Hanoi (VNA) - Les experts à un séminaire organisé vendredi 21 août à Hanoi par l’Université des ressources en eau, l’Association des ressources en eau du Vietnam et l’Agence de coopération internationale du Japon (JICA), se sont penchés sur les solutions pour relever le défi de la gestion des inondations urbaines et des bassins versants au Vietnam.
Ils ont débattu de la gestion des inondations, de la régulation des lacs, des infrastructures vertes, des systèmes de prévision et d’alerte précoce, ainsi que des politiques visant à renforcer la résilience des villes face aux catastrophes naturelles et au changement climatique.
Dans son allocution d’ouverture, le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Lê Công Thành, a déclaré que les inondations urbaines ne relevaient plus simplement des systèmes de drainage propres à chaque ville.
Les précipitations extrêmes, les débits en amont, le niveau des cours d’eau, les marées, la capacité de stockage de l’eau, l’occupation des sols et l’urbanisme sont étroitement interdépendants, a-t-il déclaré. La gestion des inondations doit donc reposer sur une approche intégrée associant la gestion des ressources en eau, l’aménagement urbain et la gouvernance des risques de catastrophe.
Lê Công Thành a cité des directives récentes préconisant de passer d’une simple réaction aux catastrophes à la gestion des risques, et de la prise en charge des conséquences à leur prévention en amont.
La planification doit prendre en compte la capacité de drainage, les zones d’écoulement des crues, la gestion des cours d’eau, les normes de construction et les systèmes d’alerte précoce, a-t-il indiqué.
Une orientation politique publiée en juillet préconisait également de passer d’une gestion fragmentée — fondée sur les secteurs et les limites administratives — à une gouvernance intégrée et interrégionale. Le développement doit s’inscrire dans les limites écologiques et intégrer des solutions fondées sur la nature, des infrastructures vertes ainsi que des infrastructures conçues pour résister aux inondations et aux impacts climatiques.
Systèmes vieillissants
Environ 90% des réseaux d’assainissement urbains sont des systèmes unitaires acheminant à la fois les eaux pluviales et les eaux usées, a déclaré Dang Minh Hai, directeur adjoint de la faculté de génie des ressources en eau de l’Université des ressources en eau.
La plupart ont été construits il y a 40 à 60 ans et sont de moins en moins capables de faire face à des précipitations extrêmes, a-t-il fait savoir.
Les inondations varient selon la localisation. Les villes de montagne peuvent être touchées par de fortes pluies et des crues fluviales, et les villes de plaine principalement par les précipitations, tandis que les villes côtières sont confrontées aux effets conjugués de la pluie, des marées et, dans certaines zones, de l’affaissement des sols.
En 2024, le Vietnam a recensé environ 397 zones sujettes aux inondations, couvrant une superficie d’environ 925 hectares.
Ces chiffres démontrent que le pays ne peut pas appliquer un modèle unique de lutte contre les inondations à l’échelle nationale. Les solutions doivent tenir compte des caractéristiques naturelles de chaque ville et de chaque bassin versant.
À Hanoi, par exemple, les inondations sont principalement causées par la pluie. Bien que la capitale ait mis en œuvre des projets dans le cadre de son plan de drainage de 2013, la capacité des stations de pompage et la superficie des bassins de régulation ne répondent actuellement qu’à environ 30% des exigences du plan, a indiqué Dang Minh Hai.
Les fortes pluies récentes ont dépassé la capacité de conception du système, provoquant des inondations à de nombreux endroits. Hanoi devrait réévaluer son réseau de drainage et actualiser ses plans en s’appuyant sur de nouvelles données, a-t-il poursuivi.
Les autorités devraient également étudier des moyens de stocker les eaux de pluie dans les parcs, les écoles et les espaces publics, parallèlement aux investissements dans les réseaux d’égouts, les bassins de rétention et les stations de pompage.
Solutions à l’échelle du bassin
Aoyama Yoshihiko, expert de la JICA, a déclaré que la gestion des inondations dans les bassins fluviaux devrait combiner trois mesures : le contrôle des débits, le stockage de l’eau et l’amélioration de la préparation aux catastrophes.
Ces mesures comprennent le dragage et l’élargissement des chenaux fluviaux, la construction de réservoirs et de lacs de rétention, ainsi que l’obligation pour les nouveaux aménagements de gérer les eaux de ruissellement à la source. Les autorités devraient également utiliser des cartes des risques d’inondation pour identifier les zones vulnérables et élaborer des plans d’évacuation.
Des experts ont exhorté le Vietnam à passer d’une gestion localisée des inondations à une gestion globale des risques à l’échelle des bassins versants grâce à un drainage intégré, une planification de l’aménagement du territoire et des opérations intelligentes.
Des solutions vertes, telles que des routes perméables, des jardins de pluie, des réservoirs de stockage et des parcs inondables, devraient compléter les infrastructures conventionnelles, tandis que des capteurs, des radars pluviométriques et des caméras pourraient renforcer les prévisions et les alertes précoces.
Pour la période 2026-2035, ils ont recommandé de privilégier la réforme institutionnelle, la fiabilité des données et l’investissement dans les bassins à haut risque. L’objectif à long terme est de passer d’une maîtrise passive des inondations à une gestion proactive et climatiquement résiliente des risques. — VNA