Les artisans de Ngu Xa ambitionnent d’exporter l’art de la fonderie de bronze

Au fil des siècles, Ngu Xa est devenu un centre artisanal incontournable, réputé pour ses œuvres en bronze d’une grande finesse. Il est considéré comme l’un des quatre métiers d’exception du Thang Long ancien, témoignant d’un savoir-faire rare.

Les œuvres de fonderie en bronze du village de Ngu Xa exposées dans la salle d’exposition. Photo : thoidai
Les œuvres de fonderie en bronze du village de Ngu Xa exposées dans la salle d’exposition. Photo : thoidai

Hanoi (VNA) – « Les statues en bronze du Vietnam se distinguent non seulement par leur expression unique, mais aussi par leur technique de fabrication exceptionnelle. […] Mon souhait est de faire découvrir la beauté de la fonderie vietnamienne aux amis du monde entier. » C’est avec fierté que Nguyên Van Ung, maître artisan de Ngu Xa, un village niché au bord du lac Truc Bach à Hanoï, partage sa passion pour un métier transmis depuis près de 500 ans.

L’histoire du village de Ngu Xa remonte à l’époque de la dynastie Lê Sơ (1428-1527). Selon les archives historiques, l’empereur avait réuni les meilleurs fondeurs de bronze de cinq villages situés dans les provinces actuelles de Bac Ninh et Hung Yên afin de créer un atelier impérial spécialisé dans la fabrication de monnaies et d’objets religieux pour la cour royale. Ces artisans s’installèrent ensuite sur les rives du lac Truc Bach, fondant ainsi Ngu Xa, un nom qui commémore leurs cinq villages d’origine.

Au fil des siècles, Ngu Xa est devenu un centre artisanal incontournable, réputé pour ses œuvres en bronze d’une grande finesse. Il est considéré comme l’un des quatre métiers d’exception du Thang Long ancien, témoignant d’un savoir-faire rare.

Une technique ancestrale et exigeante
L’art de la fonderie de bronze repose sur cinq étapes clés, comme l’explique Nguyên Van Ung :
1. Création du modèle détaillé de l’objet à fondre.
2. Fabrication du moule à partir du modèle.
3. Mélange et préparation des alliages, en respectant des dosages précis.
4. Fusion et coulage du métal fondu dans le moule.
5. Finitions délicates, incluant le polissage et les derniers ajustements.

Le savoir-faire unique de Ngu Xa réside dans la technique de la fonte en une seule pièce. Si cette méthode est déjà complexe pour les petits objets, elle devient particulièrement difficile lorsqu’il s’agit de pièces monumentales. Certains ouvrages nécessitent plusieurs mois de travail pour être achevés.
Malgré la transmission de ce savoir-faire de génération en génération, aucun document écrit ne détaille les techniques précises de fonderie.

L’apprentissage repose sur l’observation et l’imitation, un artisan passant des années à perfectionner ses gestes avant d’être pleinement reconnu.
Traditionnellement, la fonderie de bronze était principalement destinée aux objets religieux et aux monuments historiques.

Les artisans de Ngu Xa ont laissé leur empreinte à travers le pays, notamment avec deux œuvres emblématiques : La cloche de la pagode Môt Côt (Pagode au pilier unique), l’un des symboles les plus sacrés du bouddhisme vietnamien, et la statue de Huyên Thiên Trân Vu au Temple Quan Thanh, haute de près de 4 mètres et pesant 4 tonnes, illustrant la virtuosité des fondeurs de Ngu Xa.

Un autre chef-d’œuvre se trouve à la pagode Thân Quang, où trône une statue en bronze d’Amitābha de 4 mètres de haut et pesant 12,3 tonnes, réalisées entre 1949 et 1952. Cette statue est aujourd’hui considérée comme la plus ancienne statue bouddhique en bronze du Vietnam.

artisan-nguyen-van-ung.jpg
Artisan Nguyên Van Ung. Photo : thoidai

Si, autrefois, les artisans se consacraient principalement aux œuvres religieuses et spirituelles, les productions d’aujourd’hui sont plus diversifiées et intégrées à la vie quotidienne. Les ateliers fabriquent désormais des objets de décoration, des portraits en bronze, des sculptures personnalisées et des articles ménagers, rendant l’art de la fonderie plus accessible.

Nguyên Thanh Tuân, fils de Nguyên Van Ung, souligne l’importance culturelle de cette tradition : « Les objets en bronze accompagnent le peuple vietnamien depuis des millénaires. Le tambour de Dông Son, par exemple, est l’un des emblèmes de notre civilisation. Plus tard, les statues de Bouddha et des figures historiques ont renforcé la dimension spirituelle et symbolique du bronze dans notre culture. »

Un rayonnement international pour l’artisanat de Ngu Xa

Les visiteurs étrangers viennent de plus en plus nombreux découvrir le village de Ngu Xa, fascinés par la richesse de ses productions artisanales. Nguyên Van ung aspire à faire connaître son art au-delà des frontières : « Les statues en bronze du Vietnam se distinguent non seulement par leur expression unique, mais aussi par leur technique de fabrication exceptionnelle. Contrairement à d’autres pays, notre alliage est plus naturel, plus durable et nos œuvres comportent très peu d’assemblages, même lorsqu’il s’agit de pièces complexes. Bien que notre métier ne soit plus à son apogée, il conserve une place précieuse dans la culture vietnamienne. »

« Nous sommes fiers que notre artisanat soit encore reconnu, au Vietnam comme à l’étranger. Des visiteurs internationaux viennent ici pour admirer et acquérir nos œuvres. Mon souhait n’est pas seulement de promouvoir l’artisanat de ma famille ou de mon village, mais aussi de faire découvrir au monde entier une facette précieuse de la culture vietnamienne. »

Aujourd’hui, l’enjeu est de préserver cet héritage tout en s’adaptant aux tendances du marché. Pour Nguyên Van Ung, la pérennité de cet art repose sur la formation de nouvelles générations d’artisans, capables de perfectionner leur technique et d’innover, afin de faire rayonner la fonderie vietnamienne sur la scène internationale. – NDEL/VNA

source

Voir plus

Numérisation de livres sur feuilles de latanier, financée par le Fonds canadien d'initiatives locales. Photo: VOV

Les sutras gravés sur feuilles de latanier entrent dans l’ère du numérique

Grâce à la numérisation et aux efforts de transmission, les sutras sur feuilles de latanier trouvent aujourd’hui de nouvelles voies pour être valorisés. Longtemps conservés dans les armoires en bois des pagodes, ces trésors de savoir et de spiritualité peuvent désormais être partagés avec un public plus large.

Des activités d'échange culturel ont lieu à l'Espace culturel Due Tam Tra. Photo: SGGP

Un échange culturel pour renforcer les liens entre les peuples de l'ASEAN à Ho Chi Minh-Ville

Un échange culturel intitulé "Connecter les peuples de l'ASEAN" s'est déroulé au sein de l'espace culturel Due Tam Tra, dans la commune de Chau Pha, où les convives ont été initiés à l'art ancestral du thé vietnamien. Les délégués ont pris part au rituel de l’invitation au thé dans un esprit d’amitié, et ont dégusté du thé ainsi que des pâtisseries traditionnelles.

L’ancien récif corallien de Hang Rai est reconnu par les scientifiques pour sa grande valeur géologique ainsi que pour son intérêt majeur dans l’étude de l’histoire naturelle de la région. Photo : VNA

À la découverte de Hang Rai, joyau naturel de Khanh Hoa

Situé dans la commune de Vinh Hai, dans la province de Khanh Hoa, le site de Hang Rai constitue l’un des joyaux naturels du parc national de Nui Chua, intégré à la Réserve de biosphère mondiale éponyme reconnue par l’UNESCO. Ce paysage d’exception se distingue par son ancien récif corallien fossilisé aux formes spectaculaires, façonné par le temps et les éléments, ainsi que par son relief grandiose mêlant falaises rocheuses escarpées et littoral sauvage. 

Andrey Tatarinov, ancien ambassadeur de Russie au Vietnam. Photo: VNA

Mise à l’honneur la langue vietnamienne à travers le 5e concours national de traduction en Russie

L’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO) a accueilli à Moscou la finale de la 5ᵉ édition du concours national de traduction du vietnamien, un événement devenu incontournable qui témoigne de l’attrait croissant pour la langue et la culture vietnamiennes en Russie, tout en contribuant à former une nouvelle génération de spécialistes au service du rapprochement entre les deux pays.

Le festival offre un espace d’échanges et de rencontres entre artisans, entreprises, chercheurs et passionnés de gastronomie, au Vietnam comme à l’étranger. Photo : VNA

Le pho vietnamien, entre héritage et modernité, à l’honneur à Ninh Binh

Le Festival du Pho 2026, visant à honorer les racines historiques du métier du pho et à mettre en lumière le développement continu de ce patrimoine à travers les différentes régions du pays, a débuté le 20 mars dans l’espace piétonnier de Thien Truong (cité urbaine de Thong Nhat, quartier de Thien Truong, province de Ninh Binh). 

Ces tableaux sont méticuleusement composés à partir de grains de riz aux nuances variées. Photo : VNA

Un jeune de Can Tho et son modèle d’entrepreneuriat innovant à partir de grains de riz

Khuu Tan Buu, domicilié dans le quartier de Ninh Kieu à Can Tho, a concrétisé son projet d’entrepreneuriat en créant des tableaux artistiques à partir de grains de riz. Ses œuvres, d’une grande richesse thématique - paysages du terroir, scènes des marchés flottants de Can Tho, portraits du Président Ho Chi Minh ou encore commandes personnalisées - se distinguent par une signature esthétique singulière. Au-delà de la dimension entrepreneuriale, cette initiative contribue à valoriser le patrimoine culturel et à promouvoir l’image des habitants du delta du Mékong, en mettant en lumière un savoir-faire original ancré dans les traditions locales.