Une zone agricole de haute technologie dans le district de Cu Chi, à Ho Chi Minh-Ville. Photo: VNA

Hanoï (VNA) - La garantie de la sécurité alimentaire est l’une des principales préoccupations du monde ​d'aujourd'hui. Au fur et à mesure que les ressources naturelles s’épuisent et que la population continue d’augmenter, les solutions agricoles et de stockage des aliments s'imposent de plus en plus comme une urgence.

La tendance du monde

L'agriculture high-tech signifie l'application des nouvelles technologies dans la production. Elle comprend l'industrialisation de l'agriculture, l'automatisation, les technologies de l'information, les nouvelles technologies matérielles, les biotechnologies, les variétés végétales et les races animales ayant une productivité et une qualité élevées, ce afin de répondre aux exigences de la société et d'assurer le développement durable de l’agriculture.

Depuis le milieu du 20e siècle, les pays développés s'intéressent à la construction de zones agricoles ​exploitant les hautes technologies, pour promouvoir l’application des sciences et des technologies au service du développement économique. Outre les pays développés, de nombreux pays et territoires d’Asie ont également ​opté pour une agriculture à orientation qualitative et non plus quantitative, appliqué les biotechnologies, les technologies d’automatisation, de mécanisation et d’informatisation,  etc, pour créer des produits de haute qualité, efficaces et sûrs. Grâce à l’application des hautes technologies, l’agriculture de nombreux pays du monde devient prospère, et ​de nombreux ​agriculteurs ont fait fortune.

​Une machine d'irrigation. Photo: internet

En dépit des conditions géographiques et climatiques défavorables, Israël est un grand exportateur de produits agricoles dans le monde grâce à l’application des avancées technologiques dans l’agriculture. Les Israéliens sont très dynamiques et créatifs. Ils appliquent le système d’irrigation au goutte-à-goutte, utilisent des pesticides bio, pratiquent la pisciculture dans le désert, l’hybridation des pommes de terre, etc. Il n’est plus rare de voir dans les champs en Israël des drones, des robots, des tracteurs dirigés grâce à un GPS et des producteurs munis d’un téléphone intelligent collé à l’oreille ou au bout des doigts. Chaque année, Israël exporte pour plus de 3,5 milliards de dollars de produits agricoles.

Éveiller les potentiels de l'agriculture high-tech​

De nombreux obstacles pour le développement d’une agriculture high-tech

Pour que l’agriculture high-tech du Vietnam "sorte de la serre"

Les États-Unis mettent particulièrement l'accent sur la mécanisation des installations agricoles, l'utilisation de machines remplaçant la force humaine et animale. Presque toutes les activités dans la production agricole sont effectuées par des machines. Les agriculteurs américains utilisent également des avions pour pulvériser des insecticides, et des ordinateurs pour surveiller les résultats de la récolte.

Au Vietnam, le développement de l’agriculture, l’amélioration du niveau de vie des agriculteurs et l’édification de la Nouvelle ruralité constituent une grande politique du Parti et de l’État. "L’application des hautes technologies est la tendance dominante et indispensable pour développer une agriculture moderne, et une solution puissante et efficace dans la restructuration de l’agriculture", selon le vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural Le Quoc Doanh.

Une nécessité pour le Vietnam

Le Vietnam se classe au 5e rang mondial des pays les plus affectés par les catastrophes naturelles liées aux changements climatiques. Chaque année, des centaines de personnes sont touchées et les pertes économiques dues au dérèglement du climat sont estimées à 1,9 milliard de dollars, soit 1,3% du PIB (Produit intérieur brut). Selon la Banque mondiale, 71% de la superficie terrestre du pays est affectée par des inondations et des tempêtes. Directement ou indirectement, plus de 60% de la population vietnamienne est touchée par ces catastrophes naturelles. La sécheresse qui s'est produite dans les 13 provinces du delta du Mékong en 2016 est considérée comme la plus grave depuis 100 ans. On estime qu’environ 160.000 hectares de riz ont été endommagés et qu’environ 800.000 tonnes de riz ont été perdues à cause de la sécheresse et de l’intrusion d’eau salée dans les sols. Selon les chiffres du Département général des Statistiques du Vietnam, les pertes causées par les catastrophes naturelles en 2016 sont estimées à plus de 18.000 milliards de dongs. Les conditions météorologiques et climatiques extrêmes dues aux changements climatiques et à la pollution de l’environnement devraient continuer à affecter la production agricole.

Lors de ces dernières années, l’urbanisation rapide a réduit de plus en plus la superficie du parc foncier agricole. Pendant la période 2011-2015, la superficie des terres agricoles a diminué en moyenne de 5.500 à 6.000 ha par an. Le ​remodelage de la structure du travail agricole est considéré comme une tendance inéluctable dans le processus d’industrialisation et de modernisation dans les localités du Vietnam. Il n’y a pas de terres productives, ce qui entraîne une pénurie d’emplois pour les travailleurs ruraux, ​un surplus de main-d’œuvre et la demande inévitable de changer de profession. La valeur de la production agricole va se réduire nettement. Ainsi, l’application du transfert de technologies - notamment l’application des hautes technologies dans l’agriculture - et l’établissement des chaînes de production à la consommation se posent comme un impératif.

Récolte de riz par la moissonneuse-batteuse. Photo: VNA

Chaque année, le Vietnam exporte pour plus de 30 milliards de dollars de produits agricoles, sylvicoles et aquatiques mais sa compétitivité demeure à un niveau bas. Les technologies dépassées, les emballages ternes et monotones, les coûts de production élevés, la faible capacité de recherche de débouchés des entreprises rendent les produits agricoles moins compétitifs. Afin d’améliorer la productivité et la compétitivité de ces derniers, il est nécessaire d’accélérer l’application des nouvelles technologies et techniques dans la production agricole, notamment dans le contexte de l’intégration internationale.

Selon le docteur Nguyen Thanh My, directeur général de Rynan Agrifoods et président de LBC Mekong, l’application des hautes technologies et des nouvelles techniques est considérée comme un facteur important, contribuant à augmenter le rendement et la qualité des produits agricoles, le tout à un prix raisonnable. L’agriculture vietnamienne peut utiliser des "engrais intelligents", appliquer des technologies de l'informatique en nuage pour surveiller la qualité de la terre et de l’eau.

En particulier, pour s’orienter vers une agriculture durable et sûre, le Vietnam doit fabriquer des produits propres. C’est aussi le critère auquel les consommateurs s’intéressent pour éviter de se retrouver à ingérer des produits ne respectant pas les normes de l'hygiène sanitaire des aliments. Selon une enquête menée par Nielsen, la plus grande entreprise d'étude de marché du monde, la santé représente 42% des préoccupations des consommateurs vietnamiens et leurs inquiétudes en la matière augmentent au fil des années. Ainsi, ils accordent une grande attention aux produits sans danger pour la santé.

Des produits agricoles bio portant le label Vineco. Photo: VNA

Le développement de l’agriculture high-tech permettra d’améliorer la productivité, de créer des produits propres, d’assurer l'hygiène et la sécurité alimentaires, de répondre aux exigences des consommateurs domestiques en particulier et des marchés d’importations difficiles en général. Évidemment, l’application des hautes technologies est un moyen indispensable de développer une agriculture moderne.

Politique pionnière pour développer l’agriculture high-tech

Selon le Département des sciences et des technologies du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, afin d’accélérer le développement et l’application des hautes technologies dans l’agriculture, mais aussi de susciter la participation des secteurs économiques, des éléments essentiels dans l'objectif de développer une agriculture vietnamienne orientée vers l’industrialisation et la modernisation, le Premier ministre a promulgué le 17 décembre 2012 la décision 1895/QĐ-TTg sur l’approbation du programme de développement de l’agriculture high-tech relevant du Programme national de développement des hautes technologies d’ici 2020.

La zone de production de légumes propres Ninh Dong, dans le chef-lieu de Ninh Hoa, province de Khanh Hoa. Photo: VNA

Le secteur agricole doit considérer le développement de l’agriculture high-tech comme une tendance inéluctable dans le processus d’intégration, une solution efficace dans la restructuration agricole.

L’objectif du programme est d’accélérer le développement et l’application efficace des technologies de pointe dans l’agriculture, contribuant à édifier une agriculture moderne, avec une grande productivité et compétitivité, à garantir la sécurité alimentaire nationale à la fois à court et à long terme.

Dans le contexte de l'intégration internationale du pays, avec la mise en œuvre des accords de libre-échange dont il est signataire, l’agriculture vietnamienne dispose de conditions favorables à l’accélération du commerce, à la diversification de son marché et de ses produits destinés à l’export, à la création d'emplois, au développement de la production et à l'augmentation des revenus pour les agriculteurs.

A l’heure actuelle, le ministère vietnamien de l’Agriculture et du Développement rural a délivré la licence à 35 entreprises pour qu’elles appliquent les hautes technologies dans la culture ​maraîchère, l’élevage des vaches laitières, des porcs, des poulets et des produits aquatiques. -VNA