Escrime : de l'espoir malgré les difficultés

L'escrime a été l'un des succès du Vietnam lors des dernières éditions des Jeux d'Asie du Sud-Est. Cependant, cette discipline connaît actuellement une période de transition et cherche les jeunes talents
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L'escrime intègre le programme olympique depuis 1896. Photo : VNA

Hanoi (VNA) - L'escrime a été l'un des succès du Vietnam lors des dernières éditions des Jeux d'Asie du Sud-Est. Cependant, cette discipline connaît actuellement une période de transition et cherche les jeunes talents de demain qui reprendront le flambeau.

Étant à la base un sport réservé à la noblesse européenne, l’escrime n’a été introduite au Vietnam qu’au début du XXIe siècle. Malgré tout, en seulement quelques années, cette discipline a été rapidement couronnée de succès lors des tournois régionaux.

Selon Phùng Lê Quang, chargé de l’escrime au Département général de l’éducation physique et des sports, la pratique de cette discipline exige un équipement spécifique : une tenue (sous-cuirasse, veste, pantalon), un masque, une arme (épée, fleuret ou sabre) dont le coût s’élève à plus de 1.000 euros. Par manque de moyens, l’équipement disponible se limite au strict minimum (environ 30% d’un équipement complet) ne permettant pas un entrainement dans de bonnes conditions.

Des difficultés à lever

"Le matériel d’entraînement sportif est un défi non seulement pour l’escrime, mais aussi pour d’autres disciplines à cause du manque de financement. En outre, les armes utilisées en escrime figurent sur la liste des armes soumises à licence par le Ministère de la police. À cause des lenteurs administratives, même si les fonds sont disponibles, il y a toujours un temps de latence pour obtenir les armes", dévoile le vétéran Phùng Lê Quang.

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L’escrime nécessite un équipement spécifique pour garantir la sécurité des pratiquants. Photo : CTV/CVN

 

L’escrime vietnamienne s’est fait connaître grâce à la domination de sa "génération dorée" avec Lê Dung, Trân Thi Len, Tiên Nhât, Thành An, Nhu Hoa. Cependant, Nhu Hoa est la seule à continuer encore à parader et riposter alors que ses camarades se sont déjà reconvertis depuis quelques années pour assurer la formation des jeunes.

"Heureusement, nous avons déjà identifié de jeunes espoirs à fort potentiel dans la disciple de l’épée féminine. Elles sont encore jeunes et ne peuvent pas encore obtenir les mêmes résultats que leurs prédécesseurs comme Nguyên Thi Nhu Hoa et Trân Thi Len mais avec de bonnes conditions d’entrainement, les résultats devraient arriver", partage Phùng Lê Quang.

Et de continuer : "En raison de la pandémie de COVID-19, la sélection nationale du Vietnam n’a pu participer à aucun tournoi international. Elle s’est entraînée seulement au Centre sportif national. C’est une difficulté à surmonter pour les escrimeurs en particulier et tous les sportifs en général".

Malgré cette période de transition, l’escrime vietnamienne poursuit l’objectif de se hisser en tête de la zone de l’Asie du Sud-Est. Le Vietnam s’est fixé comme objectif de remporter quatre médailles d’or sur douze épreuves aux 31es Jeux sportifs d’Asie du Sud-Est (SEA Games 31), qui se tiendra au Vietnam.

Les espoirs de médailles reposent sur Vu Thành An, Nguyên Xuân Loi en sabre, Nguyên Tiên Nhât en épée et Nguyên Minh Quang en fleuret. Pour atteindre ces objectifs, l’escrime vietnamienne devra battre de nombreux adversaires, et notamment Singapour. Aux SEA Games 28 organisés à Singapour en 2015, le Vietnam avait terminé en tête du classement par nations en obtenant huit médailles d’or, contre trois pour le pays hôte. Mais depuis, ce pays insulaire n’a cessé d’investir dans cette discipline onéreuse.

"Une série de clubs professionnels se sont ouverts pour encourager la pratique de l’escrime et faciliter l’entraînement d’un grand nombre de sportifs de l’équipe nationale de Singapour. Le pays a même invité jusqu’à 18 experts étrangers pour soutenir la formation spécialisée.  De son côté, le Vietnam fait face à un manque criant d’effectif depuis quelques années. Outre Singapour, la Thaïlande et les Philippines sont des adversaires puissants à vaincre pour remplir l’objectif fixé", affirme Phùng Lê Quang.

La lumière au bout du tunnel

Malgré de nombreuses inquiétudes, le Championnat national d’escrime qui vient de se terminer à Hanoï a montré de bons signes pour ce sport de combat. Certains jeunes prouvent progressivement leur capacité à remplacer leurs seniors. Les jeunes épéistes Nguyên Phuong Kim (1999) et Nguyên Thi Trang (1998) ont surpris tout le monde en battant respectivement les deux médaillées d’or et de bronze aux Jeux olympiques 2016 : Nguyên Thi Nhu Hoa (1984) et Hà Thi Sen (1983). Ces dernières sont considérées comme les meilleures athlètes en épée dans l’arène régionale. Dans les autres épreuves, les sportifs comme Vu Thành An en sabre ou Nguyên Minh Quang en fleuret font également partis des meilleurs de la région.

"La nouvelle génération, notamment Nguyên Phuong Kim et Nguyên Thi Trang, s’entraîne depuis 8 à 10 ans en préparation des SEA Games 32 de 2023. Elles ont la capacité d’écrire une nouvelle histoire du sport vietnamien grâce à un entraînement acharné et continu. L’escrime vietnamienne est en train de vivre sa transition de générations, avec d’une part l’expérience et la bravoure, et d’autre part l’ambition de la jeunesse. C’est un signal positif pour favoriser l’apparition de nouveaux talents et préparer les SEA Games 31", partage Pham Anh Tuân, entraîneur-chef de l’équipe nationale d’escrime, avec l’œil brillant.-CVN/VNA

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