L’essor des langues étrangères rares au Vietnam

Que faire après un diplôme d’espagnol, d’allemand ou de japonais ? Cette question inquiète particulièrement les étudiants de ces langues peu courantes au Vietnam.
L’essor des langues étrangères rares au Vietnam ảnh 1Les étudiants participent à un salon de l'emploi allemand organisé en octobre 2015 à Ho Chi Minh-Ville. Photo : saigontiepthi.vn

Que faire après un diplôme d’espagnol, d’allemand ou de japonais ? Cette question inquiète particulièrement les étudiants de ces langues peu courantes au Vietnam. Et pourtant, les perspectives sur le marché de l’emploi se montrent des plus prometteuses.

Les étudiants participent à un salon de l'emploi allemand, organisé en octobre 2015 à Hô Chi Minh-Ville. Photo : Sgtiepthi.vn

«J’ai choisi d’apprendre l’espagnol, car c’est une des langues les plus parlées dans le monde» explique Truong Ngoc Nam, étudiante en troisième année du Département de langue et littérature espagnoles à l’Université des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville.

Pour la jeune femme, ce choix est un réel investissement pour son avenir, et cite pour exemple les opportunités futures de l'Accord de partenariat transpacifique (TPP), dont les négociations ont été achevées le 5 octobre 2014 lors d'une conférence organisée à Atlanta, aux États-Unis. Cet accord entre douze pays, incluant le Vietnam et des pays hispanophones comme le Chili, le Mexique ou le Pérou, prévoit un renforcement des échanges commerciaux. Une ouverture professionnelle inédite selon l’étudiante. «Après le diplôme, il me sera possible de travailler dans le tourisme ou le secteur commercial, sans oublier des postes comme traductrice ou interprète», espère Ngoc Nam.

Le tourisme national a soif de personnel spécialisé

Selon les statistiques de l’Administration nationale du tourisme, l’anglais reste évidemment le choix privilégié pour plus de la moitié des 6.700 guides pratiquant une langue étrangère. En guise de comparaison, le français et le chinois totalisent à peine 2.000 professionnels, l’allemand 375, et l’espagnol 175.

L’essor des langues étrangères rares au Vietnam ảnh 2Dans une classe du japonais à Hanoi. Photo : VNA

​Une réalité difficile pour les voyagistes vietnamiens, obligés de refuser des touristes issus des régions linguistiques peu courantes au Vietnam et de dépendre d’une poignée d’experts. Profitant de cette pénurie, Trân Phan Hiên, un guide germanophone indépendant, raconte qu’il est employé par plusieurs voyagistes, lui assurant ainsi un revenu des plus confortables.

Le secteur touristique peut cependant montrer une certaine fragilité. Les tensions entre la Russie et l’Ukraine ont fait baisser ces dernières années le nombre de touristes russes au Vietnam, poussant les guides parlant la langue à exercer un autre métier. Et influant logiquement le choix des étudiants. «Le nombre de diplômés de russe a baissé de près de 10% par rapport à 2014. Plusieurs étudiants ont décidé d’apprendre une autre langue, dont l’anglais, pour assurer leur avenir», déplore Bùi My Hanh, doyenne du Département de langue et littérature russes à l’Université des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville.

Coopération plus étroite entre les universités et le secteur privé

Pour palier au manque de professionnels qualifiés, le privé n’hésite plus à faire appel aux universités spécialisées dans l’enseignement de langues étrangères.

«Lors de l’ouverture fin 2014 du site Vinpearl 2 à Phu Quôc, une destination prisées des russes, la société a contacté directement notre département pour recruter nos diplômés», explique la doyenne du Département de langue et littérature russes.

Pour Nguyên Ngoc Trâm Anh, étudiante en 4e année d’italien à Hô Chi Minh-Ville, maîtriser cette nouvelle langue lui permet même de financer ses études, en travaillant en parallèle dans une entreprise italienne implantée au Vietnam.

Quelle sera donc la langue à apprendre pour les années à suivre ? Selon une étude réalisée en 2015 par l’Association des entreprises allemandes au Vietnam, près de 60% d’entre elles préparent des projets de coopération avec les universités d’ici les trois prochaines années. Et surtout, espèrent recruter d’ici 2017 un grand nombre de stagiaires. –CVN/VNA

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