L’industrie agroalimentaire manque toujours d’un label

Les clients étrangers ont une mauvaise compréhension des gammes de produits alimentaires originaires du Vietnam, ainsi que les capacités d’approvisionnement des entreprises vietnamiennes.

Hanoi (VNA) - Les clients étrangers ont une mauvaise compréhension des gammes de produits alimentaires originaires du Vietnam, ainsi que les capacités d’approvisionnement des entreprises vietnamiennes.

L’industrie agroalimentaire manque toujours d’un label ảnh 1Avec plus de 40 milliards de dollars de ventes annuelles de produits alimentaires et de boissons sur le marché national, l’industrie agroalimentaire vietnamienne est une mine d’or. Photo : Duc Anh/VNA/CVN

Selon les spécialistes, plusieurs produits agricoles exportés du Vietnam portent des signes distinctifs de distributeurs étrangers. Ainsi, la République de Corée importe-t-elle 90% de son café du Vietnam, mais le consommateur pense souvent qu’il s’agit de café brésilien.

Parmi les produits alimentaires transformés, on constate quelques marques de prestige : café Trung Nguyên, nouilles instantanées Acecook, fruits séchés Vinamit… «Il est difficile d’édifier des marques puissantes à cause de l’absence de stratégie et d’une alliance entre les producteurs», estime Vo Hùng Dung, président de l’Association des transformateurs de poisson tra du Vietnam.

Programme «Label commercial national»

Pour remédier à cette faiblesse, un plan stratégique d’élaboration de labels nationaux en faveur de l’industrie agroalimentaire du Vietnam a été lancé par le Département de promotion du commerce et de l’industrie. Il a pour objectif principal de promouvoir une image commune et uniforme de cette industrie vietnamienne à l’étranger, ainsi que d’améliorer sa réputation en termes de qualité et de valeur de ses produits. Ses entreprises bénéficient d’un réel avantage comparatif dans des secteurs comme les produits du riz, du miel, de la noix de cajou, du poivre, de la noix de coco, ou encore les légumes.

Il devient particulièrement urgent d’édifier un label commun pour cette industrie afin de renforcer la coopération entre les entreprises. «C’est la méthode efficace utilisée par d’autres pays asiatiques comme la Thaïlande et la République de Corée», insiste Koos van Eyk, directeur du projet d’assistance au Vietnam de l’Organisation néerlandaise de promotion des exportations des pays en voie de développement.

Selon le vice-ministre de l’Industrie et du Commerce, Dô Thang Hai, il faut exploiter la valeur ajoutée de l’agroalimentaire et renforcer les activités de promotion de l’exportation des produits de ce secteur. Le projet d’élaboration d’une stratégie de développement d’un label de l’industrie agroalimentaire vietnamienne, lancé par le ministère de l’Industrie et du Commerce, relève du programme «Label commercial national». Il a pour objet de présenter de l’industrie agroalimentaire, de soutenir la reconnaissance de la valeur des aliments vietnamiens sur les marchés étrangers, tout en contribuant à la croissance de ce secteur et à l’intensification de l’export de produits agroalimentaires.

Pour l’ambassadeur Bruno Angelet, chef de la Délégation de l’Union européenne au Vietnam, la création d’une marque pour l’industrie agroalimentaire contribuera à améliorer la compétitivité de ces produits vietnamiens sur le marché mondial. Le renouvellement des technologies, et l’amélioration de la qualité de ces produits seront nécessaires pour le développement de ce label national. 

L’industrie agroalimentaire manque toujours d’un label ảnh 2Parmi les produits alimentaires transformés, quelques marques de prestige alimentent les rayons : café Trung Nguyên, nouilles instantanées Acecook, fruits séchés Vinamit… Photo : Linh Lee/CVN


La «mine d’or» du Vietnam

Avec plus de 40 milliards de dollars de ventes annuelles de produits alimentaires et de boissons sur le marché national, et plusieurs dizaines de milliards de dollars d’exportations de produits agricoles, l’industrie agroalimentaire du Vietnam fait figure de «secteur en or». Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, la consommation d’aliments du Vietnam en 2016 augmentera de 5,1% pour atteindre 29,5 milliards de dollars, et par habitant, près de 316 dollars.

Récemment, de nombreuses entreprises domestiques comme Sao Mai, Ba Huân, Vissan, Dabaco, SG Food et Duc Viêt, ont renforcé leurs investissements dans l’industrie agroalimentaire, ce qui a permis aux marques nationales de dominer le marché domestique et de soutenir leurs exportations. Cependant, il faut admettre que le taux de produits transformés est trop faible par rapport à la capacité totale du marché. En outre, la création de la Communauté de l’ASEAN en fin 2015, qui signifie que les denrées alimentaires agricoles de Thaïlande, d’Indonésie, de Malaisie... entrent librement au Vietnam, affecte désormais ce marché. Il s’agit à la fois d’une opportunité et d’un défi majeur pour cette filière. Avec ses grands potentiels, son environnement de l’investissement qui s’améliore progressivement, le Vietnam est une destination attrayante pour les investisseurs de ce secteur, notamment ceux de République de Corée, du Japon, d’ASEAN et d’Europe.

Si les investissements sont renforcés, l’industrie agroalimentaire nationale répondra aux besoins nationaux, mais aussi augmentera ses exportations, pouvant même aller jusqu’à rivaliser avec les aliments importés. Et une fois que le Vietnam aura les capacités de participer pleinement à la chaîne de valeur mondiale, la consommation de nourriture et de boissons dans le pays sera plus élevée que les 40 milliards de dollars actuels. -CVN/VNA

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