Une série de banques ferme la porte aux acteurs étrangers

La mobilisation de fonds étrangers pour augmenter les capacités financières est toujours une des préoccupations des banques. Pourtant, la pandémie de COVID-19 ébranle cette tendance.
Une série de banques ferme la porte aux acteurs étrangers ảnh 1La HD Bank a réduit le taux de parts détenues par des acteurs étrangers de 30% à 21,5% cette année. Photo : VNA/CVN


Hanoi (VNA) - La mobilisation de fonds étrangers pour augmenter les capacités financières est toujours une des préoccupations des banques. Pourtant, la pandémie de COVID-19 ébranle cette tendance. De nombreuses banques annoncent leur décision d’arrêter d’élargir leur part de participation étrangère.

Pour 2020, la Techcombank a fixé la part des acteurs étrangers à 22,5% de son capital statutaire contre 30% prévue auparavant. Chez HD Bank, ce taux a également été revu à la baisse, passant de 30% à 21,5%, la banque voulant saisir de meilleures opportunités lorsque la pandémie de COVID-19 sera sous contrôle intégral au niveau mondial. Une décision similaire a été prise par VPBank qui a décidé de réduire la participation des acteurs étrangers à 15%, contre 22,7% adoptée au début de l’année.
 
Jusqu’ici, conformément à la Loi sur les institutions de crédit et à l'arrêté gouvernemental N°01 de 2014, l’actuel taux d’actions des investisseurs stratégiques étrangers ne doit pas dépasser 20% du capital social d’un établissement de crédit national et plus de 30% chez une banque vietnamienne.
 
En vertu de la Loi sur la Bourse 2019 qui entrera en vigueur début 2021, le Comité d’État pour la Bourse prévoit de priver les banques du droit de décider elles-mêmes du taux de parts vendues aux acteurs étrangers. Cette proposition, avancée dans le pré-projet de l’arrêté soumis au gouvernement, suscite diverses opinions chez les banquiers et les experts.

Au dire des experts, le secteur bancaire reste sensible. Compte tenu de son poids dans l’indice national, une plus grande ouverture aux investisseurs étrangers doit être bien contrôlée afin d’éviter toute dérive négative.

Pourtant, selon les banquiers, le fait que les banques ne puissent décider du taux d’actions cédées aux acteurs étrangers risque de rendre plus difficile la recherche de partenaires stratégiques et l’élaboration de stratégies à long terme.
 
Engagement dans le cadre de l’EVFTA
 
D’ici à cinq ans, deux banques européennes pourront investir jusqu’à 49% dans le capital de certaines banques commerciales vietnamiennes, conformément aux engagements concernant le secteur financier de l’Accord de libre-échange Union européenne - Vietnam (EVFTA), qui est entré en vigueur le 1er août 2020.

Cependant, quatre banques n'y sont pas concernées et l’État devra toujours en détenir le plus grand nombre d’actions : Agribank, BIDV, Vietcombank et Vietinbank.

Alors, quelles banques commerciales vietnamiennes sont-elles les plus en vue? D’après les experts, les quatre établissements les plus rentables en tête de liste sont ACB, MB, Techcombank et VPBank. Ils sont suivis de près par cinq plus petites banques : HDBank, LienVietPostBank, SHB, TPBank et VIB.

Cependant, selon les économistes, il sera difficile pour les banques européennes de détenir jusqu’à 49% du capital d’une banque vietnamienne. Le Dr Lê Xuân Nghia, économiste expert du secteur bancaire, explique qu’après la crise financière de  2008, l’Union européenne (UE) a serré la vis aux investissements à l’étranger. Par conséquent, le drainage de capitaux directs de l’UE par les banques vietnamiennes ne serait potentiel que sur le moyen et long termes.

"Les banques en Europe ont pleinement répondu aux normes Bâle II, voire Bâle III. Les investisseurs européens ont également tendance à restructurer les grands groupes financiers et les banques en mettant l’accent sur l’amélioration de la qualité des actifs, et non l’élargissement, afin d’éviter les risques de crise. Ainsi, dans l’immédiat, je ne vois pas encore la possibilité pour les banques et les groupes financiers de l’UE de verser des capitaux au Vietnam", estime-t-il. "L’EVFTA permet aux banques et aux fonds de l’UE d’investir directement dans le système bancaire vietnamien, mais l’afflux de capitaux européens dans le pays est peu probable. Par conséquent, je pense que ce secteur national bénéficiera indirectement de cet accord", prévoit le Dr Lê Xuân Nghia.
 
À rappeler que les normes Bâle II (le second accord de Bâle) constituent un dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques bancaires, principalement le risque de crédit ou de contrepartie et les exigences, pour garantir un niveau minimum de capitaux propres, afin d’assurer la solidité financière. Bâle III constitue la troisième série d’accords établis par le Comité de Bâle, après ceux dits de Bâle I et de Bâle II. Cette fois, l’objectif est d’accroître la capacité de résilience (c’est-à-dire la capacité à s’adapter à la conjoncture) des grandes banques internationales. -CVN/VNA

Voir plus

Vue de la ligne d'horizon de Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA

Le Vietnam met résolument le cap sur une croissance à deux chiffres

Le nouveau Premier ministre Lê Minh Hung a déclaré lors de son discours d’investiture mardi 7 avril que "l’objectif d’une croissance moyenne du PIB supérieure à 10% par an sur la période 2026-2031 est un impératif de développement pour concrétiser les objectifs stratégiques du pays".

Industrie navale à Hai Phong : l’innovation au service de l’intégration

Industrie navale à Hai Phong : l’innovation au service de l’intégration

De la conception initiale à l’usinage en circuit fermé, la parfaite synergie entre l’expérience artisanale et la maîtrise des technologies modernes par les ouvriers permet de livrer des navires en acier conformes aux standards internationaux, alliant robustesse, précision et excellence opérationnelle.

Espace d'exposition et de présentation de produits lors de l'AI Day 2026. Photo : VNA

L’économie de l’IA, une opportunité majeure pour le Vietnam

Le concept d’économie de l’IA a été abordé pour la première fois par le Centre national d’innovation (NIC), l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et le Boston Consulting Group (BCG) dans un rapport publié à la mi-2025. Selon ce rapport, d’ici 2040, l’IA pourrait apporter jusqu’à 130 milliards de dollars au PIB du Vietnam, soit environ 25 % de la taille actuelle de l’économie.

Photo d'illustration : VNA

Les zones industrielles vertes, un levier stratégique pour attirer les IDE

Ho Chi Minh-Ville se positionne en pionnière dans le développement de zones industrielles vertes, écologiques et intelligentes, considérées comme un pilier stratégique pour attirer les investissements directs étrangers (IDE) de nouvelle génération, renforcer la compétitivité et s’intégrer davantage dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Chargement et déchargement de conteneurs importés au port international de Nghi Son, quartier de Nghi Son, province de Thanh Hoa. Photo : VNA

Les médias indonésiens soulignent l'influence économique croissante du Vietnam

Le Vietnam affirme sa montée en puissance économique en Asie du Sud-Est. Même s’il ne figure pas encore parmi les dix premières économies du continent, le pays gagne en influence dans la production, l’électronique et les chaînes d’approvisionnement régionales, reflétant le basculement du centre économique asiatique vers la Chine, l’Inde et l’Asie du Sud-Est.

Photo: VNA

Accélérer le décaissement de l’investissement public pour soutenir la croissance

Accélérer le décaissement de l’investissement public est essentiel pour soutenir la croissance du Vietnam en 2026. Malgré des ressources budgétaires record et une dynamique positive au premier trimestre, des obstacles persistants – notamment dans le secteur de la construction – continuent de freiner l’efficacité de ce levier stratégique.