Le rêve encore loin de la formation des pilotes vietnamiens

L’aviation nationale a connu une croissance à deux chiffres. De nouvelles compagnies aériennes sont nées mais le nombre de pilotes vietnamiens reste trop limité, obligeant le secteur à louer des étrangers.
Hanoi (VNA) - Ces dernières années, l’aviation nationale a connu une croissance à deux chiffres. De nouvelles compagnies aériennes sont nées mais le nombre de pilotes vietnamiens est encore trop limité, obligeant le secteur à louer des étrangers.
Le rêve encore loin de la formation des pilotes vietnamiens ảnh 1Actuellement, toutes les compagnies aériennes commerciales du Vietnam emploient des pilotes étrangers. Photo : TN/CVN

Le rêve d’une formation complète et efficace des pilotes de ligne vietnamiens est en gestation depuis longtemps mais n’a malheureusement pas encore été couronné de succès.

L’École de formation des pilotes du Vietnam (Viet Flight Training), dépendant de la Compagnie aérienne nationale Vietnam Airlines, est l’unique établissement du pays à former partiellement des pilotes. Chaque année, elle organise de quatre à cinq cours de formation de théorie fondamentale avec 25 ou 30 élèves apprentis à chaque cursus. Cette école ne peut par contre prendre en charge que l’enseignement théorique et doit coopérer avec des écoles de formation étrangères pour les cours pratiques et la délivrance de la licence de pilote.

En complément de la Viet Flight Training, le groupe Vingroup a coopéré avec la CAE Oxford Aviation Academy (Canada), qui fait partie du CAE INC, un réseau de formation de vol canadien, pour créer l’École de formation de main-d’œuvre qualifiée pour le secteur aérien (Vin Aviation School) et le Centre de formation des pilotes Vinpearl Air (VPA Trainning Centre). La première promotion de la Vin Aviation School a été organisée en 2019.

Pour sa part, Bamboo Airways a collaboré avec des écoles de formation australiennes et britanniques pour y former des pilotes vietnamiens. Après l’obtention du diplôme, ces futurs pilotes retourneront dans leur pays natal pour y travailler. L’Administration de l’aviation civile du Vietnam organisera alors un test d’évaluation avant validation de leur brevet de pilote. Les nouveaux diplômés devront ensuite suivre un autre cursus pour pouvoir piloter officiellement un avion de ligne commercial.

Un représentant de ladite Administration informe qu’à heure actuelle, il n’y a pas suffisamment de personnels pour organiser les examens ou délivrer les brevets de pilote. De plus, la Loi sur l’aviation du Vietnam n’a pas encore de règlements suffisamment précis concernant la formation des pilotes dans le pays. Cela induit une pénurie de pilotes vietnamiens.

En effet, selon le capitaine Nguyên Nam Liên, recteur de la Viet Flight Training, le projet national de formation des pilotes a été élaboré depuis 1995 et certains établissements sont même équipés d’avions d’entraînement mais les autorisations nécessaires pour voler n’ont pas encore été délivrées. En dehors des pilotes, le secteur aérien fait aussi face au manque de personnels assurant la sécurité des vols. En 2020, le besoin est de 56 personnes et ce chifre devrait s’élever à 100 à l’horizon 2025. Pour autant, l’Administration nationale de l’aviation ne dispose pour le moment que de quelques agents qualifiés car ce poste de surveillance nécessite d’avoir un brevet de pilote et des heures de vol validées.

Une formation très sélective
Le rêve encore loin de la formation des pilotes vietnamiens ảnh 2Lors d’un cours de formation à Viet Flight Training. Photo : BV/CVN

Partageant son parcours de formation de pilote, Huynh Thanh Vân, 27 ans, originaire de Bac Liêu, au Sud, estime que pour devenir pilote, il faut réunir quatre qualités : la passion, les ressources financières, un anglais de bon niveau et des connaissances de base en mathématique et physique, et une bonne santé.

Avant de travailler pour Vietnam Airlines, Thanh Vân a été formé à la Viet Flight Training puis en Nouvelle Zélande. Les frais totaux de formation se sont élevés à 2,5 milliards de dôngs.

D’après la pilote Nguyên Thi Phuong Thao, 31 ans, originaire de Vinh Long au Sud, pour pratiquer ce métier, les femmes doivent avoir une bonne santé et une grande volonté. "Il faut vraiment avoir une véritable passion pour surmonter les nombreuses difficultés lors des études et durant le travail", partage Mme Thao. Elle a de son côté opté pour une formation dans une école en Nouvelle Zélande avec des frais d’études s’élevant à 2 milliards de dôngs.

Selon les réglementations en vigueur sur le recrutement et la formation des pilotes commerciaux, les candidats doivent avoir de 18 à 32 ans, être diplômés du secondaire, titulaires d’un niveau de 550 points au TOEIC ou plus et mesurer au minimum 1,65 m pour les hommes et 1,60 m pour les femmes.

Après les contrôles de santé et les évaluations du niveau d’anglais, les candidats doivent passer un test sur ordinateur d’aptitude et d’adaptabilité au métier. Pour finir, ils devront passer un entretien avec des enseignants expérimentés. Les études de la formation de base durent deux ans et coûtent de 2 à 2,5 milliards de dôngs selon le pays de formation.

En dehors de la licence de pilote de base, les étudiants doivent aussi suivre un cours pour être pilote adjoint sur les avions ATR72, A320 ou A321. Les frais s’élèvent ici à 1,5 - 1,6 milliard de dôngs et sont pris en charge en grosse partie par les compagnies aériennes. Le salaire de base en début de carrière d’un pilote varie entre 70 et 75 millions de dôngs par mois.

Selon l’Administration de l’aviation, les cinq Compagnies aériennes commerciales emploient actuellement 1.223 pilotes étrangers (représentant 50% du total des pilotes). La Compagnie aérienne nationale Vietnam Airlines utilise en proportion le moins de pilotes étrangers (309 au total) tandis que 75% des pilotes employés par Vietjet Air sont étrangers. – CVN/VNA

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