Le Vietnam veut en finir avec le charbon pour produire de l'électricité verte

Le Vietnam s'est récemment engagé à abandonner le charbon comme combustible d'ici 2045. La production de l'électricité à partir des énergies renouvelables devient donc prioritaire.
Hanoi (VNA) – Le Vietnam s'est récemment engagé àabandonner le charbon comme combustible d'ici 2045. La production del'électricité à partir des énergies renouvelables devient donc prioritaire.
Le Vietnam veut en finir avec le charbon pour produire de l'électricité verte ảnh 1La centrale thermique Vinh Tân 2, province de Binh Thuân (Centre). Photo : VNA


La tendance actuelle repose sur le développement de la production de l’énergieà partir de la chaleur générée par le soleil, le vent ainsi que d’autresénergies renouvelables. Celle produite par la combustion du charbon n’est plusl’alternative privilégiée pour la garantie de la sécurité de l’énergienationale, du fait des impacts négatifs des centrales à charbon surl’environnement et conséquemment sur la santé des habitants. En effet, selondes experts, les habitants vivant aux alentours des centrales à charbonprésentent des risques deux fois plus élevés de contracter des maladies queceux qui habitent loin de ces centrales.

Depuis 2018, la question cruciale posée est la suivante : "Est-ilencore convenable de continuer à utiliser le charbon pour assurer la sécuritéde l’énergie ?" alors même que l’on sait très bien aujourd’huil’impact d’une telle industrie sur l’environnement et la santé des habitants.

Diminuer la dépendance au charbon

Dans la Planification de l’électricité VIII, élaborée en 2020 par le ministèrede l’Industrie et du Commerce, est envisagée la limitation de la production del’énergie thermique à charbon.

Plusieurs associations ont soutenu cette initiative, notamment l’Alliance del’énergie durable du Vietnam, celle de lutte contre les maladies nontransmissibles et le Réseau des rivières du Vietnam. Ces trois organisationsont demandé au ministère de l’Industrie et du Commerce de faire pression pourqu’à partir de 2030, de nouvelles centrales à charbon ne soient plus créées. Enparallèle, elles insistaient également sur la nécessité de développerrapidement les projets d’énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire.

Aujourd’hui, la combustion du charbon est la source de 37% de l’électricitéproduite dans le monde. Mais cette activité est la plus polluante et émetbeaucoup de gaz à effet de serre, à l’origine du dérèglement climatique. Ainsi,la diminution de la consommation du charbon est une condition sine qua non pouratteindre les objectifs environnementaux. Et pourtant, comme il est bon marchéet d’une quantité abondante, nombreux sont les pays dépendant à cetteressource. 

Lors de la récente Conférence de Glasgow de 2021 sur les changementsclimatiques (COP26), une quarantaine de pays, dont ceux produisant un grandvolume d’électricité à partir du charbon, comme le Canada, la Pologne,l’Ukraine et le Vietnam, se sont engagés à limiter l’usage de cette énergieainsi qu’à renoncer à construire de nouvelles centrales à charbon.

Pas de centrale à charbon en 2045

La COP26 s’est terminée par l’adoption du Pacte de Glasgow pour le climat. Lespays se sont engagés à maintenir l’augmentation moyenne de la température àmoins de 2 degrés et à réduire progressivement la production d’électricité aucharbon.

"Le monde suit actuellement la bonne direction, étant prêt à mettrefin à la consommation du charbon et ouvert à celle des énergies propres",a commenté Kwasi Kwarteng, secrétaire d’État britannique aux Affaires, àl’Énergie et à la Stratégie industrielle. Ce pays procédera, parallèlement àl’engagement de renoncer à la production de l’électricité par la combustion ducharbon, à des investissements dans les énergies renouvelables. 

Certains pays développés se sont engagés à arrêter l’utilisation du charbond’ici 2030 et d’autres pays en voie de développement d’ici 2040. En outre, unevingtaine de pays, dont le Vietnam, et organisations ont promis de renoncer àsubventionner les projets d’énergies fossiles à partir de la fin de2022.  

S’exprimant lors de la conférence, le Premier ministre Pham Minh Chinh aaffirmé que le Vietnam était fermement déterminé à atteindre zéro émissionnette d’ici à 2050.

En effet, nombreux sont aujourd’hui les projets de centrales à charbon qui ontété enterrés au Vietnam. Beaucoup de producteurs d’électricité locaux ont optépour la production à partir du gaz naturel liquéfié, considéré plusécoresponsable.

Selon Nguyên Hông Diên, ministre de l’Industrie et du Commerce, les centralesthermiques sont chargées actuellement de produire 32% de la consommation totaled’électricité du pays et jouent un rôle important dans la sécurité énergétiquenationale. Néanmoins, d’ici 2045, le pays rationnera au maximum la constructionde nouvelles centrales à charbon et arrêtera le fonctionnement des centralesqui recourent à des technologies anciennes et polluantes. 

Les engagements du Vietnam salués

Les engagements drastiques du Vietnam sur le plan de l’environnement lors de laCOP26 ont été salués par l’opinion internationale. Les observateurs ont ainsiloué la direction prise par le pays et ses efforts pour à la fois s’adapter auxchangements climatiques et changer de modèle de production d’énergie.

D’après Paul Smith, vice-président du Réseau du Vietnam - Royaume-Uni,l’objectif du Vietnam visant à atteindre zéro émission nettes d’ici 2050 amontré non seulement la détermination du pays à lutter contre le dérèglementclimatique mais aussi son rôle pionnier en Asie du Sud-Est en la matière.

"Cet engagement est logique avec le contexte environnemental actuel duVietnam, qui est l’un des pays les plus touchés par la montée du niveau de lamer. En outre, le pays procède à l’industrialisation depuis seulement troisdécennies et pourra facilement effectuer la transition vers une économie à bascarbone", a-t-il fait part.

Selon l’ambassadeur du Royaume-Uni au Vietnam, Gareth Ward, le pays a toutesles cartes en main pour remplir ses objectifs. "Le Vietnam pourrait eneffet atteindre tous les objectifs fixés. Au Vietnam, 70% des gaz à effet deserre émis proviennent de l’industrie énergétique, dont la majorité est le faitde la production de l’électricité. Ainsi, si le pays peut rapidement dirigercette industrie vers les énergies éolienne et solaire, il pourra diminuer sonimpact sur l’environnement et contribuera notablement à la lutte contre leschangements climatiques", a-t-il remarqué. – CVN/VNA

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