Hanoi (VNA) - Avec de nombreuses politiques favorables à l’application de hautes technologies dans l’agriculture, le gouvernement vietnamien est déterminé à accélérer le développement de ce secteur.

Selon des experts, pour "faire sortir de la serre" des projets d'agriculture high-tech du Vietnam, il est nécessaire de se concentrer sur l'application des privilèges, la formation de ressources humaines qualifiées, le renforcement de la coopération internationale, l’amélioration des prévisions de marché.

Le Premier ministre Nguyen Xuan Phuc se renseigne sur des produits du projet Vineco dans la ville de Hai Phong. Photo: VNA

 

Le Premier ministre Nguyen Xuan Phuc a demandé à la Banque d’Etat d’encourager ​les banques commerciales à fournir des crédits nécessaires pour porter à 100 trillions de dongs le fonds de soutien aux projets d'agriculture high-tech, au lieu de 60 trillions comme auparavant.

Il a demandé au ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement de ​proposer des modifications de la loi foncière afin de mieux ​soutenir les organisations économiques dans le développement de l'agriculture high-tech. Il a également ordonné au ministère du Plan et de l’Investissement de présenter des amendements du décret No 210/2013/ND-CP concernant les politiques d'encouragement de l'investissement dans l’agriculture et les zones rurales.

Selon Tran Van Tan, directeur adjoint du département du crédit des secteurs économiques de la Banque d’Etat, les investissements dans des projets d'agriculture biologique se sont élevés à 36.000 milliards de dongs dont 31.286 milliards versés à des projets appliquant des hautes technologies.

Selon un rapport de la Banque d’Etat, huit banques commerciales se sont engagées à consacrer environ 135.000 milliards de dongs en faveur des projets d’agricole high-tech. La Banque de l’agriculture et du développement rural (Agribank) a décidé de consacrer au moins 50.000 milliards de dongs et a réduit à 1,5%  le taux d’intérêt annuel à ces projets.

Pour favoriser l’accès aux crédits des projets d’agriculture high-tech, il faut concrétiser les critères concernant à ceux-ci et raccourcir le processus de vérification des dossiers.

De son côté, le ministère de l’Agriculture et du Développement s'efforce de parachever sa stratégie d’intégration à l’économie mondiale et un projet d'attraction de l'investissement direct étranger (IDE) dans l’agriculture. Il a lancé de nombreuses activités visant à drainer des capitaux dans ce secteur, y compris des aides publiques au développement (APD), des IDE et des fonds d'organisations non gouvernementales, ainsi qu’à accélérer le transfert de technologies.

Hautes technologies – tendance inéluctable de l’agriculture moderne​

De nombreux obstacles pour le développement d’une agriculture high-tech

Éveiller les potentiels de l'agriculture high-tech

Selon Tu Minh Thien, chef adjoint du Comité de gestion du parc agricole high-tech de Ho Chi Minh-Ville (Agricultural Hi-tech Park of Ho Chi Minh City-AHTP), le Vietnam et le Japon ont mis en œuvre de nombreux programmes de coopération dans l’investissement, le transfert de technologies et la commercialisation des produits agricoles. L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ​a lancé plusieurs projets ​au Vietnam, dont la création d’une banque de gènes du porc, ​le développement d’un système d’élevage durable et respectueux de la biodiversité, la coopération  technique au service de planification du secteur agricole de la province de Nghe An (Centre), l’amélioration du système hydraulique Bac Nghe An, les recherches sur la transformation de déchets de l'aquaculture en électricité grâce à des piles à combustible de nouvelle génération….

Des représentants de l’AHTP, de l’EURL Fuji Consulting Japan et de la société Nakashima Bussanau ont signé un accord de coopération trilatérale au Forum de coopération Vietnam-Japon en 2017. Photo:VNA
Lors du Forum de coopération Vietnam-Japon tenu en juin 2017, l’AHTP a signé avec l’EURL Fuji Consulting Japan et la société Nakashima Bussan un accord de coopération trilatérale sur l’application de hautes technologies japonaises dans l’agriculture comme les technologies fine bubble, microbienne et l'Internet des Objets (IoT).

 

Depuis la signature de l'Accord de coopération dans l’agriculture en 1997, Israël a assisté le Vietnam dans la mise en œuvre de nombreux projets en matière de transfert de technologies dans l’élevage et la culture, d’amélioration de l’efficacité des systèmes d'irrigation , de culture en serre…. Par ailleurs, depuis 2008, Israël a accueilli des milliers de stagiaires vietnamiens ven​us étudier ​ou travailler dans des fermes locaux.

Pour créer une percée dans le développement de l’agriculture high-tech, outre accélérer l’application de hautes technologies et élaborer de nouvelles modèles de production, le docteur Nguyen Anh Phong, directeur du Centre d’information sur l’agriculture et le développement rural, relevant de l’Institut des politiques et stratégies pour l’agriculture et le développement rural, a souligné l’importance d’intensifier les liens entre  agriculteurs, scientifiques, entreprises et gestionnaires.

Dans une zone de production agricole appliquant de hautes technologies dans le district de Cu Chi, à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

 

Selon lui, il est nécessaire d'augmenter les investissements dans la recherche agronomique pour créer de nouvelles variétés à haut rendement,  mieux adaptées au changement climatique et conformes aux conditions pédoclimatiques de chaque localité.

Il est également important d'élaborer des politiques favorables au développement de l’industrie agroalimentaire, d'encourager les agriculteurs à appliquer des technologies modernes, et de moderniser les infrastructures agricoles.

Les entreprises ont un rôle majeur dans la création des zones de matières premières, l'assistance des agriculteurs dans la production, l'acquisition de produits et l’élaboration de labels agricoles.

Le professeur et docteur Vu Minh Khuong, de l’Université nationale de Singapour, a estimé que la formation de ressources humaines qualifiées dans l’agriculture high-tech demandait une coopération étroite entre entreprises et agriculteurs. Les entreprises aident les agriculteurs dans l’application de hautes technologies dans la production. Par ailleurs, les administrations locales doivent soutenir les entreprises pour les aider à participer à la formation des agriculteurs.

« Les entreprises peuvent coopérer entre elles-mêmes pour créer un réseau de formation qui utilise leurs technologies et leurs employés déjà formés, afin d'économiser les coûts et d'assurer une ressource humaine qualifiée abondante », a estimé le docteur Phan Cong Chinh, vice-président du Club des entrepreneurs de Sai Gon.

Selon Tu Minh Thien, vice-président du Comité de gestion de l’AHTP - pionnier dans le transfert et l’application de technologies dans la production agricole, son parc et des technopôles de la région Sud-Est et du Delta du Mékong ont coopéré avec plus 30 localités poursuivant l'agriculture high-tech.

L’Etat, de son côté, doit créer un cadre juridique favorable aux liens entre agriculteurs, scientifiques, entreprises, outre des mécanismes appropriés dans le règlement des litiges.-VNA