L’origine de la chique de bétel

Dans la culture vietnamienne, la chique de bétel constitue un élément indispensable lors des cérémonies de fiançailles et de mariage.
Hanoï (VNA) - Dans la culture vietnamienne, la chique de bétel constitue un élément indispensable lors des cérémonies de fiançailles et de mariage. Selon la légende, la coutume de mâcher du bétel existe depuis le règne des rois fondateurs Hùng.
L’origine de la chique de bétel ảnh 1La chique de bétel, une coutume ancestrale des Vietnamiens. Photo : CTV/CVN

Un ami à moi, qui a l’habitude invétérée de théoriser, s’est évertué pendant une vingtaine d’années à prouver que la clé de la civilisation et de l’identité culturelle du Vietnam réside dans la légende de l’aréquier et du bétel. Sincèrement, ses raisonnements ne m’ont pas encore persuadé. Cependant, son obstination ne rend, pour moi, que plus appréciable la signification humaniste et symbolique d’un conte qui remonte à l’aube de notre histoire.

Sous le règne du roi Hùng, vivaient deux frères jumeaux. Tân et Lang étaient leurs noms. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau et s’aimaient bien l’un l’autre. Orphelins dès leur tendre enfance, ils étaient adoptés par un lettré généreux. Adultes, les deux tombèrent amoureux de la fille de leur maître et père adoptif. La jeune fille choisit l’aîné pour époux.

L’origine de la chique de bétel ảnh 2Bétel en forme d’ailes de phénix. Photo : CTV/CVN

L’amour conjugal finit peu à peu par séparer Tân de son cadet qui souffrait en silence.

Un soir, de retour du champ, Lang entra le premier dans la chaumière alors baignant dans la pénombre. Sa belle-sœur, croyant qu’il s’agissait de son mari, vint non sans un élan de tendresse à sa rencontre.

Tân, passant par-là, vit la scène et devint injustement soupçonneux.

Trois morts

Incapable de se justifier, Lang décida de s’enfuir. Ayant traversé monts et forêts, il arriva enfin au bord d’un ruisseau et y tomba épuisé. À force de pleurer, il expira sur la berge déserte du ruisseau et se mua en un rocher.

Un matin, rongé de remords à l’idée qu’il puisse être responsable de la fuite de Lang, Tân quitta sa jeune femme pour partir à la recherche de son frère. Il marcha longtemps et arriva enfin au même endroit, au bord du ruisseau. Là aussi, épuisé, il tomba par terre. Il mourut tout en enlaçant le rocher et se métamorphosa en un aréquier.

L’origine de la chique de bétel ảnh 3Les noix d’arec servent aussi d’offrandes lors des cérémonies traditionnelles. Photo : ST/CVN

Après avoir vainement attendu, la femme de Tân, désolée, alla à la recherche de son mari. Malgré la fatigue et la faim, elle parvint aussi à atteindre le ruisseau au même endroit. Elle embrassa l’aréquier et mourut. Elle se transforma en une plante grimpante, le bétel.

Quelque temps après, par une belle journée, le roi Hùng voulut prendre un peu de frais au bord du ruisseau. À cet endroit, il prit une feuille de bétel ainsi qu’un fruit de l’arbre et mastiqua. Il y trouva une saveur agréable et un jet de salive tomba sur le rocher, et, à sa grande surprise, une teinte rougeâtre apparut.

L’usage de la chique de bétel lors des cérémonies du mariage, symbole d’une union durable, date de ce temps-là. Aujourd’hui, il continue toujours, surtout à la campagne et parmi les femmes. Les chiques de bétel sont offertes comme on offre des cigarettes en Europe.

Cet usage s’est pratiqué également chez les peuples des pays asiatiques ayant le régime de mousson et demeure une coutume précédant toutes les influences chinoises et indiennes. -Huu Ngoc (Avril 1992)/CVN/VNA

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