques endroits du pays. Actuellement, ils sont présents dans bien des ouvrages du Nord au Sud, d’espaces intérieurs privés aux plus grands vestiges historiques et culturels", confie l’artisan.

Chung a encouragé les villageois à établir des coopératives de production. L’artisan a aussi collaboré avec le Centre d’encouragement industriel et de conseil au développement industriel (relevant du Service de l’industrie et du commerce de Hanoï) pour ouvrir cinq cours de formation professionnelle. Désormais, on compte à Kiêu Ky une coopérative de feuilles d’or et d’argent, 13 groupes de production, 60 foyers producteurs avec un total de plus de 500 employés payés de 5 à 7 millions de dôngs par mois.

Lê Ba Chung, gardien du métier de doreur à Kiêu Ky ảnh 2Les produits de Kiêu Ky sont présents dans de nombreux ouvrages du Nord au Sud. Photo : Quê Anh/CVN

"J'ai eu la chance d'être né dans le village de métier de Kiêu Ky. J'ai appris le métier auprès des maîtres artisans, dont Lê Ba Chung. Maintenant, je veux poursuivre ce métier traditionnel et rendre mes produits de plus en plus sophistiqués", fait savoir Hoàng Bao Lôc, fabricant des feuilles d’or et d’argent.

"Je souhaite que notre village se développe durablement. J’apprends aux apprentis à exceller dans leur travail et être honnête. L’honnêteté est l’une des raisons pour lesquelles les clients se souviennent du village de Kiêu Ky. Faire du bon travail avec un bon cœur rendra le métier durable", conclut Lê Ba Chung.

Avec ses nombreuses contributions à la préservation et à la promotion du métier de doreur à Kiêu Ky, Lê Bá Chung s’est vu décerner en 2004 le titre d’"Artisan de Hanoï" par le Comité populaire municipal. En 2016, il a reçu le titre d'Artisan Émérite. En 2017, il a été honoré en tant que "Citoyen d’élite de la capitale". -CVN/VNA

Voir plus

Cette œuvre a été imprimée en écriture vietnamienne Quoc ngữ en 1883. Photo: VNA

Francisco de Pina et le Quôc ngu : un pont culturel entre Vietnam et Portugal

L’Association pour la promotion de la culture vietnamienne (APCV), en partenariat avec la ville portugaise de Guarda, organise les 7 et 8 octobre une série d’événements rendant hommage à Francisco de Pina, pionnier du Quôc ngu, tout en renforçant les échanges culturels et la coopération bilatérale.

Numérisation de livres sur feuilles de latanier, financée par le Fonds canadien d'initiatives locales. Photo: VOV

Les sutras gravés sur feuilles de latanier entrent dans l’ère du numérique

Grâce à la numérisation et aux efforts de transmission, les sutras sur feuilles de latanier trouvent aujourd’hui de nouvelles voies pour être valorisés. Longtemps conservés dans les armoires en bois des pagodes, ces trésors de savoir et de spiritualité peuvent désormais être partagés avec un public plus large.

Des activités d'échange culturel ont lieu à l'Espace culturel Due Tam Tra. Photo: SGGP

Un échange culturel pour renforcer les liens entre les peuples de l'ASEAN à Ho Chi Minh-Ville

Un échange culturel intitulé "Connecter les peuples de l'ASEAN" s'est déroulé au sein de l'espace culturel Due Tam Tra, dans la commune de Chau Pha, où les convives ont été initiés à l'art ancestral du thé vietnamien. Les délégués ont pris part au rituel de l’invitation au thé dans un esprit d’amitié, et ont dégusté du thé ainsi que des pâtisseries traditionnelles.

L’ancien récif corallien de Hang Rai est reconnu par les scientifiques pour sa grande valeur géologique ainsi que pour son intérêt majeur dans l’étude de l’histoire naturelle de la région. Photo : VNA

À la découverte de Hang Rai, joyau naturel de Khanh Hoa

Situé dans la commune de Vinh Hai, dans la province de Khanh Hoa, le site de Hang Rai constitue l’un des joyaux naturels du parc national de Nui Chua, intégré à la Réserve de biosphère mondiale éponyme reconnue par l’UNESCO. Ce paysage d’exception se distingue par son ancien récif corallien fossilisé aux formes spectaculaires, façonné par le temps et les éléments, ainsi que par son relief grandiose mêlant falaises rocheuses escarpées et littoral sauvage. 

Andrey Tatarinov, ancien ambassadeur de Russie au Vietnam. Photo: VNA

Mise à l’honneur la langue vietnamienne à travers le 5e concours national de traduction en Russie

L’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO) a accueilli à Moscou la finale de la 5ᵉ édition du concours national de traduction du vietnamien, un événement devenu incontournable qui témoigne de l’attrait croissant pour la langue et la culture vietnamiennes en Russie, tout en contribuant à former une nouvelle génération de spécialistes au service du rapprochement entre les deux pays.