Prévention et contrôle de la dengue : le vaccin n’est pas l’arme ultime

Récemment, le ministère de la Santé a officiellement autorisé la circulation du vaccin Qdenga, le premier vaccin contre la dengue au Vietnam. Les experts estiment que c'est bon signe pour la prévention et le contrôle de la dengue dans notre pays.

Le vaccin Qdenga. Photo : brunofuga.adv.br/CVN
Le vaccin Qdenga. Photo : brunofuga.adv.br/CVN

Hanoï (VNA) - Récemment, le ministère de la Santé a officiellement autorisé la circulation du vaccin Qdenga, le premier vaccin contre la dengue au Vietnam.

Les experts estiment que c'est bon signe pour la prévention et le contrôle de la dengue dans notre pays. Toutefois, selon les experts, les vaccins ne constituent pas l’arme ultime pour contrôler efficacement l’épidémie de dengue, de nombreuses mesures globales sont nécessaires.

Hô Chi Minh-Ville et les provinces et villes du Sud sont les localités les plus touchées par l'épidémie de dengue. Chaque année, des dizaines de milliers de cas de dengue surviennent dans le Sud du pays, entraînant des dizaines de décès. Les hôpitaux de seconde ligne, tels que l'Hôpital des maladies tropicales, l'Hôpital pédiatrique numéro 1, l'Hôpital pédiatrique numéro 2 et l'Hôpital pour enfants reçoivent également des milliers de patients chaque année, dont environ 60% - parmi lesquels de nombreux cas graves- doivent être transférés, créant une pression considérable sur le système de santé de la ville.

Le Dr Nguyên Thanh Hùng, directeur de l'Hôpital pédiatrique numéro 1 de Hô Chi Minh-Ville a déclaré que le nombre de cas de dengue augmente constamment chaque année, provoquant une pression et une surcharge sur les hôpitaux et le système médical, entraînant un manque de ressources humaines appropriées. La tranche d'âge la plus touchée par la dengue hémorragique reste des élèves scolarisés et des jeunes actifs. Outre les coûts de traitement élevés, la maladie a également un impact à long terme sur la psychologie des patients et de la communauté et un impact significatif sur la sécurité sociale.

Le docteur Luong Chân Quang, chef du Département de contrôle et de prévention des maladies de l'Institut Pasteur de Hô Chi Minh-Ville a déclaré que depuis que la dengue a été incluse dans le programme national de prévention, le Vietnam a mis en œuvre de nombreuses solutions pour prévenir et contrôler cette maladie, favorisant l'éducation des citoyens et la communication au sujet de la prévention des maladies.

Cependant, en réalité la prévention et le contrôle des épidémies au niveau local sont confrontés à de nombreuses difficultés et défis en raison de certaines ressources limitées.

À l’échelle locale, le personnel médical doit prendre en charge des milliers d’activités professionnelles dont certaines étant en dehors de ses qualifications telles que le conseil aux autorités et la prévention de la dengue auprès de la population.

En fait, la plupart des postes de santé ne disposent que d'un seul agent spécialisé dans les activités de prévention de la dengue. Celui-ci est également en charge de nombreux autres programmes de prévention des maladies infectieuses. Les responsables à ces postes sont donc souvent surchargés de travail, en particulier pendant la saison des pluies, lorsque le nombre de cas de dengue augmente.

"Le manque de partage au sein de la communauté et de la société dans le travail de prévention de la dengue est également une difficulté. Bien que les activités de prévention de la dengue soient intégrées depuis 25 ans au programme national, les départements hors secteur de santé, les organisations et les personnes croient encore que le contrôle de la dengue n’est que la responsabilité du secteur de la santé”, a estimé Luong Chân Quang.



Nécessité des solutions globales

Selon les données du Centre de contrôle des maladies (HCDC) de Hô Chi Minh-Ville, entre le 13 et le 19 mai, la région a enregistré 137 cas de dengue. Le nombre total cumulé de cas de dengue depuis le début de l’année 2024 est d'environ 3.251 cas.

Actuellement, Hô Chi Minh-Ville et les provinces et villes du Sud reçoivent les premières pluies de la saison qui constituent un environnement favorable à la prolifération des moustiques. Il est prévu que l’épidémie de dengue continue à s’étendre à grande échelle dans les semaines à venir, augmentant ainsi le risque d’épidémie.

Dans ce contexte, le ministère de la Santé a récemment approuvé le vaccin Qdenga, premier vaccin contre la dengue autorisé à circuler au Vietnam. Ce vaccin a été approuvé par plus de 30 pays, dont l'Union européenne, le Royaume-Uni, le Brésil, l'Argentine, l'Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie, le Brésil, l'Argentine...

Selon les informations du fabricant, le vaccin Qdenga peut protéger contre les quatre types de virus de la dengue, et il est indiqué pour la prévention de la dengue chez les personnes âgées de 4 ans et plus, en particulier dans les zones où la dengue est endémique.

L'efficacité clinique de Qdenga a été évaluée à plus de 80% et la période de protection peut durer 4 à 5 ans après la deuxième dose. Suite à l'injection, certaines personnes peuvent ressentir de légers effets secondaires tels qu'une douleur et un gonflement au point d'injection et une légère fièvre.

Le Dr Luong Chân Quang a reconnu que l'homologation et la circulation des vaccins représentent une solution plus efficace pour renforcer la prévention de la dengue, permettant aux citoyens vietnamiens d'accéder aux vaccins comme d’autres gens du monde entier. Selon lui, le vaccin aidera à réduire le risque de tomber malade et surtout à éviter les formes graves de la maladie.

Ayant la même opinion, le Dr Truong Huu Khanh, vice-président de l’Association des maladies infectieuses de Hô Chi Minh-Ville, a estimé que pour les maladies infectieuses, les vaccins sont une arme efficace de prévention et d’atténuation de la maladie.

Le professeur agrégé Trân Dac Phu, ancien directeur du Département de médecine préventive (ministère de la Santé) a précisé : "Restez cependant objectif et ne croyez pas que qu’être vaccinés vous garantit de ne pas contracter la maladie. Vous protéger reste de mise. Nous devons encore approfondir le travail de contrôle des vecteurs de maladies, notamment en tuant les moustiques et les larves, et continuer la sensibilisation de la population pour qu'elle prenne les mesures de prévention des maladies recommandées par l’Organisation mondiale de la santé".

D’autres experts affirment également que les vaccins ne constituent qu’une partie d’une stratégie intégrée de contrôle de la dengue et non une solution alternative. L'Organisation mondiale de la santé recommande aux pays d'intégrer les mesures de lutte antivectorielle existantes pour optimiser l'efficacité des vaccins. - CVN/VNA

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