Ramuwam, la fête qui unit et renforce l’identité culturelle des Chams Bani

Chaque année, les Chams adeptes de l’Islam Bani célèbrent Ramuwam, l’une de leurs fêtes les plus importantes. En 2025, cette période s’étend du 28 février au 29 mars.

Les Cham dans la province de Binh Thuân célèbrent le Ramuwan. Photo: VNA
Les Cham dans la province de Binh Thuân célèbrent le Ramuwan. Photo: VNA

Hanoi (VNA) - Chaque année, les Chams adeptes de l’Islam Bani célèbrent Ramuwam, l’une de leurs fêtes les plus importantes. En 2025, cette période s’étend du 28 février au 29 mars. Ce mois sacré ne se limite pas au jeûne et aux prières adressées à Allah, mais se caractérise également par des rites d’entretien des tombes, des offrandes aux ancêtres et de nombreuses activités culturelles et sportives.

Dans les foyers chams, l’effervescence précède Ramuwam. À Binh Thang, un hameau de la province de Binh Thuân (Centre), Tôn Thi Mông Loan et sa famille s’activent à nettoyer leur maison et à préparer des spécialités culinaires traditionnelles. Parmi elles, les gâteaux au gingembre occupent une place particulière.

«A l’approche de Ramuwam, notre famille se met progressivement à préparer les gâteaux au gingembre, une tradition importante chez les Chams. Ces gâteaux, faits uniquement de farine et d’œufs de canard, demandent beaucoup de travail, et chaque famille doit en confectionner. Nous les apporterons lors de la journée d’entretien des tombes de nos grands-parents à Ninh Thuận, avant d’en faire aussi ici. Comme chaque année, nous préparons également d’autres plats pour marquer cette occasion. Selon la coutume, avant de présenter les offrandes aux ancêtres, il est essentiel d’entretenir leurs tombes», explique-t-elle.

Moment clé du Ramuwam, l’entretien des tombes est une cérémonie solennelle marquant le début des festivités. Chaque famille, chaque village organise ce rituel, véritable pèlerinage spirituel en hommage aux ancêtres. Après les offrandes, les défunts sont symboliquement invités à rejoindre leurs descendants pour partager ce mois sacré. Peu importe la distance, les Chams s’efforcent de revenir à leurs racines pour honorer cette tradition. Installé dans la province de Dông Nai (Sud), Tôn Thât Dinh fait chaque année le déplacement.

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Le Ramuwan est l'occasion de penser aux ancêtres, aux êtres chers disparus, de prier pour la paix du village et du pays, la prospérité, le bonheur pour tous, et de bonnes récoltes. Photo: tuoitrethudo.vn

«Il n’y a qu’un seul Ramuwam par an. Peu importe les contraintes, je dois rentrer pour être avec ma famille, entretenir les tombes et prier pour la bénédiction de nos ancêtres», dit-il.

Contrairement au Ramadan des Chams musulmans sunnites, où tous les fidèles doivent observer le jeûne quotidien, le Ramuwam des Chams Bani est marqué par un jeûne et des prières exclusivement accomplis par des dignitaires religieux. Ces derniers, cloîtrés dans les sanctuaires, récitent les écritures sacrées et préparent les instruments de culte pour représenter l’ensemble de la communauté. Gru Sa, lui, est l’imam du hameau de Binh Thang.

«Ramuwam est le moment où les descendants expriment leur gratitude envers leurs ancêtres. Les esprits des défunts sont invités au sanctuaire pour recevoir les offrandes faites en leur honneur», explique-t-il.

Avec plus de 40.000 Chams, dont 20.000 adeptes de l’Islam Bani, la province de Binh Thuân est un centre important pour cette communauté. Le développement socio-économique des dernières années a permis d’améliorer le niveau de vie des Chams, leur offrant les moyens de célébrer Ramuwam avec sérénité, comme peut en témoigner Luu Van Bê, habitant de Binh Thang.

«Grâce aux politiques de soutien du gouvernement, nos conditions de vie s’améliorent. Cela nous permet d’organiser nos cérémonies avec plus de solennité et de respect pour nos traditions», dit-il.

Au-delà des rites religieux, Ramuwam est un moment de cohésion communautaire et de transmission culturelle. Il renforce les liens familiaux et préserve les traditions ancestrales, tout en affirmant l’identité des Chams Bani dans le paysage multiculturel vietnamien. – VOV/VNA

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