Le jeune homme qui sculpte des ombres

Bùi Van Tu est le fondateur de l’art de la sculpture d’ombres au Vietnam. En combinant l’assemblage de différents matériaux ou la sculpture sur bois avec la lumière, il crée des œuvres originales.

Hanoi (VNA) - Bùi Van Tu est le fondateur de l’art de la sculpture d’ombres au Vietnam. En combinant l’assemblage de différents matériaux ou la sculpture sur bois avec la lumière, il crée des œuvres originales.

Le jeune homme qui sculpte des ombres ảnh 1  Bùi Van Tu à côté d’une de ses œuvres d’ombres.

Dans son atelier situé dans le village de céramique de Bat Tràng, en banlieue de Hanoï, Bùi Van Tu, né en 1992, arrange méticuleusement des morceaux de poteries cassées et jetées. Puis, il se tourne vers la lampe posée à côté de lui et l’allume. De manière inattendue, un miracle se produit : l’image d’un potier en train de travailler apparaît sur le mur.

"L’idée de la sculpture d’ombres (shadow art en anglais) est née lorsque j’étais étudiant et que je créais des scènes miniatures pour décorer les espaces intérieurs et extérieurs. Après avoir installé une rocaille, j’utilisais des lumières pour l’éclairer. Par hasard, j’ai découvert son ombre sur le mur, qui ressemblait presque à un ours. À ce moment-là, je me suis dit : +Pourquoi ne pas essayer de combiner l’installation, la mise en forme et la lumière pour créer de nouvelles œuvres d’art ?+ Depuis lors, j’ai exploré cette nouvelle manière de concevoir de l’art et après un certain temps, j’ai nommé cette forme d’art de sculpture d’ombres", explique-t-il.

Le jeune homme qui sculpte des ombres ảnh 2 Une des œuvres d’ombres de Bùi Van Tu.

 
Et d’ajouter : "En 2014, j’ai participé à l’émission de téléréalité +Vietnam’s Got Talent+, qui m’a donné beaucoup de motivation et de détermination pour continuer à développer cet art".

En plus des œuvres artistiques en céramique, Bùi Van Tu a également créé de nombreuses sculptures en utilisant du gô lua (des souches déshydratées d’arbres très vieux, voire centenaires, qui sont presque fossilisées et donc très dures), de la pierre, du ciment et même de vieux objets abandonnés tels que des casques et des bouteilles, des canettes de boissons gazeuses ou des boîtes en papier.

Jeu d’ombre et de lumière

Sous les mains habiles et méticuleuses de ce jeune artisan, des œuvres d’ombres faites de divers matériaux voient le jour grâce à la lumière.

Le jeune homme qui sculpte des ombres ảnh 3 Une œuvres d’ombres sur le bouddhisme de Bùi Van Tu.

"J’ai réalisé à ce jour une soixantaine d’œuvres d’ombres sur divers matériaux. Ma première création est une voiture, faite fin 2011 à partir de ferraille. Chaque œuvre a sa propre marque distinctive et son propre caractère. Celle qui m’a le plus touchée et qui a suscité beaucoup d’émotions est le portrait d’un médecin luttant contre le COVID-19. Cette œuvre, réalisée en 2020, est comme un hommage à la force médicale en première ligne dans ce combat", raconte le jeune artiste. Pour lui, la plus grande difficulté a été que personne avant lui au Vietnam n’avait créé d’œuvres d’ombres. Le processus de recherche demande de l’initiative et de l’auto-apprentissage. Il faut étudier, essayer, échouer, mais ne pas se décourager et persévérer. "Le matériau que j’utilise le plus est le +gô lua+ et puis la céramique, en particulier celle de Bat Tràng".

Il était impressionnant et surprenant de visiter l’espace d’exposition de Bùi Van Tu au Centre de la quintessence du village artisanal vietnamien, dans le village de Bat Tràng. Des bûches de gô lua qu’il a sculptées en œuvres d’art ou des morceaux de ferraille qu’il a transformés en statues étaient exposés. Au début, cela avait l’air bizarre, mais quand l’artiste a allumé les lumières, les ombres des objets sculptés ou assemblés ont soudainement donné naissance à des portraits de scientifiques de renommée mondiale, de compositeurs de génie, même de Bouddha ou de Quan Thê Âm (Guan-Yin). La combinaison de la sculpture et de la lumière crée une nouvelle œuvre artistique qui se distingue considérablement de la version visible avant l’éclairage.

"Actuellement, le Centre de la quintessence du village artisanal vietnamien est le seul endroit où j’expose mes œuvres. Une exposition intitulée +Lumière de la connaissance+ met en vedette des portraits de savants et de scientifiques qui ont apporté la lumière de la connaissance à l’humanité. À l’avenir, je prévois de créer un espace de sculptures d’ombres qui raconteront l’histoire des samouraïs et du kenjutsu dans la province de Quang Ninh (Nord). J’ai également un projet pour développer une collection de sculptures d’ombres qui utilisent la lumière du soleil. La sculpture de la lumière nécessite deux propriétés fondamentales : la forme et l’ombre, qui sont très similaires à la langue que nous utilisons, tant au sens propre qu’au sens figuré. C’est pourquoi la sculpture d’ombres est si bien adaptée pour raconter des histoires. Nous aspirons à pouvoir construire des collections qui peuvent raconter des récits sur la culture, l’histoire et le peuple vietnamiens", confie-t-il.

Bùi Van Tu trouve souvent l’inspiration créative auprès des personnes qu’il rencontre dans la vie quotidienne. Parallèlement, il s’intéresse à la vie, à la culture et à l’histoire pour transmettre la beauté et la magie. Ses œuvres se concentrent sur des portraits tels que le Président Hô Chi Minh, le Général Vo Nguyên Giap, Bouddha, des savants, des scientifiques, ainsi que sur les récits de potiers.

Ce jeune artiste espère avoir l’opportunité de créer des œuvres d’ombres encore plus impressionnantes pour embellir la société et présenter des pièces uniques aux passionnés d’art vietnamiens et étrangers. -CVN/VNA

Voir plus

Le Sud du Vietnam abrite de nombreux villages horticoles et jardins spécialisés dans les plantes ornementales, dont l’histoire remonte à plusieurs décennies. Parmi eux, le village de Sa Dec, dans la province de Dông Thap, qui est considéré comme la plus vaste région de culture florale dédiée au Têt dans le delta du Mékong. Fort d’un passé centenaire, Sa Dec voit, en fin d’année, ses jardins s’animer afin d’ajuster les cycles de floraison et d’assurer un approvisionnement conforme aux besoins du marché du Têt. Photos: VNP

Dans le Sud règne l’effervescence florale à l’approche du Têt

La décoration intérieure à base de fleurs fraîches et de plantes ornementales pendant le Têt constitue une tradition culturelle vietnamienne ancestrale et précieuse. Elle symbolise les vœux de retrouvailles familiales, de prospérité et d’un nouveau départ empreint de sérénité. Dans le Sud du Vietnam, la culture florale du Têt bat son plein, les provinces et les villes mobilisant leurs productions afin de répondre à la demande croissante à l’approche du Nouvel An lunaire 2026.

Présentation de produits OCOP. Photo: VNA

À Hanoï, des espaces culturels et commerciaux au service du Tet 2026

Selon Nguyen The Hiep, directeur adjoint du Service municipal de l’industrie et du commerce, ces initiatives s’inscrivent dans la mise en œuvre de la directive n°05-CT/TU du Comité municipal du Parti de Hanoï relative à l’organisation des activités d’accueil du Nouvel An lunaire 2026.

Distribution de l’étrenne du Nouvel An aux représentants des personnes âgées et aux enfants au Mozambique. Photo : Ambassade du Vietnam au Mozambique

Un avant-goût du Têt vietnamien au Laos et au Mozambique

L’école bilingue lao-vietnamienne Nguyen Du a réuni ses élèves, Lao et Vietnamiens, le 3 février pour un atelier traditionnel de confection de bánh chưng (gâteau de riz gluant carré), à l’approche du Nouvel An lunaire (Têt) 2026.

La Semaine de l’"áo dài" London 2026 (Ao Dai Fashion Week London 2026) se tiendra du 19 au 21 septembre 2026 à Londres. Photo: VNA

Ao Dai Fashion Week London : l'"áo dài" sur les catwalks de Londres fin 2026

Placée sous le thème évocateur « A Runway of Heritage, A Future of Style » (Un podium du patrimoine, un avenir de style), l'événement Ao Dai Fashion Week London ambitionne de promouvoir l’"áo dài" comme un élément vivant du patrimoine vietnamien, tout en construisant un écosystème reliant culture, communauté, créativité et commerce entre le Vietnam et le monde.

Une représentation dans le cadre du programme politico-artistique intitulé « Duong lên phia truoc » (La voie à suivre), à Hanoi, le 4 février. Photo : VNA

La voie à suivre, une symphonie artistique pour les 96 ans du Parti

Ce programme visait à revisiter les traditions révolutionnaires de la nation et à réaffirmer le rôle prépondérant du Parti tout au long du processus révolutionnaire, de la lutte pour l’indépendance nationale à la construction et au développement du pays durant la période de renouveau et d’intégration internationale.

Croustillant à l’extérieur, savoureux à l’intérieur : le nem, rouleau frit emblématique du Vietnam, incarne à lui seul la richesse et la convivialité de sa gastronomie. Photo : VNA

Les artisans de la cuisine, vecteurs de l’image des destinations vietnamiennes

Dans un contexte où de nombreux plats vietnamiens sont régulièrement distingués dans des classements gastronomiques internationaux prestigieux, la professionnalisation du métier de cuisinier et la valorisation des talents d’exception apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer l’attractivité du tourisme vietnamien.