Hanoi (VNA) - Constamment en déplacement en mission de volontariat au Vietnam, l’Australienne Peng-Sim Eng fait exemple de dévouement sans égal en faveur des enfants handicapés et autistes.

Un cours de formation des enseignants du Centre de Ky Anh, animé par Peng-Sim Eng. Photo: GGTD


Cela fait trois ans que Peng-Sim Eng, originaire d’Australie, s’est attachée au Centre des enfants handicapés de Ky Anh, de la province de Hà Tinh (Centre). Elle fait partie des volontaires dans le cadre d’un programme humanitaire déployé par le gouvernement australien au Vietnam.

"Mon mari et moi avons très vite décidé d’entreprendre des activités caritatives dans les pays d’Asie du Sud-Est. Et pour moi, en tant qu’enseignante spécialisée dans l’éducation des enfants handicapés - ceux atteints d’autisme ou frappés par des maladies physiques et/ou mentales -, j’ai trouvé que le Vietnam était une destination appropriée", confie Peng-Sim Eng. Et de préciser: "Il s’agit de ma 3e mission au Centre de Ky Anh, une mission de sept mois. Je travaille ici en tant qu’experte en éducation spécialisée et participe également aux décisions concernant la direction du centre".

Une initiative qui porte ses fruits

Pour sa première mission, l’Australienne y était en qualité d’enseignante. Pour sa deuxième, elle était chargée de la formation des enseignants et de l’élaboration des programmes d’études.

Le Centre des enfants handicapés de Ky Anh abrite actuellement quelque 80 enfants, différents tant en tranches d’âges qu’en niveaux d’état de santé et d’infirmité, tant physique que mental. Il n’est ainsi pas aisé pour les enseignants de pouvoir les éduquer et les soigner en même temps, de manière optimale.

C’est dans cette situation moins qu’idéale qu’elle a fait preuve d’initiative. Peng-Sim Eng décide de diviser les élèves en groupes différents, basés sur leurs conditions médicales. Ainsi, les 80 élèves du Centre de Ky Anh sont répartis en cinq classes, et chacune se divisant en sous-groupes différents lors des heures de classe. Avec l’application de cette méthode, il est nettement plus facile pour les élèves de s’adapter à leur environnement, de pouvoir apprendre les savoir-faire élémentaires et d’avoir davantage confiance en soi.

La joie partagée entre Peng-Sim Eng et ses élèves. Photo: GGTD

 

De plus, c’est également Peng-Sim Eng qui est en charge de la mise en place et de la rédaction de l’ensemble des programmes d’enseignement et des manuels scolaires. Ainsi, en participant à des activités appropriées et guidées par les enseignants, les élèves du centre apprennent à acquérir les conditions optimales pour se développer au mieux. En effet, les plus jeunes améliorent leur compétence parlée, et les plus grands peuvent s’adonner à diverses activités complémentaires. Un bilan scolaire qui a changé pour le mieux en somme.

"J’ai été très émue en voyant la fierté se dessiner sur le visage d’une fillette lorsqu’elle a réussi, pour la première fois, à acheter elle-même une boîte de biscuits dans un kiosque en ville. Sans l’aide de personne…", confie l’Australienne avec un doux sourire. Pour elle, il s’agit d’un des nombreux succès du programme d’éducation spécialisée qui "permet à l’enfant autiste de participer à la vie en communauté".

La charité guérit les maux

Cependant, tout n’est pas tout rose. Selon Peng-Sim Eng, à la différence de l’Australie où le travail en éducation spécialisée  est pris en haute estime, au Vietnam, le déploiement des programmes du genre fait actuellement toujours face à de multiples obstacles, dont "notamment le manque de matériels adaptés, d’instruments pédagogiques, de moyens financiers…", observe-t-elle.

De plus, les fonds du centre - provenant pour la majeure partie des contributions de parents d’élève - restent insuffisants. Cela conduit parfois à la "fuite des cerveaux". En effet, nombreux sont les enseignants (formés par le centre) qui démissionnent pour travailler dans d’autres établissements offrant des rémunérations plus élevées.

Pour être menées à bien, les activités caritatives ont besoin de la participation de tous, que ce soit de la communauté ou d’individuels, explique l’Australienne.

Elle ne cache pas son émotion en affirmant que les missions exécutées au Vietnam lui ont apporté des expériences et souvenirs précieux. "Malgré une bonne formation professionnelle, je me suis promise de m’améliorer en faisant des études postuniversitaires, en éducation spécialisée à l’Université Deakin de Melbourne".      

Pour le moment, la mission au Centre de Ky Anh et les progrès des élèves lui donnent la force de continuer, mais surtout, de la joie de vivre. "Apporter mon édifice à l’amélioration de la vie des enfants handicapés vietnamiens et pouvoir observer leurs progrès au jour le jour, c’est pour moi une grande récompense", conclut Peng-Sim Eng, le visage confiant.

* Chiffres sur les enfants en situation de handicap

Selon l’Institut des sciences et de l’éducation du Vietnam, le pays compte 1,2 million d’enfants invalides. Bien que le droit à l’éducation pour tous les enfants, quelle que soit leur condition, soit fondamental, les taux de fréquentation scolaire de ces enfants, en particulier aux niveaux supérieurs, sont inférieurs à ceux des enfants valides. Au niveau secondaire, moins du tiers des enfants infirmes ont été scolarisés à un âge approprié. Seulement 2% des écoles primaires et secondaires du pays ont été conçues pour répondre aux besoins de ces élèves spéciaux, tandis qu’un septième seulement de l’ensemble des écoles dispose d’un enseignant formé spécifiquement pour ce type d’élèves. – CVN/VNA