La BEV prône une surveillance accrue des organismes de crédit

Cette année, la Banque d’État du Vietnam (BEV) garde un œil attentif sur les organismes de crédit à faible capacité financière et le traitement des créances douteuses. La restructuration concerne tout le système bancaire. Entretien avec Nguyên Phuoc Thanh, vice-gouverneur de la BEV.
Cette année, la Banque d’État du Vietnam (BEV) garde un œil attentif sur les organismes de crédit à faible capacité financière et le traitement des créances douteuses. La restructuration concerne tout le système bancaire. Entretien avec Nguyên Phuoc Thanh, vice-gouverneur de la BEV.

- Quelles sont les orientations de direction de la BEV dans ses politiques monétaires en 2015 ?

Le secteur bancaire suit cette année de près les objectifs de la Résolution de l’Assemblée nationale sur le développement socio-économique en 2015 dont la stabilité macroéconomique, la maîtrise de l’inflation à 5% et la croissance économique, prévue à 6,2%. En conséquence, la BEV continue de diriger ses politiques monétaires de manière flexible et active en vue de maîtriser l’inflation au taux prévu, de stabiliser le marché monétaire, d’augmenter les réserves de change et de garantir la solvabilité des organismes de crédit.

Autre point important, nous nous concentrerons dans le traitement des créances douteuses et poursuivons la restructuration des organismes de crédit selon le processus fixé. Durant la direction de ses politiques, la BEV suivra de très près les évolutions du marché pour procéder à des rajustements opportuns.

- Le secteur bancaire est le secteur ayant fait le plus d’avancées dans le processus de restructuration. Quels sont les résultats les plus marquants ?


Trois ans après leur mise en œuvre, le programme de restructuration des organismes de crédit pour la période 2011-2015 et celui du traitement des créances douteuses sont en bonne voie, respectent les délais engagés et enregistrent de premiers résultats encourageants. La BEV a approuvé les projets de restructuration des quatre banques commerciales publiques et des 20 banques commerciales privées.

L’accélération des mesures destinées à réviser l’activité des organismes de crédit pour interdit bancaire (FICP) et des banques étrangères, qui se poursuit, apporte des premiers résultats optimistes, avec notamment la réduction du nombre d’établissements en activité réduite. Pour le système bancaire, cela se traduit par sept organismes de crédit, deux filières de coentreprises bancaires, quatre filières de banques étrangères et cinq Caisses d’épargnes et de crédits populaires en moins par rapport à la mise en application de ces programmes. Ces établissements ont soit été l’objet d’une fusion, d’une reconversion ou contraints de déposer le bilan.

En première ligne sur le front de la restructuration, les organismes de crédit accordent une importance toujours plus grande au renouvellement et à l’optimalisation de l’efficacité de leurs mécanismes de management, de direction, de contrôle, d’audit interne. Ils sont actifs dans la révision de leurs activités commerciales et domaines d’investissement, l’application des technologies de l’information, dans l’optique d’améliorer leur compétitivité, de se moderniser. Les organismes de crédit ont notamment augmenté leur fonds social dédié à la prévention des risques.

D’après les statistiques, en novembre 2014, le capital statutaire de l’ensemble du système atteignait 435.290 milliards de dôngs, en hausse de 3,2% par rapport à fin 2013, et de 23% par rapport à fin 2011. Afin de s’attaquer au problème des créances douteuses, la BEV a décidé de lancer le processus de restructuration des organismes de crédit en parallèle à celui du traitement des créances douteuses. 2014 a été une année charnière dans la mise en œuvre du programme de traitement des créances douteuses avec l’ambition de les ramener à un seuil dit «de sécurité» vers la fin de cette année.

La BEV a demandé aux organismes de crédit de lui transmettre leurs plans détaillés dans ce domaine, en n’omettant aucun détail. Les rapports de ces organismes ont montré que le total des créances douteuses traitées au cours des dix premiers mois de 2014 s’élevait à près de 77.000 milliards de dôngs.

- Pourriez-vous nous apporter des précisions sur le plan de la BEV pour atteindre les objectifs de la restructuration bancaire ?


2015 est la dernière année d’application du programme de restructuration des organismes de crédit pour la période 2011-2015. Nous nous concentrons dans la mise en œuvre des contenus principaux suivants : les organismes de crédit à capacité financière réduite sont sur la sellette, puisque directement concernés par des mesures fortes comme dissolution, mise en faillite, intervention forcée, etc. Ensuite, le rôle des banques commerciales étatiques sera valorisé. Elles sont appelées à participer activement aux fusions-acquisitions ou au rachat d’autres organismes de crédit.

Dans le même temps, nous procèderons à la réorganisation des banques de coopératives et des Caisses d’épargnes populaires. Dans ce dossier, la BEV ne fera aucune concession aux Caisses d’épargnes populaires à faible capacité financière et/ou à risques. Autre question, nous continuons de mettre un terme aux participations de fonds croisés dans les banques commerciales, l’optique étant d’établir des organismes de crédit compétitifs au rayon d’action important. La BEV continue d’accélérer le traitement des créances douteuses, de demander aux organismes de crédit d’augmenter le fonds social, de renforcer les inspections sur le respect des engagements de renouvellement de ces organismes.

La BEV continue de promulguer de nouvelles réglementations liées à l’administration bancaire selon la pratique internationale. Nous pensons également, à moyen terme, à l’application des normes Bâle II, un dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques bancaires et principalement le risque de crédit ou de contrepartie et les exigences, pour garantir un niveau minimum de capitaux propres, afin d'assurer la solidité financière. – VNA

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