Le culte de Câu Mùa des Êdê

La cérémonie d’invocation des bonnes saisons et récoltes (Lê Câu Mùa), l’un des rites les plus importants de l’éthnie Êdê, a pour but de prier pour une bonne saison de cultures.
Le culte de Câu Mùa des Êdê ảnh 1Le pilier, élément essentiel à la cérémonie Lê Câu Mùa des Êdê, bénéficie d’un soin tout particulier. Photo : CTV/CVN

La cérémonie d’invocation des bonnes saisons et récoltes (Lê Câu Mùa) est l’un des rites les plus importants de l’éthnie Êdê. Organisée au début de la saison des pluies, elle a pour but de prier pour une bonne saison de culture. Les préparatifs et le déroulement du culte sont réglés comme du papier à musique.

Chaque année, quand arrive le temps de «façonner la terre» dans les hauts plateaux du Centre (de mars à décembre), les Êdê organisent nombre de fêtes et cérémonies réservées à s’attirer les bonnes grâces du Ciel et des forces occultes qui gouvernent leur destinée, notamment leurs activités champêtres. Elles sont très diverses et ont leur propre fonction : cérémonie de culture du riz, sollicitation de la pluie, culte du Dieu du vent, etc. La cérémonie de Câu Mùa, quant à elle, est destinée à marquer l’entrée dans une nouvelle période de culture et de chasse, en invoquant un temps clément et la prospérité.

​Tenue aux 3e ou 4e mois d​u calendrier lunaire, la cérémonie concerne tout le village. Les habitants ne vont pas aux champs, ils restent au village pendant des jours pour sa préparation et son organisation.

Avant la cérémonie, tout ce petit monde s’affaire à la modélisation d​es entrepôts de riz, dieux, animaux et instruments aratoires en bois, sans oublier une jarre à alcool et un pilier orné de motifs colorés, qui bénéficient tous deux d’un travail particulièrement soigné.

Ceci fait, le rite peut débuter. Le maître de cérémonie dispose dans une configuration précise ces modèles, puis adresse ses prières au Ciel et à la Terre en entonnant une chanson d’invocation pour une bonne saison. Les paroles évoquent le souhait d’un temps clément, que les mauvais esprits soient chassés, que tous les habitants soient en bonne santé et bénéficient de récoltes abondantes. Puis, les villageois désignent certains parmi eux à reproduire le processus d’ensemencement du riz autour du pilier. Une fois la scène terminée, le maître de cérémonie arrose copieusement la terre pour apporter la chance aux habitants et solliciter des pluies suffisantes pour une bonne récolte.

Lorsque la cérémonie est terminée, le chef du village invite tous les villageois à venir chez lui manger du porc et boire de l’alcool pour saluer la venue de la nouvelle saison agricole. -CVN/VNA

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