La résistance aux antibiotiques est une «menace fondamentale»

La résistance aux antimicrobiens est une menace émergente pesant sur la santé publique, qui nécessite un effort coordonné au niveau mondial.
La résistance aux antibiotiques est une «menace fondamentale» ảnh 1La résistance aux antimicrobiens est une menace émergente pesant sur la santé publique. Photo : VNA
 

Hanoï (VNA) - La résistance aux antimicrobiens est une menace émergente pesant sur la santé publique, qui nécessite un effort coordonné au niveau mondial.

Lors de la conférence organisée récemment à Hanoï, le président de l’Association de réanimation et d’antitoxine du Vietnam, le Professeur Nguyên Gia Binh, a exprimé son inquiétude sur la résistance aux antibiotiques dans notre pays. Selon lui, «la plupart des hôpitaux ou des cliniques  du pays doivent faire face au développement rapide des bactéries résistantes à de nombreux antibiotiques».

«Dans les provinces du Sud, a fait savoir le Pr. Ass.-Dr. Doàn Mai Phuong, chef du Département de microbiologie de l’hôpital Bach Mai, la bactérie Escherichia coli (intestinale) présente une résistante aux antibiotiques chez plus de 74% des cas. La bactérie Klebsiella pneumonia (infection des voies respiratoires) près de 60% et les bactéries à Gram négatif  plus de 90%». Et 50% des bactéries sont résistantes aux  antibiotiques de la classe des carbapénèmes, considérés comme les antibiotiques les plus puissants. En particulier, des bactéries à Gram négatif résistent à des médicaments comme le Bêta-lactamase.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a une liste "d'agents pathogènes prioritaires" résistants aux antibiotiques. L’OMS met plus particulièrement en avant la menace des bactéries à Gram négatif résistantes à de nombreux antibiotiques. Elles ont des capacités intégrées de trouver de nouveaux moyens de résister aux traitements et peuvent transmettre le matériel génétique permettant à d'autres bactéries de devenir elles aussi résistantes. La liste de l'OMS comporte trois catégories selon l'urgence du besoin de nouveaux antibiotiques : critique, élevé ou moyen.
 
Le groupe le plus critique comporte des bactéries multi-résistantes qui représentent une menace particulière dans les hôpitaux, les maisons de retraite ou pour les patients dont les soins imposent d'utiliser des dispositifs comme des respirateurs ou des cathéters sanguins. Il comporte Acinetobacter, Pseudomonas et diverses entérobactéries (dont Klebsiella, Escherichia coli, Serratia, et Proteus). Elles peuvent provoquer des infections sévères, souvent mortelles, telles que infections sanguines et pneumonies.
 
Le deuxième et le troisième groupe de la liste - les catégories de priorité élevée et moyenne- comportent d'autres bactéries de plus en plus résistantes provoquant des maladies plus courantes telles que la gonorrhée ou les intoxications alimentaires par les salmonelles.

Bond de la consommation d’antibiotiques

D’après l'OMS, le Vietnam est un des pays consommant le plus d’antibiotiques dans le monde. Depuis 2009, l’utilisation des antibiotiques a doublé. Plus de 88% des antibiotiques sont vendus sans ordonnance. En outre, selon l’hôpital Cho Rây, environ 50% des ordonnances d’antibiotiques prescrites ne sont pas rationelles. Et 32% des médecins demandent l’utilisation d’antibiotiques à des patients qui n’en ont pas véritablement besoin.

Si le nombre de virus résistants aux antibiotiques augmentent de plus en plus,  la recherche pour découvrir de nouveaux antibiotiques est encore limitée. Depuis 2008, il n’y a pas eu de nouveaux antibiotiques découverts.

Selon les prévisions de l’OMS, d’ici 2050, il y aura environ 10 millions de morts chaque année à cause des virus résistants aux antibiotiques. Face à ce problème, le ministère vietnamien de la Santé a décidé d’établir un groupe de contrôle pendant la période 2017-2020.-CVN/VNA

Voir plus

Da Nang investit massivement dans la modernisation de ses équipements médicaux, en privilégiant l'efficacité des tests et de l'imagerie diagnostique selon les normes internationales. Photo : VNA

Le Vietnam mise sur le tourisme médical pour créer de la valeur ajoutée

Le développement du tourisme médical ouvre de nouvelles perspectives, contribuant à diversifier les produits touristiques, à améliorer la qualité des services de santé et à créer de la valeur supplémentaire pour l'économie. Fort de son système de santé, de sa médecine traditionnelle et de ses ressources naturelles et médicinales abondantes, le Vietnam dispose de nombreux atouts pour développer le tourisme médical.

Soins de santé et séances de kinésithérapie pour les patients à l’hôpital de Da Nang. Photo : VNA

La médecine traditionnelle, un atout pour le tourisme de bien-être

Grâce à la richesse de ses ressources médicinales et à son patrimoine de médecine traditionnelle, le Vietnam dispose d’atouts importants pour développer le tourisme de bien-être. La valorisation de ce potentiel passe toutefois par la préservation des ressources génétiques, la normalisation de la production, la recherche scientifique et la création de produits et services à forte valeur ajoutée, alliant soins de santé et patrimoine culturel.

L’hôpital central de Huê a réalisé avec succès deux transplantations rénales consécutives grâce au système de conservation LifePort, portant à cinq le nombre total de greffes utilisant cette technologie. Photo: VNA

L’Hôpital central de Huê établit un record : un rein conservé 18 heures avant une transplantation à longue distance

L’hôpital central de Huê a réalisé avec succès deux transplantations rénales consécutives grâce au système de conservation LifePort, portant à cinq le nombre total de greffes utilisant cette technologie. L’une d’elles a notamment permis de transporter un rein sur plus de 1 800 km, avec environ 18 heures d’ischémie froide, illustrant les progrès de la médecine vietnamienne en matière de conservation des organes et de coordination des équipes médicales.

Le 13 mars 2026, l’hôpital Việt Đức a réalisé une série de transplantations à partir d’un donneur en état de mort cérébrale. Photo : VNS

Transplantation d’organes : la médecine vietnamienne franchit de nouveaux caps.

Avec 34 centres spécialisés et la maîtrise de techniques complexes, notamment les transplantations de plusieurs organes et les greffes en « domino », le Vietnam renforce ses capacités dans le domaine de la transplantation, tout en poursuivant le développement de la recherche et le transfert de technologies médicales de pointe.

Chirurgie robotique de transplantation d’organes à l’hôpital Binh Dân. Photo: VNA

La médecine vietnamienne consacre son expertise dans les greffes multiples

Grâce à son réseau de 34 centres de transplantation actifs, le système de santé national a dépassé le stade des greffes d’organes isolés et maîtrise désormais des interventions d’une grande complexité. Ces avancées médicales et les recherches associées sont aujourd’hui en lice pour le prestigieux Prix Hô Chi Minh des sciences et technologies.

Vaccination des enfants contre la grippe pour réduire le risque de propagation de la grippe A. Photo: VNA

Forte hausse des cas de grippe A au sein de la communauté

Hô Chi Minh-Ville a recensé 34 664 cas d’infections respiratoires aiguës au cours de la première semaine d’octobre, soit une hausse de plus de 64 % par rapport à la moyenne des quatre semaines précédentes. Face à la progression de la grippe A, les autorités sanitaires appellent la population à renforcer les mesures de prévention, notamment auprès des personnes vulnérables.

Le Vietnam entend faire de la médecine traditionnelle un pilier de son système de santé et un secteur économique à forte valeur ajoutée. Photo: VNA

Le Vietnam entend développer une médecine traditionnelle globale, moderne et scientifique

Le Vietnam entend faire de la médecine traditionnelle un pilier de son système de santé et un secteur économique à forte valeur ajoutée. La stratégie nationale adoptée à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2045, mise sur l’intégration des soins traditionnels et modernes, le développement de l’industrie des plantes médicinales, l’innovation scientifique et la valorisation des savoirs ancestraux, tout en renforçant le rayonnement international du pays.

Le camélia doré, une plante médicinale précieuse, est largement cultivé dans la province de Thai Nguyen. Photo diffusée par la VNA

La science et la technologie révolutionnent la filière des plantes médicinales

Fort de ses riches ressources médicinales et d’une longue tradition en la matière, le Vietnam possède le potentiel de développer une filière de plantes médicinales compétitive à l’échelle internationale. Toutefois, pour concrétiser ce potentiel, il est nécessaire de mettre en œuvre des politiques plus vigoureuses et de recourir davantage à la science et à la technologie.