L’industrie de l’électronique constitue l’un des secteurs absorbant le plus de l’IDE.

Hanoi (VNA) - Le vice-président de l’Association des entreprises à participation étrangère, Nguyên Van Toàn, souligne que la politique d’appel de l’investissement direct étranger (IDE) du Vietnam nécessite un renouvellement.

Comment évaluez-vous les contributions de l’IDE au développement socio-économique du Vietnam ?

D’un point de vue global, la contribution de l’IDE au développement socio-économique du Vietnam est considérable. En fournissant des capitaux aux activités de production de l’économie nationale, l’IDE est générateur de croissance, développe le commerce domestique comme extérieur, crée de l’emploi, et entraîne une amélioration des qualifications des ressources humaines, du système juridique,  notamment de l’environnement d’investissement ainsi que, plus généralement, des infrastructures socio-économiques. La réception de l’IDE permet au pays de mieux s’intégrer au monde. Bon nombre d’employés après une période au sein d’une entreprise issue de l’IDE, ont acquis du savoir-faire et de l’expérience, notamment en gestion et administration d’entreprise.

Toutefois, l’IDE n’a pas que des aspects positifs. On observe beaucoup d’entreprises qui ne se soucient guère de l’environnement, pratiquent des prix de transfert (les facturations intragroupes, un moyen très répandu à la disposition des entreprises étrangères pour transférer des sommes en devise vers l’étranger, en toute légalité, ndlr), ou l’évasion fiscale. Les produits des entreprises à participation étrangère représentent un pourcentage important du total des exportations du pays. Or, elles importent beaucoup et n’ont que peu de liens avec les entreprises domestiques qui, par conséquent, ne sont pas intégrées dans leurs activités et n’ont pas l’occasion de participer à la chaîne des exportations.
 
Quelle est la situation aujourd’hui ?

 
Nous sommes dans une nouvelle phase de l’appel de l’IDE depuis quelques années. Le gouvernement a d’ailleurs pris acte de son évolution comme de la progression du développement de l’économie nationale. Si auparavant, nous avions un surplus de main-d’œuvre et manquions de capitaux, l’IDE a réglé cette situation. Aujourd’hui, la main-d’œuvre n’est plus abondante comme auparavant, et de grandes villes comme Hanoi, Hô Chi Minh-Ville ou Binh Duong, par exemple, en manquent. Donc, notre objectif en matière d’appel à l’IDE privilégie désormais davantage la sélection de projets de qualité, employant des technologies modernes et respectueuses de l’environnement. Nous visons des projets de sociétés multinationales qui ont des engagements clairs en termes de transfert de technologies et de formation de ressources humaines pour le Vietnam.

Vos prévisions sur la tendance de l’IDE au Vietnam lors des prochaines années ?
 
Au premier semestre, le montant d’IDE reçu par le Vietnam avait tendance à ralentir, avec seulement 5,49 milliards de dollars, soit 23,8 % des prévisions du ministère du Plan et de l’Investissement. Mais je pense que dans les prochains mois et dans l’avenir, il augmentera, en particulier avec l’entrée en vigueur des Accords de libre-échange Vietnam-République de Corée, Vietnam-Union européenne, Vietnam-Union économique eurasiatique, ainsi que la signature du partenariat transpacifique (TPP). -CVN/VNA