Hanoi (VNA) - Les investisseurs sud-coréens considèrent de plus en plus le Vietnam non seulement comme un centre de production, mais aussi comme un partenaire stratégique pour la R&D et la coopération technologique, a déclaré Kim Nyoun Ho, président de la Chambre de commerce coréenne au Vietnam (Kocham).
Le président Kim a formulé cette analyse lors d’un entretien avec le Portail du gouvernement vietnamien (VGP), à l’approche du Nouvel An 2026, sur les perspectives économiques du Vietnam. Voici l’intégralité de l’entretien.
- Quelles sont vos observations les plus marquantes concernant le Vietnam en 2025 ?
En 2025, le Vietnam a démontré son inébranlable résilience économique, même face à de graves défis internes et externes.
Ce fut une année difficile, marquée par une crise externe – les fortes pressions exercées par l’administration Trump des États-Unis sous la forme de « droits de douane réciproques » – et par une instabilité interne due à d’importantes réformes et à la restructuration du système administratif national. Cependant, le gouvernement et les entreprises vietnamiennes ont su surmonter avec sagesse ces deux défis majeurs et ont atteint un taux de croissance économique remarquable, proche de 7%.
La capacité du Vietnam à poursuivre sa croissance sans interruption, malgré les chocs externes et les difficultés internes, a fortement impressionné les investisseurs sud-coréens et leur a inculqué la ferme conviction que «le Vietnam ne s’effondre sous aucune crise».
- La République de Corée est actuellement le premier investisseur étranger au Vietnam. Quelles sont les grandes tendances des investissements directs étrangers (IDE) sud-coréens en 2026, et quels secteurs ou projets se distinguent ?
En 2026, les investissements sud-coréens au Vietnam devraient accélérer leur transition d’une «expansion quantitative» à un «progrès qualitatif». Les investissements se détournent des industries manufacturières à forte intensité de main-d’œuvre au profit de secteurs tels que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle (IA), les biotechnologies et les énergies renouvelables.
En particulier, dans le cadre du Programme national de transformation numérique du Vietnam, non seulement les grands conglomérats sud-coréens, mais aussi les PME technologiquement capables, étendront leur présence dans des domaines tels que le développement des villes intelligentes, les centres de données et les industries des composants et matériaux à haute valeur ajoutée. Les investisseurs sud-coréens considèrent le Vietnam non seulement comme une base de production, mais aussi comme un partenaire stratégique pour la recherche et le développement et la coopération technologique.
- Quelles sont vos prévisions concernant les perspectives économiques du Vietnam et les relations Vietnam-République de Corée en 2026 ?
L’année 2026 marquera un tournant important pour le Vietnam, qui s’achemine vers le statut de pays à revenu intermédiaire. En particulier, la conclusion récente et sans heurts des négociations tarifaires réciproques avec les États-Unis a permis de lever la principale incertitude pesant sur les exportations. Fort de ce contexte commercial stable, je suis convaincu que le Vietnam continuera d’enregistrer une croissance solide, de l’ordre de 6,5 à 7%.
S’appuyant sur le Partenariat stratégique global, les relations entre le Vietnam et la République de Corée s’approfondiront au-delà de l’économie, en s’étendant à la culture, aux échanges entre les peuples et à la coopération en matière de sécurité. Dans un contexte de restructuration mondiale des chaînes d’approvisionnement, nos deux pays sont des partenaires indispensables l’un à l’autre, et j’espère qu’en 2026, ce lien économique se traduira par des améliorations concrètes de la qualité de vie des populations des deux nations.
- Avez-vous des recommandations pour améliorer l’environnement des investissements et des affaires au Vietnam pour les investisseurs sud-coréens ?
Bien que l’environnement des investissements au Vietnam soit globalement très attractif, nous demandons instamment des améliorations urgentes concernant les problèmes injustifiés liés aux remboursements de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) auxquels les entreprises coréennes sont confrontées en pratique.
Le premier problème est celui des retards de remboursement. Les entreprises exportatrices rencontrent de graves difficultés de trésorerie en raison de contrôles fiscaux qui dépassent les délais légaux et de procédures administratives complexes.
Le second problème, encore plus grave, est le «transfert de responsabilité aux contribuables de bonne foi». Récemment, des entreprises ayant effectué des transactions légitimes et reçu des factures en bonne et due forme ont été contraintes de restituer de la TVA déjà remboursée ou se sont vu infliger de lourdes sanctions, simplement parce que leurs partenaires commerciaux (fournisseurs) ont cessé leurs activités ou ont disparu. Cette pratique injuste reporte la faute sur les entreprises de bonne foi et compromet gravement la stabilité des entreprises.
En conséquence, la Kocham recommande vivement ce qui suit :
- Protection des entreprises de bonne foi : Il convient de reconnaître que les actes illégaux ou la fermeture des partenaires commerciaux ne relèvent pas de la responsabilité des entreprises acheteuses, et de mettre fin aux annulations injustifiées de remboursements ou aux pénalités infligées pour des transactions légitimes.
- Extension du principe «remboursement d’abord, contrôle ensuite» et harmonisation administrative : Outre le remboursement rapide des entreprises en règle, il est demandé d’unifier les pratiques d’administration fiscale, actuellement variables selon les régions, afin de créer un environnement commercial prévisible.
Si l’équité en matière d’administration fiscale est garantie, les investissements coréens au Vietnam connaîtront une augmentation encore plus significative en 2026.
- Comment évaluez-vous la performance du gouvernement vietnamien durant le mandat 2021-2025 ? Quels en sont les accomplissements les plus notables ?
Ces cinq dernières années ont constitué une période exceptionnelle, marquée par le dépassement de la pandémie de Covid-19 et des crises économiques mondiales. La plus grande réussite du gouvernement vietnamien réside sans aucun doute dans sa diplomatie pragmatique et flexible, dite «diplomatie du bambou».
En particulier, la conclusion fructueuse des négociations tarifaires réciproques avec l’administration Trump des États-Unis, partisane du protectionnisme, a été un succès remarquable qui a démontré aux yeux du monde les remarquables capacités diplomatiques du gouvernement vietnamien. De ce fait, de nombreuses entreprises internationales, notamment coréennes implantées au Vietnam, ont pu s’affranchir des risques liés aux droits de douane et maintenir une production et des exportations stables.
Par ailleurs, les ambitieux projets d’expansion des infrastructures, tels que l’ouverture de l’autoroute Nord-Sud et la modernisation de l’aéroport international de Long Thành, sont également considérés comme des réalisations décisives qui ont permis au Vietnam de franchir une nouvelle étape en matière de compétitivité nationale.
Je souhaite sincèrement au gouvernement vietnamien et à tout le peuple vietnamien santé et prospérité pour la nouvelle année 2026. – VNA