Hanoi (VNA) - Les exportations de produits aquatiques du Vietnam devraient augmenter d’environ un milliard de dollars en 2026 par rapport à 2025, grâce à la reprise de la demande mondiale et aux efforts des entreprises pour s’adapter à l’évolution du marché.
Cependant, parallèlement à ces opportunités, les exportateurs sont confrontés à des défis croissants liés aux normes techniques et aux coûts de mise en conformité.
Nguyên Hoài Nam, secrétaire général de l’Association des producteurs et exportateurs de produits aquatiques du Vietnam (VASEP), a déclaré que le chiffre d’affaires des exportations de produits aquatiques avait atteint près de 4 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de l’année, soit un bond de plus de 14 % sur un an.
Les exportations pour le seul mois d’avril étaient estimées à environ 947,8 millions de dollars, portant le total cumulé à environ 3,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 11,9 %.
Selon le responsable, si la dynamique de croissance actuelle se maintient et que les obstacles existants sont efficacement levés, les exportations de produits de la mer du Vietnam pourraient atteindre environ 12,3 milliards de dollars en 2026, soit environ un milliard de dollars de plus que les 11,3 milliards enregistrés en 2025.
La plupart des catégories de produits ont affiché une croissance positive, malgré des performances variables selon les segments. Les crevettes et le pangasius sont restés les principaux produits d’exportation, tandis que les exportations de thon ont diminué d’environ 6 %, sous l’effet de la pression des marchés internationaux et du durcissement des réglementations à l’importation.
La Chine est restée un moteur de croissance majeur, les exportations de produits de la mer vers la Chine continentale et Hong Kong dépassant le milliard de dollars au cours des quatre premiers mois de l’année, ce qui représente une forte hausse par rapport à la même période l’an dernier.
Le Japon a maintenu une croissance stable, tandis que les exportations vers les États-Unis ont chuté d’environ 6 à 7 %, principalement en raison des politiques commerciales et des procédures de règlement des différends commerciaux en cours.
Nguyên Hoài Nam a noté que le déclin du marché américain est probablement temporaire et principalement lié à des obstacles techniques plutôt qu’à un affaiblissement de la demande des consommateurs.
Selon la VASEP, les principaux marchés, tels que les États-Unis et l’Union européenne (UE), mettent en place en permanence de nouvelles réglementations relatives à la protection de l’environnement, à la traçabilité et à la responsabilité sociale.
Au sein de l’UE, les nouvelles exigences en matière de diligence raisonnable de la chaîne d’approvisionnement obligent les entreprises à évaluer l’ensemble de leur chaîne de production au regard de critères de durabilité.
Parallèlement, le maintien de l’avertissement «carton jaune » de l’UE concernant la nécessité de renforcer ses mesures contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée représente toujours un fardeau important pour les exportateurs.
Aux États-Unis, les enquêtes antidumping, les procédures antisubventions et autres mesures de défense commerciale sont devenues de plus en plus complexes.
Néanmoins, le secrétaire général de la VASEP a indiqué qu’une étroite collaboration entre les autorités et les entreprises a permis d’obtenir des résultats favorables dans plusieurs cas, avec à la clé une réduction des droits de douane applicables.
Au Vietnam, les entreprises du secteur des produits aquatiques subissent également la pression de la hausse des coûts de mise en conformité.
Les représentants de la VASEP ont constaté que les entreprises sont actuellement tenues d’investir simultanément dans leurs propres systèmes de traitement environnemental tout en contribuant aux systèmes centralisés des zones industrielles, ce qui augmente considérablement leurs coûts de production.
L’association a suggéré de revoir et d’ajuster ces exigences contradictoires. Par ailleurs, les incohérences réglementaires entre les différents secteurs, notamment en matière de procédures et de documentation, continuent de créer des difficultés opérationnelles pour les entreprises.
Pour assurer une croissance durable, Nguyên Hoài Nam a souligné la nécessité de se concentrer sur deux axes de solutions clés. Le premier consiste à améliorer les politiques et l’environnement des affaires afin de garantir la cohérence réglementaire et de réduire les coûts de mise en conformité.
Le second est de renforcer le dialogue entre les autorités de réglementation et les entreprises, notamment par la mise en place de mécanismes de consultation réguliers permettant de résoudre rapidement les problèmes émergents.
L’association a également insisté sur l’importance d’accélérer l’application de la science et de la technologie, en particulier dans les systèmes de traçabilité, la transformation en profondeur. Dans le même temps, il sera essentiel de renforcer les liens entre les chaînes de production, de transformation et de distribution, ainsi que de développer des zones d’approvisionnement stables en matières premières.
Nguyên Hoài Nam a déclaré que grâce à l’effet croissant des facteurs de marché et des politiques de soutien, l’objectif du secteur des produits aquatiques d’accroître ses exportations d’un milliard de dollars est réalisable.
Face au durcissement des normes internationales, il a souligné que l’adaptation proactive et le renforcement de la compétitivité seront des facteurs déterminants pour assurer une croissance durable et consolider la position des produits vietnamiens sur le marché mondial. — VNA