L’obésité chez l’enfant : passons à l’action !

Le Centre de la nutrition de Hô Chi Minh-Ville vient de tirer la sonnette d’alarme : le nombre d’enfants en surcharge pondérale voire obèses explose dans la ville.
L’obésité chez l’enfant : passons à l’action ! ảnh 1L'activité physique est le meilleur allié minceur. Photo : CVN
 

Ho Chi Minh-Ville (VNA) - Le Centre de la nutrition de Hô Chi Minh-Ville vient de tirer la sonnette d’alarme : le nombre d’enfants en surcharge pondérale voire obèses explose dans la ville. Un véritable problème de santé publique.

«Mon fils a 6 ans, mais il a le poids d’un enfant de 10 ans. Il mange avec appétit, avec un faible pour les fastfood», soupire une jeune mère, inquiète devant le surpoids de son fils.

Nguyên Thanh Nhân, du collège Nguyên Khuyên, confie : «Chaque jour, je vais à l’école de bon  matin et je rentre à la maison vers 5 heures du soir. L’après-midi, j’ai des cours supplémentaires de mathématiques, de littérature et d’anglais. À la maison, mes parents me permettent de regarder la télévision ou de jouer aux jeux vidéo en attendant le dîner. Dans la soirée, je fais mes devoirs jusqu’à l’heure d’aller au lit». Thanh Nhân a 12 ans mais affiche presque 70 kg sur la balance.  

Trop de nourriture, trop d’heures de classe

Beaucoup de petits citadins ont une activité physique réduite : «Je n’ai pas le temps», «Il n’y a pas d’espaces convenables près de chez moi», «J’ai trop de devoirs», invoquent-ils, avec raison souvent. En effet, c’est un fait, les enfants vietnamiens sont très pris par leurs études. Après les heures de classe, beaucoup suivent des cours dits «supplémentaires», qui se prolongent parfois tard en soirée.

Selon le résultat d’une enquête menée auprès de 5.000 enfants âgés de 10 à 15 ans à Hô Chi Minh-Ville, 22,1% d’entre eux sont en surcharge pondérale et 13,4% sont obèses. Au niveau national, chez les enfants de moins de 5 ans, le taux d’obésité est de 9,6% (contre 6,9% en moyenne mondiale). En ville, ce taux grimpe jusqu’à 12,2%.

Pour le médecin Dô Thi Ngoc Diêp, directrice du Centre de la nutrition de Hô Chi Minh, «le taux d’enfants en situation de surcharge pondérale ou obèses à Hô Chi Minh-Ville est très élevé. Deux causes principales : la suralimentation et l’inactivité physique». Des études ont montré que l’alimentation quotidienne des enfants est souvent trop riche, de l’ordre de 2.500 calories alors que 2.100 sont suffisants pour un enfant de 10 ans.

«L’obésité est dangereuse pour la santé. C’est sûr. Mais, ne pensez pas qu’avoir juste un  gros ventre est moins dangereux qu’être obèse, c’est-à-dire gras dans toutes les parties du corps», avertit  Dô Thi Ngoc Diêp. L’obésité est parfois - mais pas systématiquement - à l’origine de complications métaboliques, donc du développement d’un diabète de type 2 (mais aussi de pathologies cardiaques, vasculaires...). Dans une certaine mesure, «une personne ventrue est plus exposée au danger qu’une personne obèse», prévient la nutritionniste.

Pas assez de sport à l’école

De l’école primaire au lycée, deux heures en moyenne sont réservées à l’éducation physique par semaine. Selon Nguyên Thanh Nam, professeur d’éducation physique à l’École primaire de Trân Binh Trong, «deux heures par semaine, c’est insuffisant. En plus, beaucoup d’écoles en milieu urbain n’ont ni cour de récréation, ni de gymnase». D’une manière générale, les heures d’éducation physique à l’école ne sont que «symboliques» ; quelques mouvements pour la forme… et sûrement pas pour les formes.  Pourtant, pendant l’enfance et l’adolescence, l’éducation physique à l’école offre une formidable occasion d’apprendre un sport et de prendre goût à l’effort physique.    

À Hô Chi Minh-Ville comme dans d’autres grandes villes, le manque de terrains de jeu est monnaie courante. «C’est aussi une cause indirecte de l’obésité chez les enfants», selon Truong Hông Son, nutritionniste. «J’aime bien faire du vélo, mais il y a trop de circulation dans les rues près de chez moi», confie Anh Thai, 8 ans. Sans compter que les trottoirs servent de parkings à motos... Alors, où se défouler ? Pour la plupart des enfants, pas d’autre alternative que d’attendre le week-end pour aller, avec les parents, au parc ou au club de sport.

La natation fait des émules

Le taux élevé d’enfants souffrant d’obésité est un véritable casse-tête pour les autorités. Un problème de santé publique qui nécessite des politiques et mesures efficaces. Selon Tang Ba Lê, responsable du Service de la culture et des sports de Hô Chi Minh-Ville, «la ville doit prêter plus attention à la construction d’espaces récréatifs et d’aires de jeux. Il est aussi nécessaire qu’il y ait suffisamment de gymnases dans les écoles. Pour leur part, les enseignants proposent d’alléger les programmes d’études  et de multiplier les heures d’éducation physique et sportive dans le cursus scolaire».

Tang Ba Lê a révélé que dans un proche avenir, certains  sports comme la natation, le football, le volleyball, les arts-martiaux…figureront dans les programmes scolaires.

La natation est le sport préféré des parents d’élèves de Hô Chi Minh-Ville, notamment pendant les vacances d’été. Certaines piscines ont lancé un programme dit de «généralisation de la natation» en faveurs des enfants, avec des maîtres nageurs volontaires. L’entrée est parfois gratuite, parfois à  prix réduit, selon la saison. «La natation aide à perdre du poids. Pour les enfants, deux séances hebdomadaires sont suffisantes. Mais ceux souffrant d’obésité devront essayer de pratiquer trois fois par semaine», précise Chung Tân Phong, secrétaire général de la Fédération des sports nautiques de Hô Chi Minh-Ville.

L’enfant ne naît pas pantouflard! L’activité physique fait partie intégrante de son développement et il suffit de lui offrir la possibilité de jouer librement à la maison, et surtout à l’extérieur, dans la nature ou sur les terrains de jeux. L’activité physique régulière (au moins 60 minutes par jour) chez l’enfant a des effets bénéfiques sur la composition corporelle, la fonction cardiaque, la pression artérielle, les lipides sanguins, la densité minérale osseuse, l’endurance, la force musculaire, la vitesse, la coordination, le bien-être psychique et l’estime de soi, aussi bien qu’une prédisposition à l’activité physique accrue pendant la vie adulte. «Les parents jouent un rôle d’exemple et devraient pratiquer des activités physiques avec leurs enfants, ou au moins leur offrir la possibilité d’être actifs aussi souvent que possible», conseille un expert.     

Obésité : quelles conséquences pour l’enfant ?

L’obésité de l’enfant entraîne des complications médicales et psychosociales à court et à long terme. L’apparence physique provoque une isolation sociale et une baisse de l’estime de soi, qui peuvent avoir des conséquences directes sur le développement psychique et le comportement. Les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2 apparaissent déjà avant la puberté. Plus de la moitié des enfants obèses ont au moins un facteur de risque cardiovasculaire et 20% d’entre eux ont plus de deux facteurs. D’autres complications comme l’apnée du sommeil, les infections des voies respiratoires supérieures, l’asthme, les problèmes orthopédiques, les affections de la peau… peuvent apparaître.​​​​-CVN/VNA

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