Le marché montagnard de Bac Hà : un lieu mythique, une atmosphère

À 60 km environ de la ville de Lào Cai, Bac Hà est le plus grand marché montagnard du Nord. Il a lieu tous les dimanches. Pour les visiteurs, les gens de passage et les commerçants, c’est véritablement un lieu de rencontre.
À 60 km environde la ville de Lào Cai, Bac Hà est le plus grand marché montagnard duNord. Il a lieu tous les dimanches. Pour les visiteurs, les gens depassage et les commerçants, c’est véritablement un lieu de rencontre.

Le marché de Bac Hà se situe dans le district du même nom (provincemontagneuse de Lào Cai, Nord). Pour s’y rendre au départ de la ville deLào Cai, les habitants de la région doivent parcourir environ 74 km, etemprunter la seule et unique voie construite sur le flanc de lamontagne, bordée de rizières en gradins de part et d’autre du relief.Alors que nous approchons de notre destination finale, nous apercevonsdes groupes issus des ethnies minoritaires. Avec leurs chevaux, ilsacheminent vers le marché moult produits. Ils rient et parlentbruyamment. Certains sont partis à l’aube, d’autres, ceux qui résidentle plus loin, se sont mis en route la veille.

La plupartdes chalands se déplacent quant à eux à pied ou à dos de cheval,parcourant parfois des dizaines de kilomètres à travers les sentierssinueux de la forêt. Les plus aisés prennent la moto. Les touristes,enfin, ont posé leurs valises non loin de là et viennent souventnombreux visiter ce lieu unique de la région.

Le districtde Bac Hà est considéré comme le "chef-lieu" de l’ethnie Mông. On ycroise toutefois des Man et des Dao. Chaque semaine, les participantsattendent avec impatience l’ouverture du marché dominical. Celui qui aapporté des pousses de bambou, celui qui semble être venu sacrifier unchien et une poule, ils sont plusieurs marchands à venir, non pas pourvendre leurs produits, mais pour l’ambiance qui règne au milieu desétals, pour l’atmosphère non moins conviviale qui suggère à tous lesvisiteurs d’arborer un large sourire. Pour le plaisir en somme.

Spectacle trépidant de la haute région

Autrefois, le marché de Bac Hà se tenait sur une colline en pentedouce. Aujourd’hui, il s’étend sur plus de quatre hectares et a étéinstallé sur une grande place du district de Bac Hà. Lorsque le visiteurarrive au loin, il constate que la nature généreuse ne dissimulenullement les larges motifs multicolores des vêtements en brocatellefilés par les femmes Mông et Dao, que l’on distingue toujours.

Une fois sur place, on y trouve toutes sortes d’objets, d’ustensilesménagers et d’outils. À l’entrée, le matériel agricole gît pêle-mêle àmême le sol et empiète sur le chemin. En général, les stands les plusembouteillés sont les étals de bijoux, de jupes, de vêtements, d’étoffesen brocatelle et de belles hottes en rotin, situés au centre du marché.Les visiteurs, notamment les touristes étrangers, manifestent ici unintérêt particulier pour les tableaux colorés tissés main.

En fait, ce bazar a ceci de particulier que les vendeurs n’interpellentjamais le chaland, comme c’est souvent le cas. Au contraire, ce derniera plutôt tendance à se ruer sur les présentoirs pour trouver l’objet deleur désir. Un spectacle envié par de nombreux commerçants urbains.

La zone consacrée aux buffles et aux chevaux attire enfin davantage leshommes. Les animaux qui y sont exposés ne sont pas destinés à la vente.Ils sont un prétexte pour participer au marché, pour bavarder avec lesvoisins et les autres paysans de la région. Pour le principe, ilsaffichent tout de même un prix, la plupart du temps déraisonnable. Lebuffle le moins cher coûte entre 20 et 30 millions de dôngs, le plusonéreux peut aller jusqu’à 100 millions. Les chevaux quant à eux fontl’objet de longs paris. À savoir lesquels participeront à la prochainecourse de Bac Hà, et lequel bien sûr l’emportera. Ils comparent leurprix, leur robe et leurs chances de l’emporter.

Des spécialités gastronomiques

Pas de marché sans spécialité culinaire, et sans dégustation. Lesvisiteurs raffolent du thắng cố, une soupe de viande de cheval pimentéequi bout sur place, dans un four en terre. Un plat très populaire quiattire toujours les curieux en nombre. Sur place, cinq commerçantsprofitent du filon et leur stand ne désemplit jamais. En général, poursavourer le thắng cố avec plus d’authenticité, les gourmandsl’accompagnent d’un ou plusieurs verres d’alcool de maïs.

L’alcool de maïs Bac Hà est conservé dans des bidons de 20 litres etvendu non loin de ces échoppes de fortune. Une spécialité de Ban Phô,l’une des communes du district de Bac Hà. D’après Giàng Seo Sâu,fabricant expérimenté, «Ban Phô recense plus de 500 foyers et plus de3.000 personnes. Tous connaissent bien ce métier mais seulement deuxtiers en vivent». Cette boisson est produite fin automne, alors que lesépis de maïs, cultivés sur les versants de la montagne, sont mûrs etpresque rouges. La commune dénombre plus de 300 ha de surface de maïs,trois fois plus que de riz. Les Mông récoltent 1.000 tonnes par an etproduisent 400.000 litres d’alcool.

Même si lestouristes affluent sur le marché, c’est insuffisant aux dires decertains marchands. À 58 ans, Michael Paul est Irlandais et habite dansl’arrondissement de Hoàn Kiêm (Hanoi). Il a visité 18 fois la provincede Lào Cai en dix ans. Chaque fois, il s’est rendu sur le marché. Ilpartage : "Il y a 12 ans, mon épouse et moi avons fait un voyage à DôngVan (province montagneuse de Hà Giang, Nord). Nous avons étélittéralement séduits. Depuis, nous revenons souvent, deux fois par anen moyenne". Et d’ajouter, amusé : "Je suis devenu guide touristiquepour mes amis lorsqu’ils me rendent visite. Je sais comment les Manfilent leurs sacs de brocatelles, combien de temps les Mông prennentpour concevoir un jupe de plusieurs millions de dôngs", partage-t-il.

Un endroit donc qui mérite le détour, courez-y ! -VNA

Voir plus

Scène du film "Thỏ ơi", qui a été filmé clandestinement puis diffusé illégalement sur les réseaux sociaux seulement quelques jours après sa sortie. Photo : Galaxy Studio

Droit d’auteur : le Vietnam renforce les inspections dans l’environnement numérique

Le ministère vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme a lancé un plan d’action visant à intensifier les contrôles et le traitement des violations du droit d’auteur, notamment dans les domaines des logiciels, des films, de la musique, des programmes télévisés et des jeux vidéo en ligne, conformément aux directives du Premier ministre sur la protection de la propriété intellectuelle.

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Tay Ninh : Préserver le rythme de l'artisanat traditionnel de l'estuaire de Nhut Tao

Dans l’estuaire de Nhut Tao, dans le district de Tan Tru (ancienne province de Long An), les habitants, attachés à leur terre et à leurs traditions, cultivent chaque jour les champs de carex et font encore tourner les anciens moulins à riz. Ici perdure, au fil des gestes quotidiens, toute l’âme authentique de la vie rurale d’autrefois.

Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville fait renaître ses théâtres traditionnels

Malgré le passage du temps, les théâtres traditionnels de Hô Chi Minh-Ville poursuivent leurs efforts pour préserver et revitaliser leurs activités. La relance des œuvres classiques ainsi que l’intégration du patrimoine dans l’éducation et le tourisme témoignent de la vitalité des arts traditionnels au cœur de la métropole.

La série animée Wolfoo figure parmi les 10 finalistes du 7e Concours de cricket pour enfants. Photo : Comité d'organisation

Les 10 finalistes du Prix pour les enfants Dê mèn 2026 dévoilés

La 7e édition du prix pour les enfants Dê Mèn (Grillon) 2026 met à l’honneur la diversité de la création artistique destinée aux enfants au Vietnam, avec dix œuvres finalistes couvrant plusieurs disciplines culturelles et une participation remarquée de jeunes créateurs.

Le stand vietnamien attire un large public grâce à ses activités culturelles, ses spectacles artistiques traditionnels et ses spécialités culinaires, laissant une image positive du Vietnam auprès des visiteurs locaux et étrangers. Photo: VNA

Le Vietnam à l’honneur au Festival culturel mondial de Seongnam

Le Festival culturel mondial de Seongnam a mis à l’honneur la diversité culturelle et les échanges entre les peuples, réunissant des communautés internationales autour des traditions, de la gastronomie et des arts, avec une participation remarquée du Vietnam.

Une performance de don ca tai tu. Photo: VNA

Le don ca tai tu, levier du développement touristique à Tây Ninh

Reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel représentatif de l’humanité, le don ca tài tu (chant des amateurs du Sud) du Vietnam n’est pas seulement une forme d’art populaire, mais aussi la quintessence de la vie spirituelle, de l’identité et du caractère des habitants méridionaux.

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Hanoï érige la culture en pilier de son développement

Après la promulgation par le Bureau politique de la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, la capitale Hanoï s’emploie progressivement à concrétiser les objectifs et orientations qui y sont définis.
Au-delà des déclarations d’intention ou des actions de façade, l’ambition de faire de la culture un pilier du développement est désormais traduite en mesures concrètes, mises en œuvre de manière plus efficace et appelées à produire un large rayonnement.

La pièce «Thi Mâu voyage à travers le temps». Photo : hanoi.gov.vn

À Hanoi, l’automne aux couleurs des arts de la scène

Le festival mettra en lumière des œuvres reflétant la richesse culturelle et historique de Hanoi, de son peuple et de son identité, avec des productions exceptionnelles dans un large éventail de genres théâtraux, notamment le cheo (théâtre populaire), le cai luong (théâtre rénové), le théâtre, les comédies musicales, le cirque, le théâtre de marionnettes et le tuông (théâtre classique).

Les vastes plaines alluviales qui bordent la rivière Cà Lô sont un lieu idéal pour camper le week-end. Photo : VNP

La dynamique de développement des villages d’artisanat

Au cœur des profondes mutations de notre époque, où le développement ne se mesure plus seulement à la vitesse de croissance mais aussi à la richesse de l’identité, la Résolution n°80-NQ/TW ouvre une nouvelle perspective : la culture ne suit plus le mouvement, elle l’accompagne et en devient un moteur d’impulsion.

Contrairement aux estampes polychromes, la peinture de Sinh utilise la matrice uniquement pour imprimer les contours, la coloration étant ensuite réalisée à la main, ce qui rend chaque œuvre unique. Photo : VNA

Les derniers gardiens de l'art des estampes populaires du village de Sinh à Hue

Ancré depuis plus de quatre siècles dans la vie spirituelle des habitants de l’ancienne cité impériale, l’art des estampes populaires du village de Sinh (quartier de Duong No, ville de Hue) a longtemps été au bord de l’extinction. Aujourd’hui relancé, ce savoir-faire ancestral ne survit pourtant encore qu’à travers les gestes d’une poignée d’artisans, posant avec acuité la question de la préservation d’un patrimoine populaire intimement lié aux croyances et à l’identité culturelle locale.

Des délégués et des citoyens visitent l'espace d'exposition du Musée de Hanoï. Photo : VNA

Pour faire de la culture un moteur du décollage touristique

Portée par la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne, Hanoï accélère la valorisation de son immense patrimoine afin de faire de la culture un moteur de croissance durable, de dynamisme touristique et de créativité urbaine, malgré des défis persistants liés à la numérisation, aux infrastructures et à l’attractivité des produits culturels.